UN PLASTICIEN –SNIPER AU MUSÉE MATISSE Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

Vue de l’exposition « Noël Dolla, visite d’atelier » © Adagp, Paris, 2021

© Succession H. Matisse pour les œuvres de l’artiste | Photo © François Fernandez

Noël Dolla est un vieux de la vieille de l’art sociétalement questionnatoire. Membre historique de l’ « Ecole de Nice » et du fameux commando de choc  « Supports-surfaces » des années 70, il a su depuis enfourcher et sublimer toutes les bonnes colères  insoumises, rebelles ,  révolutionnaristes et « terriblement humaines » …De celles qui mettent de la caution humanitaire et du bon fond de sauce progressiste et convergence des luttes,  sur des œuvres sans contenu… mais surtout qui les valorisent sur le marché spéculatif de l’intellect, de la distinction sociale  et de la finance…D’ailleurs les financial-galleries françaises se l’arrachent…ce qui améliore sa déjà bonne retraite d’enseignant à la Villa Arson de Nice. (la quasi totalité des courageux membres de Supports-surfaces ayant été récompensés pour leur héroïsme en étant nommés enseignants en école d’art et ayant ainsi bénéficié d’une rente de situation à vie..)

Aujourd’hui,  il peint carrément au pistolet à air comprimé….car, dit-il dans la video jointe : «  c’est une arme  qui joue le rôle d’intercesseur entre son corps et la peinture.. sans aucune projection d’affect quel qu’il soit »….Parfaitement propre sur lui donc…

Extrait du com de presse :

« En 2018, Noël Dolla initie la série des Sniper. Ce titre générique désigne un ensemble d’œuvres dans lesquelles l’artiste souffle sa peinture à l’aide d’un pistolet à air comprimé produisant ainsi de séduisantes, et tout aussi effrayantes, « Fleurs du mal ».

Jolies au premier abord, terrifiantes quand l’on sait ce dont il s’agit : la guerre, la mort, la chair déchiquetée…  Comme avec les séries antérieures, l’outil à l’usage trivial – ici une « arme à déboucher les chiottes ADWC45 » – joue le rôle d’intercesseur entre son corps et la peinture, cela toujours pour le mettre à distance, ne pas être dans le face à face avec le tableau et la projection d’un affect quel qu’il soit.

 Car depuis les années Supports/Surfaces, Dolla cultive avec opiniâtreté « l’esprit d’abstraction », pour que la peinture continue à vivre, à porter le sujet, loin de l’académisme. La plupart des séries de celui qui se voit comme un « rationaliste baroque », font référence au contexte politique et social.

 Dolla est un artiste engagé. Lorsque surgit un nouveau sujet, terriblement humain, il lui faudra donc se l’approprier, ravaler la colère ou la haine qu’il suscite, afin de la sublimer dans l’exercice même de la peinture. D’où l’importance pour lui des outils du peintre, souvent détournés de leur emploi, mais toujours signifiants »….Ben voyons Ginette !

On n’a évidemment pas demandé à Matisse ce qu’il pensait de cette intrusion du sniper Dolla dans son musée… Les tenants de l’appareil institutionnel ont tous les droits, n’ont de compte à rendre à personne et font ce qu’ils veulent du bien commun…en toute impunité…

Ici la video de l’Entretien