JUSQU’OÙ IRONT LES FRAC ? Par Nicole Esterolle (FR)

Delphine Reist / Tortillon en pneu

Nous recevons cette info sur l’expo Delphine Reist au FRAC–Grand Large de Dunkerque, intitulée « Vrac- multivrac », envoyée par la Galerie parisienne Laurent Godin, qui apprécie que le service public valorise les produits qu’il commercialise à titre privé.

Cette imbécilité plastique avec bottes et seaux de ciment vidés sur ce qui ressemble à des baguettes de pain, dont je vous joins une image, (01) justifie ainsi son opportunité dans une sorte d’ engagement sociétal, sous le thème archi-usagé de « critique de la société contemporaine », fédérateur des plasticiens  conceptualo-bidularistes, mais aussi confus qu’intellectuellement grotesque : « Depuis la fermeture des chantiers navals, dont le bâtiment du Frac est le dernier vestige, le port de Dunkerque a développé le transport des grands vracs, devenant ainsi le troisième port de France…..Avec le titre VRAC MULTIVRAC, Delphine Reist nous relie à une réalité économique qui, par-delà les flux, se traduit dans des matières et des corps. L’artiste rend compte de cette réalité matérielle à travers des objets ou des empreintes, prélevés, déplacés ou détournés. »…Ben voyons Ginette !

On comprend avec cet exemple d’expo de FRAC,  parmi des centaines d’autres du même acabit ,  où l’inepte est porté à un degré  « critique »,  que les FRAC ne lâcheront rien,  qu’il n’y a pas de pause possible dans leur irrépressible expansion de l’imbécillité délirante.
Rien ne peut arrêter cette enflure exponentielle de leur crétinerie consubstantielle, car leur survie est là, dans  ce surpassement permanent ,  dans cette surenchère illimitée de l’absurde, dans cette fuite en avant désespérée.

Alors, la question se pose : Jusqu’où iront-ils ? A quand le point de rupture ou de blocage du processus mortifère ?

Plusieurs constats  laissent tout de même présager que ce grippage de l’appareil  adviendra assez vite :

1-   L’augmentation notable des burn-out des dépressions nerveuses, des plaintes pour harcèlement moral, etc

2-    la désaffection quasi totale du public  …hors le réseau des  radicalisés qui y trouvent encore quelques subsides et une misérable identification sociale

3-    les restrictions budgétaires de plus en plus sévères  venant du trésor public

4-   la prise de conscience inévitable des politiques de tous bords de l’absurdité du dispositif FRAC (quand bien même Jack Lang et Claude Mollard continue de clamer que « les FRAC sont un trésor pour la France » et participent de son « exception culturelle »…

5-   l’impossibilité, à terme de stocker des dizaines de milliers d’œuvres stupides certes, mais surtout fragiles, contondantes, malodorantes parfois,  encombrantes, frappées inaliénabilité et protégées d’ une « propriété  intellectuelle » implacable.

6-   La perte de cohésion manifeste de  l’ensemble, malgrè les efforts désespérés de l’association Plateforme (https://lesfrac.com/platform/ )pour insuffler de l’allant et de l’optimisme … et réactiver sans cesse les bouffées délirantes.

7-   La résurgence probable d’une vraie sociologie de l’art, bloquée ces dernières années, par l’omni-présence de l’enfonceuse de portes ouvertes , Nathalie Heinich, et de Alain Quemin, le sociologue mondain bodybuildé assidu des grands vernissages….Une nouvelle psycho-sociologie de l’art qui se coltinerait au réel et qui analyserait sérieusement par exemple le fonctionnement socio-psycho-mental des gens qui  collectionnent les œuvres de type FRAC tel que ce tortillon en pneu de Delphine Reist, dont je vous joins l’image (02).

Delphine Reist , une excrétion emblématique de l’appareil :

Elle est à la fois artiste et professeur, et cumule ainsi tous les avantages du système qui l’a créée. Elle est donc présente dans de nombreux FRAC et même dans la collection du célêbre motocycliste monochromiste Olivier Mosset…C’est dire !


Extrait de sa bio : Delphine Reist ,  née en 1970 en à Sion, en Suisse,  vit et travaille à Genève. Lauréate du Swiss Art Award en 2008 et du Prix de la Fondation Irène Reymond, elle a enseigné à l’Ecole des Beaux Arts de Lyon et enseigne actuellement à la HEAD, Haute Ecole d’Art et Design à Genève.
Plusieurs expositions personnelles lui ont été consacrées : au Centre d’Art Pasquart de Bienne en 2017, au MAMCO, Musée d’Art Moderne et Contemporain de Genève en 2013 ; lors de la Biennale de Dallas en 2012; au centre Fri Art de Fribourg en 2009; à l’espace Wonder à Clichy en 2021. Son oeuvre est présente dans les collections du Centre Pompidou à Paris ; dans la collection Olivier Mosset en dépôt au MAMCO ; FRAC Rhône-Alpes ; FRAC Limousin, FRAC Grand Large, FRAC Bretagne, au FCAC et au FMAC à Genève en Suisse.