Saïdou Dicko – THE PRINCE OF SHADOWS / Galerie AFIKARIS – Artistes Contemporains d’Afrique (FR)

THE YELLOW PRINCE YLWALL TMK CARREAUX, 2022
Photographie peinte
75 x 100 cm

THE PRINCE
OF SHADOWS

7 MAI – 7 JUIN 2022

VOUS PÉNÉTREZ LES TERRES DU PRINCE DES OMBRES. AUCUNE LOI NE RÉGIT SON ROYAUME SI CE N’EST CELLE D’ÉCOUTER SES YEUX, GUIDÉ PAR SES SENTIMENTS. LES OEUVRES DE SAÏDOU DICKO SONT COMME DE LA MUSIQUE. ELLES SE DÉPLOIENT AU SEIN DE L’ESPACE ET LAISSENT AU VISITEUR CONTRÔLE ET LIBERTÉ D’INTERPRÉTATION. CE NE SONT PAS LES PAROLES QUI COMPTENT MAIS COMMENT LA MÉLODIE VOUS EMPORTE.

« C’EST AUSSI CELA QUI EST IMPORTANT POUR MOI. C’EST UNE GRANDE PARTIE DE MON TRAVAIL D’ÉCOUTER COMMENT ON INTERPRÈTE ET RESSENT MES TRAVAUX. C’EST COMME LA MUSIQUE, IL N’Y A PAS DE TRADUCTION : ON ÉCOUTE, ON REGARDE ET PUIS VOILÀ, PAS BESOIN D’INTERPRÉTATION. C’EST COMME CELA QUE JE DÉFINIS MES PETITES ŒUVRES, COMME DE LA MUSIQUE VISUELLE. »

À travers des photographies peintes, des dessins et des oeuvres sur tissu de Saïdou Dicko, l’exposition The Prince of Shadows reflète la pluralité du travail de l’artiste. Elle fait appel à l’imagination et aux souvenirs de ceux qui la visitent. Si des questions se soulèvent, c’est à eux de résoudre le mystère. Saïdou Dicko ne cache pas de solution préconçue et universelle. C’est à ceux qui regardent ses oeuvres d’y projeter leur ressenti.

Qui sont ces enfants que l’on retrouve d’un support à l’autre ? Où sont-ils ? Que font-ils ?

Peu importe. Seule la créativité compte. Tantôt princes ou statues, tantôt sur leur trône ou en Business Class, les ombres malicieuses qui peuplent l’art de Saïdou Dicko jouent une infinité de rôles, en écho à leur inventitvité infinie. Elles commencent leur voyage dans une photo brute, prennent place au sein du studio virtuel que l’artiste crée de ses pinceaux digitaux, puis s’installent sur la feuille blanche avant d’atterrir parmi les broderies que l’artiste réalise sur un tissu artisanal fait main au Burkina Faso.

À travers ses oeuvres, le Prince des ombres (The Prince of Shadows) écrit sa légende. S’il transforme ses personnages en ombres, ce sont les ombres qui l’ont transformé en artiste alors qu’il était un jeune berger. Gardant son troupeau dans la chaleur du Sahel, les ombres de ses animaux qui se dessinaient sur le sol lui ont donné le goût du dessin. En les reproduisant sur les murs de la ville et sur les broderies maternelles, il se les est peu à peu appropriées, jusqu’à les apprivoiser plus tard de son appareil photographique et à, par la suite, leur donner vie lui-même de ses pinceaux. Ainsi, Saïdou Dicko, leur offre l’immortalité. Ces ombres vivent désormais en chacun d’entre nous. Elle font leur chemin dans notre mémoire et font partie de notre futur.

Prince des ombres (The Prince of Shadows), Saïdou Dicko les guide d’oeuvre en oeuvre. Alors qu’elles se retrouvent d’un support à l’autre, dans l’art de Saïdou Dicko, tout est lié : que ce soit son enfance à travers les ombres, les références à la culture peule et aux broderies maternelles ; ou dans la réutilisation des matériaux. Les dessins et les travaux sur tissu de Saïdou Dicko incarnent la nécessité de réutiliser ce qui existe déjà. Il joue avec les matières. Les déchets plastiques deviennent le support de sa création tout comme une source de vie d’où jaillissent des lianes de fleurs extraordinaires.

