L’ ART « CONTEMPORAIN » EST EN ÉTAT DE DÉBILO-SÉNILITÉ EXTRÊME Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)


Il paraît que le prochain gros dossier qui paraîtra dans le numéro d’été du  magasine Artension traitera  de la question suivante : « L’art contemporain, est-il vieux ? » …C’est une bonne  question, courageuse  et qui vient à point nommé !

Il est en effet permis maintenant de se la poser sans se faire traiter immédiatement de facho nauséabond par les adeptes de la bien –pensance  progressiste conceptualo-gauchiste institutionnelle, et par les  tenants d’un appareil d’Etat longtemps voué à la  répression créative et l’endoctrinement culturel , mais aujourd’hui  ravagé par 40 ans de consanguinité dégénérative  et qui commence à se faire plus flaccide et moins arrogant dans son action ravageuse de sens..

De plus en plus gens voient l’Art dit Contemporain  comme une grotesquerie qui a assez duré.  Ils commencent à douter de la valeur intrinsèque des dizaines de milliers d’andouilleries intello-bidulaires déconstructives et casseuses de codes qui bourrent nos collections publiques et les circuits de l’art financier spéculatif. Ils soupçonnent l’entourloupe d’Etat. Ils subodorent l’inanité consubstantielle de cet art. Ils osent le dire et braver l’omerta qui protège les exactions de la caste des contemporainistes au pouvoir dans le milieu..

Bernard Venet peint à la poutre en fer

Il faut constater aussi, ceci expliquant cela,  que la flamboyante gauche morale qu’on a connu y pas si longtemps , qui a mis en place l’appareil Art Contemporain avec Jack Lang, , est de plus en plus contrite, avachie, moribonde ,  réduite à peau de chagrin électoral et soumise corps et âme aux « insoumis. » de la méta-gauche…

L’art contemporain se meurt donc en même temps que sa génitrice, cette  gauche identitaire ultra-déconstructive, qui s’est donc auto- déconstruite . .. Quelle misère !…(Il semble cependant qu’une sorte de traitement palliatif à base d’extraits woke –LGBTQA+, soit actuellement essayé pour lui redonner un peu de substance et de vigueur ultime…mais , le sursis risque d’être de courte durée.)

Alors faut-il « débrancher » le vioque ?

Faut-il lui arrêter la perfusion d’argent public qui l’a créé et nourri pendant des décennies ?

Théoriquement cela paraît simple de couper l’alimentation. Politiquement, idéologiquement, moralement, esthétiquement aussi, car les esprits sont mûrs pour que cela soit fait .. . En effet, 95% des citoyens pensent que ce serait un bon débarras, qu’on pourrait penser à autre chose, découvrir les vrais  artistes,  et s’apercevoir qu’il existe une heureuse alternative à l’imposture dite « art contemporain » avec la  création actuelle, bien vivante et réelle, d’une richesse et d’une diversité inouies , mais  totalement occultée par l’ enflure AC qui semble n’avoir eu d’autre raison d’être que cette fonction d’occultation ,  de déni de réalité et d’asphyxie de l’art.

Mais pratiquement , il est impossible et serait irresponsable, compte tenu de l’énormité des enjeux et des problèmes que cela poserait,   de décréter l’arrêt de l’art contemporain sous prétexte de sénilité ou de mort cérébrale.( et ceci malgré le fait qu’il n’y ait aucun problème du côté de son public, puisque celui-ci est quasiment disparu)

Et tout porte à croire qu’il sera nécessaire de prolonger encore longtemps son existence moribonde pour éviter d’avoir à donner réponses aux questions suivantes que je vous énumère de façon non exhaustive ici :

1 –Que faire  milliers d’employés de l’art contemporain  à licencier, à déradicaliser, à désendoctiner, à soigner psychologiquement… ? (des quantités sont déjà en burn-out ou dépression nerveuse)

2 – Que faire des centaines de milliers d’œuvres bricolo-posturales entassées dans le FRAC : qu’en faire ? Comment les recycler ? Comment en faire le tri des 85% destinés à la  déchetterie la plus proche ?

3 – Que vont devenir les  centaines de critiques d’art asservis à l’appareil et rémunérés par lui pour pisser  de la préface absconse et du commentaire bidon pour les dossiers de presse, pour les revues subventionnées, pour les Inrockuptibles ,le Monde ou pour Libération, etc. ?

4- Comment recaser  les  milliers  de curators incurables, les conseillers artistiques régionaux, les inspecteurs de la création, les chargés de missions et leur menu personnel de secrétariat ?

4- comment pallier à l’effondrement de  la cote des œuvres de nos stars nationales : des poutres en fer de Venet, des hommes verts d’Hyber, des frigos de Lavier, du coup de boule de Abdessemed, des  pneus de Lévèque, des peluches de Messager, des furoncles d’Orlan, des touchers vaginaux d’Abramovic, des petites culottes menstruées de Calle, des haïkus de Vautier, des cordes à nœuds de Viallat, des tas de bois de Pagès,  des prothèses jambières de Kader Attia,, des poubelles de Molinero, des monochromes de Mosset ou de Rutault,  des carrés de Toroni, des poteaux de Buren , … Bref de tout ce qui a fait depuis 40 ans la fierté et l’exception culturelle française à l’international.

4 – Les professeurs en écoles d’art, accepteront-ils d’abandonner les concepts et postures performatives peu salissants, pour  se  mettre à enseigner un savoir faire qu’ils n’ont pas et un art véritable qu’il ne comprennent pas pour la plupart?

5 – Les  innombrables petites galeries municipales sous contrôle de l’Etat, vont-elles pouvoir abandonner la promotion de leurs petits post-diplômés « émergents sur la scène internationale » pour se consacrer à la production locale et au circuit-court ?

6 – Le service audio-visuel public, va-t-il pouvoir se départir de l’artistiquement correct de type burénolâtre pour s’ouvrir à la vraie diversité créatrice, comme ça l’était du temps des André Parinaud, Pierre Descargues, Jean-Marie Drot et de leur fameuses émissions radio et télé.

7- Que faire de la pissoire de Marcel Duchamp, de l’ « œuvre qui n’existe pas » de Tino Seghal  achetée 200 000 euros par le centre Pompidou à la Galerie Goodmann ?

7- Que faire des lecteurs d’Art Press ? Quel drogue de substitution leur donner ?

8- Enfin et surtout : comment imaginer que la valeur financière des méga-collections Pinault et Arnaud s’effondre brusquement à la faveur de ce changement de paradigme cataclysmique ? Comment imaginer que cela sera accepté par eux et par tous les spéculateurs de la planète, sans qu’ils réagissent et mettent en action les giga-moyens coercitifs qu’ils ont pour  l’en empêcher ?

Bref, tout cela pour vous dire qu’on n’est pas encore sortis du trou ou de cette béance du sens qu’est l’art dit contemporain aussi sénile soit-il….

S’abonner (4,84 € / mois)

Sans engagement