QUAND L’ATTITUDE EST DEVENUE MIRACULEUSEMENT FORME …AVEC L’AIDE D’UN GRAND CIGARETTIER CANCÉRIGÈNE… Par Nicole Esterolle (billet d’humeur)

…Ou quand la vertueuse association des  toxicités mentale et pulmonaire ont permis  l’avénement d’une contemporanéité artistique posturale, sociétalo-questionnatoire, auto- interpellatoire, engagée politiquement , défenseuse des minorités… et, grâce à cela, boosteuse de médiatisation et ramasseuse d’un maximum d’argent.

L’historique exposition « Quand les attitudes deviennent forme » organisée par le critique d’art  Harald Szeemann , s’est tenue à la Kunsthalle de Berne au printemps 1969. Elle  constitue un tournant dans l’évolution des pratiques artistiques et curatoriales de la seconde moitié du XXe siècle, et  comme première entreprise de « soutien à l’art contemporain » « expérimental » par une grande marque commerciale :  en l’occurrence  la société américaine du tabac cancérigène Philip Morris, dont le directeur marketing a dit que l’art contemporain  » c’est conforme a nos valeurs d’innovation » (Voir plus loin le document « Du ready made au planing stratégique », avec une interview de Marcel Duchamp.

Cette expo inaugurait donc ce que l’on appelle aujourd’hui l’art-marketing ou art contemporain, c’est-à-dire un système mondialisé ou l’art, devenu spectacle postural extérieur à lui-même et débarrassé ainsi de tout contenu superflu, devient formidable vecteur de communication, pour lui-même d’abord en tant qu’absence de lui-même, et pour les marques commerciales auxquelles il est associé….Ainsi naissent les innombrables fondations pour la démocratisation de l’art actuel…Cartier, Ricard, Vuitton, Pinault, Carmignac, Leclerc, etc…hauts- lieux de contemporainisation-financiarisation- défiscalisation  d’un art bien formaté pour cela au conceptualo-posturo bidularisme forcené. …Ce culturo-affairisme est renforcé par ailleurs par sa  liaison étroite avec la bureaucratie-artistique institutionnelle fonctionnarisée , sur-intellectualisée, et qui en profite pour faire le marketing promotionnel de sa propre pensée esthétique, pourtant ravagée par 40 ans de consanguinité dégénérative perfusée à l’argent public..

…Et c’est ainsi  que Harald Szeeman est devenu une référence centrale pour les agents de l’art officiel, et dans l’enseignement en écoles des Beaux-Arts, d’où les élèves sortent décérébrés, burénisés, talibanisés, posturalisés  et hagards… en ignorant tout, bien sûr, de l’art en général et plus particulièrement de l’existence des Paul Klee, Serge Poliakoff, Victor Brauner par exemple…et tant d’autres artistes inintéressants parce que sans « attitude » ni posture remarquables.

Voici un document qui fait bien le tour de cette terrible histoire

https://www.afterall.org/article/avant-garde-marketing-when-attitudes-become-form-and-philip-morris-s-sponsorship?fbclid=IwAR3aVhr_dlT0sEY7aCkYpI5M__dqfNcAX90o5BBaFo9RH0GMV-Uzgsu0x00

Voici, en images jointes, quelques aspects de cette exposition historique à Berne en 1969.

  • Harald
  • Harald Szeemann
  • kunsthalle de berne / Printemps 1969 l'exposition quand les attitudes deviennent forme prada

Et voici enfin 50 œuvres « posturales » célèbres, pour lesquelles

« l’attitude est devenue miraculeusement forme »

… A vous de mettre le nom de l’artiste correspondant sur chacune d’elles

1- Ours en peluche sur réfrigérateur

2- Homard en plastique suspendu au Château de Versailles

3- Raies verticales de 7,5 cm

4- Monochrome avec un point noir au centre

5- Carré blanc sur fond blanc

6- Empreintes de pinceau no 50, espacées régulièrement tous les 30 cm.

7- Empreintes bleues de corps féminin

8- Grand nu descendant un escalier

9- Œuvre sans aucune trace d’elle même

10- Coup de boule de Zidane en bronze de 5 mètres de haut

11- Savon de Marseille de 25 tonnes

12- Christ en fil de fer barbelé

13- Banane scotchée au mur

14- Tableau monochrome de la même couleur que le mur sur lequel il est accroché

15- Boudin fait avec le sang de l’artiste

16- Merde en boite de conserve

17- Christ trempé dans l’urine

18- Christ sur chaise électrique

19- Peinture de cochon faite à la bite

20- Peinture au vagin  

21- Peinture à l’anus,

22- Canon à viande hachée au Château de Versailles

23- Plug anal de la Place Vendôme

24- Tas de charbon

25- Furoncles artificiels sur le visage

26- Le perroquet municipal de la Ville de Paris

27- Scrotum cloué sur le bitume –

28- Le jeter de chats  –

29- Le manger de foetus humains bouillis  –

30- Peinture avec gants de boxe  –

31- Un requin dans le formol

32- Le bain dans des entrailles de vaches 

33- Le doigt d’honneur à Mao –

34- L’emballage de l’Arc de Triomphe

35- Le tas de fripes de 15 mètres de haut

36- le glaçon de 15 tonnes

37- Girl with balloon

38- « Prenez soin de vous » 

39- « My Bed « 

40- Le dialogue avec un   coyotte

41- Empreintes d’éponges  en forme de haricots

42- Poubelles cramées

43- Bandes horizontales

44- Sculpture invisible

45- La cuvée du FRAC

46- La couvaison d’oeufs de poule

47- Le parpaing géant

48- Verroteries colorées

49- Exploration du moi et de l’égo

50- Mickey à l’entrée du camp de concentration d’Auschwitz

AILLAGON OU L’HYPERTROPHIE DU GROTESQUE (ici)

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UNE COLLECTE POUR LA RESTAURATION DU PUPPY DE JEF KOONS À BILBAO

À votre bon cœur Messieurs –dames…

http://www.fouchardfilippi.com/wp-content/uploads/2021/08/CP-P.U.P.P.Y.-31082021-1.pdf

Du ready-made au Planning Stratégique : l’art de retourner les choses

https://www.marketing-professionnel.fr/parole-expert/inspiration-planning-strategique-ready-made-art-retournement-202107.html

LA GAZETTE DE NICOLE N° 41