VERS LA FIN DES ÉCOLES DES BEAUX-ARTS ? Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

Villa-Arson-Rodriguez-Canada-Paola

C’est la question que semble se poser Marc Partouche , ex-directeur de l’ENSBA-Paris, dans cet article du Monde du 23 11 22… C’est aussi le sujet que j’avais abordé récemment dans cinq textes que je vous joins.

Disons d’emblée et au vu de ces « travaux »,  que la disparition de ces terrifiants dispositifs de torsion du sens artistique commun,  c’est bien ce qu’on souhaite de mieux pour la santé artistique de ce pays… En effet,  après 40 ans de déconstruction progressiste  féroce des valeurs et des critères esthétiques établis, de ringardisation de la peinture , de torture de la visualité, de disqualification du savoir – faire et du métier, pour prioriser l’enseignement  d’un art désartifié, dématérialisé, verbeux, postural, conceptuel à outrance, etc.,  les Ecoles des Beaux-Arts semblent être victimes de leur propre ardeur ravageuse et être sur le point  de disparaître dans l’abyssale  béance de sens qu’elles ont créée …

Le successeur de Mr Partouche est un certain  Emmanuel Tibloux ( ex-directeur des Beaux-Arts de Lyon), qui entend « donner priorité à la transition écologique , intégrer l’urgence environnementale et  participer pleinement à la conception des futurs objets éco-responsables »…Mon Dieu ! Mon Dieu ! On craint le pire pour la planète!… Ou le meilleur…car un projet d’une  telle ahurissante niaiserie ne fera que parachever l’ anéantissement définitif de ce coûteux service public de décervelage collectif.

Les prédécesseurs de Mr Partouche ne valaient d’ailleurs guère mieux pour l’image des Ecoles d’art publiques. Il y eu Jean Carrelet de Loisy d’Arcelot, l’homme qui avait trouvé une aiguille dans un tas de loin…Il y eu Nicolas Bourriaud, l’esthéticien relationnel, viré pour relations déplorables avec élèves et collègues, …Il y a eu aussi l’académicien Jean-Marc Bustamante, qui avait mis un camion dans une chapelle non-désacralisée, viré de l’ENSDBA  pour une sombre accusation de «  sexisme, révisionnisme et obscurantisme », et qui osait cependant dire cette vérité  bien connue de tous qu’à peine 1% des élèves de l’école devenaient véritablement des artistes…Ce qui n’empèche pas Pierre Oudart (Directeur des beaux-arts à Marseille) d’affirmer plus haut dans la page du Monde : «  L’enseignement public vise à développer chez les étudiants des compétence artistiques et une réflexion créative plus large »…Ben oyons Ginette !Mais qu’à cela ne tienne, Mr Partouche toujours résolument visionnaire, n’en conclut pas moins son entretien par l’injonction suivante : « Il est temps et urgent d’imaginer les écoles d’art du futur ! »… Après avoir fait la remarque suivante : « Faute d’être aussi chercheur, Picasso ne pourrait peut-être pas enseigner dans une école d’art public aujourd’hui » …Merci Mr Partouche d’oser rappeler cette évidence , au sujet d’un artiste très compétent qui disait « je ne cherche pas je trouve »!

1 / Emmanuel Tibloux

2 / Jean-Marc Bustamante

3 / Pierre Oudart

4 / Nicolas Bourriaud

5 / Marc Partouche

6 / Jean Carrelet de Loisy d’Arcelo

Car le problème de fond est bien celui-ci : la plupart des professeurs en écoles d’art sont des « artistes – chercheurs », faute de ne jamais pouvoir rien trouver vraiment , et parce que c’est bien cette inaptitude, qui les qualifie dans un entre-soi institutionnel où l’incompétence proprement artistique  garantit la fidélité à la famille protectrice et génère un discours incantatoire qui remplace avantageusement une véritable créativité….Favorise aussi les polyvalences prof-artiste-curator- critique d’art, dans un panier garni où mélange des genres, copinage, conflits d’intérêts, notes de frais, captation du dispositif public, collusions diverses, sont consubstantiels à cette recherche sans espoir de « trouver » quoi que ce soit d’autre que ce vide ontologique qui caractérise l’art dit contemporain, et pour laquelle ces agents sont grassement rétribués en salaires, rentes de situation, retraites  et subventions diverses…

Alors oui, imaginer les écoles d’art du futur , ce serait d’abord extraire celles-ci de ce système auto-reproductif , où la consanguinité dégénérative fait des ravages, et où elles ont la position centrale d’organe reproducteur et diffuseur d’inepte.…Ce serait donc les interdire comme agents pathogènes ou les supprimer tout simplement…Mais les remplacer par quoi ?

