L’ART BRUT AU CENTRE POMPIDOU ! Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

Bernard Blistène, directeur du MNAM, retourne son élégante  veste idéologique en peau de chagrin buréno-conceptualo bidulaire, juste avant de prendre une retraite bien méritée, en acceptant (grand prince à grande mansuétude) un don de 921 œuvres d’art brut de la collection Bruno Decharme »… « Après moi le déluge, ou le changement paradigme : je m’en fout totalement »…se dit probablement ce notoire adorateur de Koons et de son esthétique pâtissière.

Quant à nous,  qui nous sommes  faits traiter pendant des dizaines d’années de ploucs, ruraux, populistes et réactionnaires pour avoir été les admirateurs  et défenseurs de la « vérité » de l’art brut, par les lecteurs d’Art Press et des Indékrotuptibles et par les innombrables homologues de Mr Blistène peuplant l’appareil institutionnel, comprenez que cette ouverture du temple de l’archi- contemporain à l’archi anti-contemporain, de l’archi-international à l’archi-local de l’archi-arrogant à l’archi-modeste , ne peut que nous  réjouir…

Réjouissons-nous sans modération…et même si cette « concession » pompidolienne s’inscrit dans le sillage de la grande opération de récupération de l’Art Brut menée depuis deux ou trois ans par les réseaux du Ministère et de la spéculation artistico-financière .

Réjouissons nous de voir l’œuvre de Jean Dubuffet ainsi réhabilitée, 50 ans après le refus humiliant et stupide de l’Institutionalité française d’accepter sa collection, qui dut trouver refuge à Lausanne.

Réjouissons-nous de voir ainsi l’art brut devenir  le « Cheval de Troie » pour la réintroduction du sens et d’une vraie contemporanéité dans la création d’aujourd’hui… De le voir   agir donc comme un sérum de vérité inoculé à un système « art contemporain » qui disparaîtra  dans sa propre béance ainsi révélée

Et souvenons nous de la phrase du poète Horace : Graecia capta ferum victorem cepit et artis intulit agresti Latio (La Grèce, conquise, a conquis son farouche vainqueur)…

https://www.liberation.fr/culture/arts/au-centre-pompidou-lart-brut-trouve-sa-place-dans-les-collections-du-musee-20210611_PU274MKJZ5DWXMNT4642ZCTEDA/

18,50 euros

Ce livre est un témoignage montrant  que nulle part ailleurs qu’en ce territoire de l’art dit contemporain on avait été aussi loin dans la régurgitation du sens, dans l’inepte comme coquetterie intellectuelle , dans la transgression des lois, dans la déconstruction des repères, le « cassages des codes », etc.,…Bref dans ce nihilisme meurtrier nécessaire à l’instrumentalisation de l’humain au profit de ces fellateurs du rien peuplant les réseaux bureaucratico-financiers de cet art abusivement appelé contemporain.… Vente (ici)