LE PROFESSEUR  ONFRAY NOUS PARLE ENCORE DE L’ART « CONTEMPORAIN » Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

Voici une video du court  entretien que notre premier philosophe français vient d’accorder, entre deux portes, au magazine Artension, lors de l’exposition des « Incohérents » à Paris

Le professeur Onfray, comme son homologue Rollin (du fameux Palace de Topor et Jean-Michel Rives), sait tout, comprend tout, et peut tout vous expliquer…Il a toujours quelque chose à dire, quel que soit le sujet… et à dire en urgence…Une urgence telle, qu’elle  explique le fait qu’il soit, le seul philosophe français (et au monde probablement) dont la pensée se fait dans la bouche et sort directement à l’air libre sans passer par le cerveau…Et c’est cette vitesse d’expression verbale à la parfaite fluidité, qui explique aussi qu’ Il est le seul penseur hexagonal à bénéficier d’une telle gigantesque audience, en totalisant 167 conférences et entretiens, 75 couverture de magazines, 34 passages télé, 324 tribunes et articles divers, 53 livres et essais , etc…et tout ça en  une vingtaine d’années.

Une pensée donc, éminemment partageable, multiprise, invasive , accessible à tous, parce que populaire de chez populaire, voire dadaiste en diable et en parfaite cohérence, si j’ose dire,  avec cette expo des 17 incohérents retrouvés par hasard dans une malle poussiéreuse , dont le fameux « Combat  de nègres dans une cave pendant la nuit » : Un sommet dans le  sociétalo-questionnatoire comme on aime au Ministère

17 œuvres parmi l’ensemble exposé en 1886 et qui a inspiré la pensée plasticienne de Marcel Duchamp et de toute sa progéniture dégénérée conceptualo-bidulosphère qui tient aujourd’hui l’appareil institutionnel. 17 œuvres considérées comme « trésor national », par  Roselyne Bachelot, qui  souhaite les acheter pour le Musée d’Orsay..

Le professeur Onfray a bien sûr immédiatement compris l’importante historique de ce trésor et c’est pour cela que ,tout émoustillé, il s’y est précipité sans tarder et a bien voulu accorder , à l’arraché, cet entretien non moins historique à un  magazine d’art qui passait par là et était entré parce qu’il y avait vu quelque petite lumière

Dans cet entretien de 5 minutes (c’est pas long et je vous conseille de l’écouter en entier) le professeur Onfray nous apprend tout de même un certain nombre de choses essentielles :

1- que l’art « contemporain » n’est pas une blague de potache qui a mal tourné

2 – que l’art contemporain, c’est comme le chinois, et que c’est pas parce que vous n’y comprenez rien, que vous avez le droit d’affirmer que ça n’a pas de sens ou n’existe pas.

3 – Qu’il faut savoir « décoder » les œuvres pour les comprendre…aussi bien celle de Lascaux que celles de Koons.

4- Qu’après l’invention de la photo, on ne pouvait plus peindre comme avant…Tout comme on – et lui-même – ne pourra penser comme avant après l’invention de l’intelligence artificielle.

5 – Qu’il ne faut pas dire n’importe quoi sur l’art « contemporain…Car c’est un objet de débat sérieux, qu’il faut aborder de façon dialectique et non binaire et simpliste comme le fait notamment Jean Clair…

6 – Que l’art contemporain est injustement persécuté et qu’il est victime de deux

approches opposées, aussi erronées l’une que l’autre,  et qu’il renvoie dos à dos, comme recto et verso d’une même déficience intellectuelle. Car la religion de l’art contemporain, dit-il, possède deux  variétés de bigots : la première est celle de l’institution et du

grand marché ; la deuxième est celle des réactionnaires de tous bords,

qui font de la critique de l’AC leur  fonds de commerce ., comme

Jean Clair, André Comte-Sponville, qu’il dénonce très inamicalement   dans ce présent entretien… La bonne approche étant donc évidemment la sienne, ni pro, ni anti, mais très au-dessus de cette confrontation de bas étage …

7 – Que son Université Populaire des Beaux-Arts, qu’il projetait d’implanter bénévolement , pas loin de la Galerie Marcel Duchamp d’Yvetot, dans son village natal de basse-Normandie (en souvenir de son père ouvrier agricole et de sa mère, femme de ménage),est tombé à l’eau, parce que la municipalité et la DRAC  locale ne l’ont pas suivi…Il comptait y renouer avec le grand public pour lui expliquer ce qu’est l’art contemporain et plein d’autres choses sur la vie.

Ici le lien vers cet entretien d’anthologie, dont vous pourrez vous imprégner pour épater les copains  au comptoir du café du commerce le plus proche:

QUESTION À MICHEL ONFRAY : Et si l’art contemporain était un blague de potache qui a mal tourné ?

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