Le grand effondrement

LE CAS VENET : GRAVE EN EFFET ! Par Nicole esterolle (Billet d’humeur)

« L’HYPOTHÈSE DE LA GRAVITÉ » DE  VERNAR BENÊT AU LOUVRE – LENS

Un gigantesque,  triomphal et terrifiant effondrement du sens…Grave en termes d’empreinte carbone… de pollution visuelle et mentale… d’occultation de la véritable création…de spectacularisation de la vacuité.

Bernar Venet a intitulé cette exposition « L’hypothèse de la gravité » : une juxtaposition de mots qui  veut apparaître comme lourde de sous-entendus  et d’une profondeur métaphysique abyssale, mais qui, bien sùr, n’est que colossale  ineptie… et n’a d’autre pesanteur que celle produite par  l’attraction du trou  noir de sens qu’elle sollicite, ou génère.

Cette « monumentale »  exposition pompidolienne couronne donc une longue carrière de gigantesques et très subversives grotesqueries du genre spectacularisation de la vacuité, destinées , selon le plasticien, à « changer l’histoire de l’art » (« En envahissant le Louvre-Lens, Bernar Venet devient « historique . » nous dit Marie Lavandier,directrice du Louvre-Lens…)…Historique au point d’ëtre dans le top ten des plasticiens officiels français, et de recevoir régulièrement la visite en sa Fondation du Muy, de ses voisins et amis amateurs d’art, Brigitte et Emmanuel Macron , lorsque ceux-ci séjournent au Fort de Brégançon tout proche.

  • Bernar réfléchit à son hypothèse
  • Bernar peint à la poutre
  • l’hypothèse de la gravitude
  • Le tas de charbon historique
  • Le grand effondrement
  • Emmanuel visite Bernar
  • Peinture sur bugatti
  • L’arc de 115 degrés
  • Bernar Vernar en Belgique

Récapitulons :

Ça a commencé par de la peinture au goudron…Ensuite on a eu droit au fameux et révolutionnaire tas de charbon de 1963 « qui proposait selon l’artiste de réaliser des sculptures sans formes et de se libérer des contraintes de la composition… » Ensuite une station couchée de l’artiste lui-même dans une décharge d’ordures pour y « expérimenter l’horizontalité »…Ensuite des tableaux d’arcs de cercle et de célèbres formules mathémathiques coloriséee par lui…. Ensuite il peint ces même équations  sur une Bugatti…Ensuite Il conçoit le ballet Graduation, à « scénographie verticale »… Ensuite de la musique concrète avec magnétophone dans une brouette métallique chargée de quelques cailloux  poussée sur une chemin cahoteux…Ensuite des effondrements ultra-assourdissants  de gigantesques poutrelles d’acier… Ensuite il marque une pause dans ses recherches et – lui qui revendique son BAC moins deux –  donne des cours à la Sorbonne, sur l’art et la théorie de l’art…Ensuite  des milliers de tortillons métalliques offerts gratos aux municipalités (mais avec solide facturation pour l’installation )….Ensuite les trois ou quatre énormes poutres verticales de la promenade des Anglais à Nice (cadeau à son pote Estrosi)…Ensuite, il y eut plein de performances aussi stupéfiantes, dont celle de la peinture à la poutre (exécutée récemment lors de son expo au MAC Lyon, et qui sidéra totalement les édiles politico-culturelles locales qui n’avaient jamais été confrontés à une telle audace picturante)…Ensuite et donc aujourd’hui, il y a cette monstrueuse accumulation aléatoire d’énormes poutres d’acier corten au Musée du Louvre-Lens (notons que tout cela a été entrecoupé de périodes de dépression créative non- productive… comme si l’artiste doutait parfois de lui-même)

« Mon installation du Louvre-Lens peut être considérée comme la démonstration la plus caractéristique de toutes les œuvres que j’ai créées ces dernières années. Disperser dans le Pavillon de verre un tas de barres d’acier composé d’Arcs, d’Angles et de Lignes droites dans un désordre incontrôlé et irréversible, c’est proposer une œuvre qui fait la démonstration du non-proportionnel, du non-construit et du non préétabli. » …

Un gigantesque,  triomphal et terrifiant effondrement du sens…

Jusqu’au10 janvier 2022

Bernar Venet

Musée du Louvre-Lens

Pavillon de verre

99 Rue Paul Bert, 62300 Lens, France

Site internet (ici)