L’ART DE PIRE EN PIRE ! Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

Compte tenu du pilonnage intensif que « certains » indisciplinés font  subir  à l’appareil fournisseur d’art contemporain institutionnel, on aurait pu espérer que celui-ci tempère un peu ses ardeurs déconstructives, destructives, subversives, casseuses de codes , etc.

Et bien non !  C’est même le contraire qui se produit, et l’on assiste plutôt à une exacerbation de son délire ravageur de sens, qui maintenant touche au paroxysme.

Et comme illustration de cet inquiétant  phénomène, voici des images d’une expo intitulée « Liens insaisissables », sur laquelle je viens de tomber par hasard, parmi les  centaines ou milliers d’autres tout autant délirantes que l’on peut trouver sur les circuits institutionnels.

Elle est proposée par le FRAC Grand-Large (Hauts de France) et se situe au CIAC  , Centre Interprétation Art et Culture ( je n’invente rien) de  Bourbourg, près de Dunkerque.

On peut y voir (images jointes) les poufs éventrés de Piero Gatti, ou bien ces amoncellements de meubles de Florian Slotawa…accompagnés de ce texte hallucinant : « Au fil des déambulations dans les espaces, le visiteur est plongé dans un univers où tout objet peut constituer – pour son utilisateur – un outil au service de la symbolisation de ses expériences personnelles du monde. Les objets sont ici appréhendés comme le miroir immédiat de nos actes et de nos pensées. »… Que ces objets soient présentés comme miroirs des actes et des pensées des organisateurs en dit long sur l’état de leur état de délabrement psycho-mental…voire digestif ou sexuel

Alors, permettez –moi  d’avoir deux interprétations de cet état paroxystique de l’imbécillité crasse , intellectualisée, esthétisée, institutionnalisée, financiarisée:

Deux poufs de Piero Gatti, l’un eventré, l’autre intact
  • La première  est celle d’y voir l’expression d’une angoisse ontologique, d’une lourde inquiétude quant à leur nécessité et leur raison d’être… qui fait qu’ils s’accrochent frénétiquement à leur rente de situation et aux canaux de distribution financière du système, comme des morpions suceurs de sang sur le pubis des braves citoyens .Et c’est pour cela qu’ils ne lâchent rien, qu’ils en rajoutent, qu’ils entassent encore, qu’Ils pathologisent, qu’ils hystérisent, qu’ ils extrémisent, qu’ ils sur-jouent., qu’ils y vont à fond….comme s’ils n’avaient plus rien à perdre et envoyaient le bouquet final.…
  • la deuxième est que, si tous ces gens se permettent de nous narguer aussi effrontément avec leurs inepties en nous traitant de réacs- fachos, c’est qu’ils  savent que le système qui les a créés, qui les nourrit et les protège, n’est pas prêt de tomber ou d’imploser, compte tenu de l’énormité des enjeux politico-financiers et administratifs qui le sous-tendent. Ils savent que la cote des gigantesque nullités de Koons, Venet ou Cattelan par exemple n’est pas prêt de s’effondrer sur le marché spéculatif , parce  que celle-ci sera soutenue férocement par les collectionneurs,  qui ne veulent pas perdre leurs milliards investis…Ils savent qu’on aura plus de  mal à déboulonner les poteaux de Buren ou de Venet que les statues de Staline…Ils savent que les milliers d’agents fonctionnarisés par l’Etat pour faire tourner l’appareil bureaucratique dédié à l’art « contemporain », ne sont  pas disposés  à lâcher prise, à avouer leur imposture au risque de perdre leur emploi…Il savent que la critique d’art française la plus bête, incompétente  et lamentablement servile du monde, ne reniera jamais  ces fondamentaux qui font sa légitimité…Ils savent que les sociologues de l’art sont pour la plupart des fainéants qui ne font aucune enquête sur la réalité des choses, des mondains creux , au mieux enfonceurs de portes ouvertes, au pire complices du système…Ils savent que les politiques sont encore loin d’essayer de comprendre ce qui se passe d’insupportable dans l’entre-soi mafioïde de la culture d’Etat,   etc.

En fait, il nous faut admettre que le pire dans la déconstruction  de l’art , comme dans celui de la destruction de l’environnement (car les deux sont liés) reste à venir.

Plus d’infos :

Un livre et un entretien avec  Isabelle Barbéris

Rares sont les universitaires qui osent étudier la nature intime du « politiquement correct » dans un milieu ravagé par celui-ci et la dictature woke, minotarisme etc… La plupart des sociologues de l’art rasent prudemment les murs, au mieux enfoncent les portes ouvertes ou, au pire, sont des mondains complices du système…Isabelle Barbéris n’est pas de ceux –là.

I.B. (extrait): Les spectacles transmettent un goût de la dénonciation paresseuse, et préparent, j’en ai peur la venue d’un terrible retour à l’ordre. Ce qui est grave, c’est la manière dont on traite le public : soit en l’enfermant dans un miroir de reconnaissance sociale, où il va retrouver sur scène tous les items de ses angoisses de classe, de sa phraséologie moraliste, de son inoffensive surenchère de gauche ; soit en le fascisant par des conspuations incessantes, car de nombreux dispositifs scéniques désignent en effet le public comme complice de la barbarie. Ce rapport au public ne peut que détériorer la situation, faisant monter la haine de la culture, déjà inquiétante. Suite (ici)