Pour cela, il  y aurait bien les écoles privées, dont le succès est de plus en plus avéré, comme alternative imaginable …. Mais voilà, les  apparatchiks tenants du service public de la culture , ne peuvent imaginer un seul instant que le privé réactionnaire , vulgaire et cupide remplace le public progressiste et distingué, qui les a générés et à qui il doivent tout.

Et ce que l’on comprend tout de suite , en lisant cette pleine page du Monde, c’est bien la crainte panique pour ses auteurs de voir disparaître un enseignement public de l’art conceptualo-bidulaire, terriblement « chercheur » , redoutablement discursif et vecteur d’un  vertueux endoctrinement de pure immatérialité désintéressée . Comment imaginer que les sbires du Ministère puissent,  par un retournement à 180 ° , réhabiliter brusquement ce qu’ils ont conchié depuis 40 ans : le bon sens, l’intelligence de la main, la sensibilité , le savoir-faire, l’ enseignement du concret, l’apprentissage de  techniques et d’ un savoir faire , et tout ce qui  « rend  les élèves rapidement opérationnels sur le marché du travail » …c’est-à dire – Ouh quelle horreur ! – tout ce qui, pour eux, puristes idéologues,  les rend exploitables et corvéables  à merci par cet épouvantable système capitaliste à la « recherche de rentabilité »… «  On ne fait pas le même métier » affirme dans cette même page Pierre Oudard, autre apparatchik de poids,  pour signifier qu’entre privé et public, il n’y a pas de réconciliation possible , parce ce sont deux mondes qui n’ont pas  « « les mêmes valeurs »…

Et pourtant : Ce sont ces même grands serviteurs d’Etat, défenseurs forcenés de l’enseignement public, qui n’ont aucune gène d’ordre déontologique à fréquenter assidument les grands vernissages des prestigieuses fondations et collections privées (Arnaud, Pinault, Cartier, Pernod – Ricard, Emerige,  , et s’afficher ainsi sans aucune vergogne  comme complices de cette collusion éhontée qui existe entre la haute spéculation intellectuelle et la haute spéculation artistico-financière .

Cette collusion patente, affichée, banalisée , coutumière, institutionnalisée,  et inhérente à un mécanisme dans lequel les écoles d’art sont une partie active indispensable pour l’endoctrinement des élèves à l’esthétique conceptualo-bidulaire de  grand marché et pour la  formation de  producteurs d’un art formaté pour ce même marché de l’inepte financiarisé et mondialisé. ..Les meilleurs dans le genre étant distingués par le Prix ADIAF-Marcel Duchamp.

L’idéologie esthétique des écoles d’art publiques est donc, de fait, exactement celle du marché privé spéculatif… Dans un processus tordu intellectuellement où le duchampo-gauchisme public devient le valet et l’idiot utile des grands intérêts privés…

Voici cinq  textes que j’ai récemment écrits et publiés sur le sujet :

1 – BALANCE TON ÉCOLE D’ART

2 – À L’ÉCOLE DU CASSAGE DES CODES ,DE LA SODOMISATION DES MOUCHES ET DE LA FELLATION DU NÉANT.

3 – QUE FAIRE DES MILLIERS DE DIPLÔMÉS SORTANT CHAQUE ANNÉE DES ÉCOLES DES BEAUX-ARTS.

Seront – ils profs en école d’art dans une auto-reproduction fermée sur elle-même, chômeurs au RSA, résidents en lieu prévus pour ça, achetés par quelques FRAC, exposés en galeries subventionnées pour ça, entretenus dans un perpétuel assistanat, avec l’espoir qu’un jour ils seront nominés pour le prix Marcel Duchamp, etc. ?

4 – Arrêtez le carnage ! 

Il faut fermer dare-dare  les écoles d’art !

En illustration voici ce tas de terre ( chauffé par l’intérieur) d’un post diplômé de la villa Arson …une œuvre qui « par son appartenance à ces systèmes symboliques spécifiques, contribue à l’accroissement de nos capacités de perception et de connaissance…ainsi que ( pendant qu’on y est), de nos capacités de visualisation et de schématisation  »…comme le dit Mr Hibloux, Directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon.

Alors oui, il faudrait fermer ces lieux d’endoctrinement et de radicalisation à l’inepte artistique, ces lieux criminogènes d’apprentissage à la torture du sens commun et à la martyrisation de l’art…Sinon les supprimer définitivement, en tous cas les fermer un bon moment, le temps de tout réorganiser et de les purger de toutes les variétés d’enflures et de  monstruosités qu’elles y ont produites et accumulées depuis 40 ans.

