LE « BISOU MAGIQUE » ET LA «   POSITION DE L’AMOUR » AU MAGASIN DE GRENOBLE Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

Vue de l’exposition *La Position de l’Amour*, Magasin CNAC, 19 novembre 2022 – 12 mars 2023. Gabrielle L’Hirondelle Hill, *Desperate Living, for E.S.*, 2018 – en cours. © Le Magasin CNAC. Photo : Aurélien Mole.

Jusqu’au 12 mars 2023

Exposition collective

« Créer du bonheur avec l’existant »… et avec les œuvres dont je vous joins quelques images…Prescrire le symptôme.

Avec cette exposition ainsi joliment dénommée « La position de l’amour » , le Magasin , centre d’Art Contemporain de Grenoble ,  reprend allègrement du service  après un an de fermeture et plusieurs années d’avanies et de contrariétés diverses.

Les autorités culturelles locales ( Ville de Grenoble, la région AURA, et le département de l’Isère qui crachent un million d’euros par an pour ce magasin), espèrent qu’il va enfin pouvoir va sortir « du trou »,  après les dépressions nerveuses successives de deux directeurs.trices, Aupetititalop et Josse, et après avoir été un moment « La Superette » livré aux streetarteux locaux et aux punk à chiens décroissants identitaires,

Elles  comptent sur Céline Kopp, nouvelle curatrice exfiltrée des Astérides de Marseille, pour redresser la situation …Car ils sont persuadés que  son projet de «  recréer du bonheur avec l’existant, en affirmant une vision généreuse de l’art , et  de traquer la beauté et d’extirper la joie des endroits les plus sombres » est des plus porteurs d’espoir.

Mme Kopp nous  informe aussi que les onze artistes de cette exposition inaugurale , «  nous montrent leur capacité à ouvrir des espaces de respiration et de beauté au cœur du présent, comme autant de stratégies de survie face aux hostilités du monde…Pour une exposition qui affirme la valeur de l’art et de la pratique artistique comme un outil déterminant de régénérescence dans un contexte de crise de l’imaginaire, alors que l’humanité continue à égrainer de la violence. »…Autant d’exaltantes  perspectives  qui augurent de meilleurs horizons  pour ce dispositif culturel de pointe reconnu  d’utilité publique, voire d’intérêt national.

Notons également que ce nouveau Magasin , s’enrichira d’une « école de curation », et d’une « Fabrique des Ludittes » qui s’occupera de « la création en ruralité »….Gniark ! Gniark !

Tout cela, vous pourrez le lire dans l’article du monde dont je vous joins la copie

Voici la liste des 11 artistes dont je vous joins quelques  éloquentes images d’ œuvres, pour vous rassurer quant à la réussite de ce joli projet de « créer du bonheur avec l’existant:

Rebecca Bellantoni (03 ) , Ivan Cheng (04 ), Ufuoma Essi (05 ), Gabrielle L’Hirondelle Hill (06 ), Célin Jiang, Valentin Noujaïm, Prune Phi (09), Hannah Quinlan & Rosie Hastings, Anna Solal (08 ), Alvaro Urbano (07)

DU « BISOU MAGIQUE »  :

je n’ai pas bien compris cette histoire de « Bisou magique  , audio-guide dont l’avatar cyberpunk et cyberféministe a infiltré avec amour le compte instagram du Magasin »…mais j’y entrevois comme le symptôme d’un psycho-socio-pathos lourd et inquiétant. .. Mais bon, on sait bien qu’à  Grenoble, la  ville la plus éthique, « durable » et éco-responsable de France , avec ses piscines multi-ethniques où les curés intégristes peuvent barboter  en soutane… son arbre de Noël-Baobab… son festival de street-art le plus important d’Europe en surface de murs salopée… sa flotte zéro carbone de 250 vélos à double pédalage quadruple sacoches avant-arrière et side –car pour enfants…. ses pissoires pour femmes debout… son célèbre restaurant  solidaire «  Ma grand-mère était poissonnière », à cuisine moléculaire, bœuf de Kobé et surtout sa fameuse purée aphrodisiaque d’asticots de mouches bleues du Nicaragua parfumée à l’huile d’authentique truffe du Périgord noir…ses lampadaires pour chiens designés Philippe Stark…son tramway à propulsion gazogéne… ses toilettes sèches municipales…ses quartiers de basse sécurité.. son Piolle -Pot à vapeur, etc. , …on est habitué à toutes ces innovations et on sait que plus rien, dans le genre performativité de l’inepte,  n’étonne plus personne en cette ville la plus chaude du pays en période caniculaire.

1800 PERSONNES AU VERNISSAGE…

C’est l’information que Melle Lequeux, deuxième pigiste chroniqueuse d’art au Monde,   nous donne tout à la fin de l’article son journal…Comme pour justifier la pleine page qu’elle consacre à un événement de portée locale et qu’il vaudrait mieux honnêtement et pudiquement glisser dans la rubrique « consternants fait-divers de province ».

Mais bon, il faut croire que le Monde veut aller dans le sens du poil ras de son électorat de plus en plus déconstructif, bio-bobo-quinoa-gaucho- pipo-gniarko-écolo, pour qui le grotesque et la décrépitude intellectuelle deviennent référence identitaire, signe de distinction sociale et de vertu éthique autant qu’esthétique…et pour qui l’affichage du symptôme de la maladie socio-psy est une manière d’esthétiser celle-ci,  pour mieux l’entretenir et s’affirmer comme acteur de la branchitude culturelle locale  et internationale.

UN FAIT SOCIÉTAL

Au secours Jean Baudrillard !

Cette médiatisation nationale d’un fait divers artistique local participe bien ce que Jean Baudrillard appelait, parlant de l’art contemporain, une « conjuration des imbéciles »…. Participe d’un fait sociétal global de déconstruction du sens  au nom d’un progressisme tous azimuts, dont le Journal Le Monde est le meilleur vecteur ou la plus belle incarnation….Et surtout pour son supplément dominical M, où , pour 1,7 euros de plus, vous pourrez découvrir ce qu’il se fait de plus pointu en Art Contemporain et de plus branché en défilé de mode vestimentaire…Sans parler des 25 pages festival de pubs de luxe Hermes, Saint Laurent, Gucchi, Rollex,  Valentino, Dior, Versace, Armani, Prada, Givenchy, Bollinger, Bompard, Guerlain-Palais de Tokyo, Sandrine Rousseau…et j’en passe… 25 pages entrecoupées de reportages sur les peuplades arriérées du monde : Kazak, turkmènes, amazoniennes, bas-poitevines, etc. de telle sorte que le spectacle des  misères du monde valorise par contraste l’art et les produits de luxe contemporains…

L’image n° 10 que je vous joins est extraite des trente pages de la rubrique « le goût » consacrée, dans ce numéro 577, à l’homme – objet, où l’on peut admirer 30 accoutrements de  type « position de l’amour »  déstructurée en diable…

Centre national d’Art Contemporain (CNAC)
Site Bouchayer-Viallet 8 esplanade Andry-Farcy
38 000 Grenoble
+33 (0) 4 76 21 95 84

Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h
Fermeture exceptionnelle à 17h le 24 et le 31 décembre
Fermé le 25 décembre et le 1er janvier

5€ tarif plein / gratuit* les 1ers dimanches du mois