Les photographies peintes de Saïdou Dicko font écho aux studios photo de son enfance. Au-delà d’avoir fait la renommée de la photographie contemporaine africaine avec les œuvres majeures de Malick Sidibé, Samuel Fosso ou Seydou Keïta, pour ne citer qu’eux, la photographie de studio reste un moment de partage en famille. Tous dans leurs plus beaux habits, sourires immaculés, prennent la pose face à l’objectif sur fond de tissus graphiques ou de vues d’ailleurs. Saïdou Dicko se remémore :

« DANS CES STUDIOS, ON AVAIT LE CHOIX ENTRE PLUSIEURS FONDS, PLUSIEURS PAYSAGES DESSINÉS, DANS LA NATURE AVEC DES ANIMAUX SAUVAGES, ETC… ON AVAIT DES POSTERS AVEC DES GRATTE-CIEL À NEW-YORK. IL Y AVAIT PLEIN DE POSSIBILITÉS. DONC C’EST AUSSI CE QUE J’ESSAIE DE PARTAGER À TRAVERS MES PHOTOS. »

Si son œuvre est de la musique, Saïdou Dicko en est le chef d’orchestre. Il dirige ces ombres d’un coup de pinceau et nous emmène avec elles au pays des rêves, sur les traces de nos souvenirs.

SAÏDOU DICKO, NÉ AU BURKINA FASO EN 1979, EST UN ARTISTE PLASTICIEN AUTODIDACTE (PHOTOGRAPHE, VIDÉASTE, INSTALLATEUR ET PEINTRE). IL VIT ET TRAVAILLE À PARIS.

THE BLUE PRINCE PLASTIC T PLUMES, 2022
Photographie peinte
100 x 75 cm

L’ombre a toujours été présente dans le travail de Saïdou Dicko. C’est elle-même qui, lorsqu’il n’était qu’un enfant, l’a poussé à dessiner. Alors berger, il traçait les contours des arbustes, des animaux et des cours d’eau qui croisaient son chemin. La croix présente au-dessus de la tête de ses personnages fait elle aussi écho à son enfance. C’est un clin d’œil au motif d’un tissu traditionnel de la culture Peulh. Pour lui, c’est une façon de rendre hommage à cette beauté et de représenter l’humanité de ses personnages. C’est d’ailleurs dans cette optique que Saïdou Dicko les transforme en ombres. Sa série The Shadowed People présente des photographies peintes – pièces uniques, combinaison de différents clichés superposés, dont il recouvre le sujet de peinture noire. De cette manière, l’être cède la place à son ombre, donnant un caractère universel à l’œuvre.

Ses expériences de vie entre Paris et le Burkina Faso, sa culture natale et ses voyages imprègnent donc son œuvre de poésie comme de mystère.

Son travail a été présenté lors de nombreux événements internationaux (biennales, foires internationales, expositions). Ses œuvres ont reçu plusieurs prix : le prix Blachère en 2006 à la Biennale de Dakar, le prix de la Francophonie aux Rencontres africaines de la photographie de Bamako en 2007. Il a également reçu à Dakar en 2008 le prix de la Fondation Thamgidi et le prix OFF du public offert par l’Union Européenne.

En 2012, il co-fonde le collectif Rendez-Vous d’Artistes qui est une plateforme nomade où artistes, curateurs, galeristes, amateurs d’art et journalistes échangent. Ces échanges aboutissent parfois à des projets d’exposition.

Depuis 2013, il travaille également en tant que commissaire d’exposition (3ème Biennale internationale de Casablanca) et scénographe notamment au Maroc avec Arkane Africa.

Galerie AFIKARIS – Artistes Contemporains d’Afrique

38 Rue Quincampoix,

Paris, France

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