Regardez ce stupéfiant document : https://diplomes2016.villa-arson.org/propos/

Au vu de ces « œuvres » ahurissantes, produites par cette trentaine de jeunes gens sortant d’Ecole des beaux-Arts de Nice, et montrant bien l’état de délabrement de la personalité de ceux-ci, ne pensez-vous pas qu’il est urgent d’arrêter le carnage ?

Comment, de telles  terrifiantes excrétions cervicales, peuvent-elles justifier 5 ans d’études préalables…Comment justifier les salaires  de la centaine d’enseignants activés pour ces opérations de décervelage ?…Comment justifier  l’énormité du coût en argent public pour la « formation » de gens qui ne seront même pas artistes à 98% ?… Comment justifier cette nouvelle et coûteuse fournée  de petits schtroumpfs  égocentriques, pédants, mythomanes,  cocaïnomanes, indéradicalisables , socialement toxiques, handicapés mentaux voués à l’assistanat et au subventionnat à vie et sans le moindre espoir d’être un jour « émergents sur la scène artistique international » ?…Mais qu’importe l’évidence de ce  désastre,  la sinistre bouffonnerie  doit continuer coûte que coûte, , car il en va de l’exception culturelle française, car il en va des rentes de situations des milliers d’agents multicartes de l’art dit contemporain , etc… et qu’importe si ce délirant totalitarisme de l’inepte culturocratique soit de plus en plus ridiculisé, ringardisé, décrédibilisé, en dehors de l’appareil, tant que quantités d’ iirréductibles de l’idiotie officielle   restent toujours aux manettes de l’appareil à torturer l’art français… Ainsi , Monsieur Emmanuel Tibloux, Directeur de l’Ecole des Beaux-arts de Lyon, président de l’Association des Directeurs d’écoles d’art, quand il nous livre cette emphatique poussée verbale, qui vaut bien son pesant de compote de mouches de Damien Hirst.

« En tant que systèmes symboliques spécifiques, les œuvres d’art contribuent à l’accroissement de nos capacités de perception et de connaissance. Une qualité supplémentaire vient en outre distinguer les arts visuels : leur aptitude à développer nos capacités de visualisation et de schématisation. Celle-ci est d’autant plus précieuse que nous vivons sous un régime de connaissance largement visuel. C’est, en effet, un lieu commun de le souligner : l’image modèle notre environnement et concurrence désormais l’écrit dans notre rapport au savoir et à la culture. A ce premier tournant, visuel, s’en ajoute un second, qui conditionne les grands défis des temps présents : le tournant créatif. C’est là un autre trait d’époque : la créativité et l’innovation sont devenues les clés d’une économie compétitive et d’une société solidaire. Du fonctionnement en mode projet à l’abolition de la frontière entre le travail et le non-travail, en passant par la valorisation de l’imagination, de l’expérimentation et de l’autonomie, c’est plus largement tout un ensemble de valeurs et de processus issus du monde artistique qui sont mobilisés dans les champs économique et social. On aperçoit alors le paradoxe de la situation : d’un côté, on prend acte de l’importance décisive du visuel et de la créativité ; de l’autre, on ferme et on fragilise les lieux de formation, de recherche et de diffusion dédiés à la création visuelle. » 

Des propos ronflants mais difficilement crédibles car on doute que les « œuvres d’art » sorties de la Villa Arson, puissent « contribuer à l’accroissement de nos capacités de perception et de connaissance et nos capacités de visualisation et de shématisation »

Mais le plus croquignol est dans ce qui suit :

« Il est est urgent, ajoute Mr Tibloux,  de  renverser la situation en élaborant, au plan national comme au plan territorial, une politique ambitieuse en matière de formation, de recherche, de création, de diffusion, de médiation et d’éducation aux arts visuels. Ce qui suppose un investissement fort, non pas tant dans la culture comme facteur de cohésion sociale, que dans l’art comme vecteur d’éducation au regard et à la création. Sans quoi, c’est rien moins que le monde d’aujourd’hui que nous nous condamnons à perdre de vue. » …Et Madame la Ministre  de la Culture et de la Communication, Audrey Azoulay  de nous annoncer dans le même élan d’éducation au regard et à la création, l’installation de résidences d’artistes dans une centaine d’établissements scolaires à la rentrée prochaine…

Alors, vous imaginez l’horreur et la consternation dans les chaumières , quand nos sus-dits post-diplômés de la Villa Arson vont arriver en résidence dans telle école primaire, ou tel collège ou lycée…pour expliquer à nos charmants bambins les vertus de l’art contemporain et comment on en fait….Car bien évidemment les places en résidences seront réservées aux professionnels de la résidence agréés par les DRAC locales, tous bien formatés à l’art postural contemporain-international, dans des écoles d’art qui sont presque toutes de type Villa Arson.