GRANDE DÉBANDADE DANS L’ ART DIT CONTEMPORAIN Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

Nicole Esterolle

Le « paradigme » de l’art dit contemporain  semble bien en phase finale. La décrépitude totale approche…

Voici quelques faits annonciateurs de son proche collapse:

1- Le prestigieux « Magasin » de Grenoble devient « La Supérette »…après le licenciement de sa redoutable directrice suite à uncongé de plus d’un an pour profondes asthénie musculaire et dépression psycho-mentale… Dieu sait pourtant si elle avait « donné » à la contemporainitude  et si Grenoble avait été  à la pointe du progressisme artistique conceptualo-bidulaire et sociétalo-questionnatoire….La « Supérette » est maintenant cogestionnée par un collectif de street-artistes locaux en articulation directe avec la municipalité vert-fluo de Mr Piolle, candidat par ailleurs en 22, à la présidence de la République française.

Ici l’histoire racontée par les Indéckrotuptibles : (ça vaut la lecture)

Par un blog local :

http://et.pourquoi.pas.over-blog.com/2021/04/a-grenoble-le-magasin-devient-une-superette.html

Par le Petit Bulletin isérois::

http://www.petit-bulletin.fr/grenoble/infos-article-68834-Une+occupation+au+Magasin++.html

Ici l’histoire de son ex-directrice (un grand moment d’art contemporain !)

2 – Le curator international Nicolas Bourriaud est congédié de son poste à Montpellier qui lui avait été confié pour le rayonnement de l’art contemporain à partir de son MOCO : (image 02 https://www.midilibre.fr/2021/03/17/montpellier-nicolas-bourriaud-debarque-du-moco-et-colere-chez-les-etudiants-des-beaux-arts-9433512.php

3 – La ville de Quimper coupe ses subventions à son  centre d’art « Le quartier » qui avait imaginé de faire écouter de la musique à des plantes pour qu’elles poussent plus vite. (image 03)

https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/quimper-le-centre-dart-contemporain-le-quartier-ferme-4443842

4 – Le fameux centre d’art en milieu rural de Pougues- les -Eaux est abandonné lui aussi par sa municipalité suite à ses plus ou moins extravagantes expositions  et au constat qu’il n’y avait plus aucun public local: https://www.lejdc.fr/pougues-les-eaux-58320/loisirs/le-departement-envisage-de-se-separer-du-centre-d-art-contemporain-de-pougues-les-eaux_13872446/

5 – Même l’authenticité de la pissoire de Duchamp est mise en doute

6 – Le produit phare de l’art d’État, Claude Lévêque, est disparu des radars

en même temps que   Christophe Girard, grand maître des cérémonies culturelles socialo-progressistes parisiennes, « nuits blanches », tulipes de Koons, perroquet municipal, grandes bâches de Christo, etc… (ici)

7 – On ose enfin  s’interroger sur la nature de cet art qui s’est approprié le qualificatif « contemporain » , sur ses origines, sur sa légitimité, sur sa logique de fonctionnement, sur son bilan, sans recevoir des bordées d’injures et être taxé de nauséabond populiste,  fasciste, par quelque puissant critique d’art aligné, …La plupart des revues d’art bien pensantes commencent à cracher dans le potage en faisant une promotion bruyante du livre de jeune Benjamin Olivennes qui découvre ingénument que le « roi est nu » et que l’imposture a assez duré…Trahissant ainsi l’idéologie de l’intelligentsa parigo-duchampo-gauchiste dont il est issu et qui a pourtant bien contribué à l’avénement de l’ AC.

… Autant de signes  donc,  que l’art qui se dit « contemporain » est en bout de contemporanéité, que l’appareil qui le produit depuis 40 ans  commence à gripper, que l’idéologie de type totalitaire qui le sous-tend se retourne sur elle-même, que la sainte terreur intellectuelle qu’il a inspiré s’émousse, qu’il perd en crédibilité, que les masques tombent, etc…

et que 40 ans de conceptualité hard, de torsion du sens commun, de discursivité délirante, parce que sans objet et hors-sol, de rejet de tout contenu sensible, de consanguinité dégénérative ravageuse ,  ont fait  que nous sommes parvenus, au sein de ce système clos, à l’extrémité d’un parcours fou, à une situation sanitaire  extrême et  irréversible, au spasme ultime ,  avec multiplication des performances de plus en plus pathos et délirantes, des gesticulations désespérées, des psychoses, des burn-out, des dépressions…

  • Le Magasin supérette en vois d'autgestion
  • La police appelée en renfort pour dégager les manifestants
  • jeunes artistes en colère
  • Les street artistes envahissent la magasin
  • Moco Montpellier
  • Le Quartier
  • Pougues les eaux / Fabian Marti

….Changement de paradigme

Et c’est ainsi que cet art -attribut de l’argent et du pouvoir   est en train de changer de « paradigme », selon la jolie formule inventée par  la socioloque de l’art (entre autres choses)  Nathalie Heinich pour cerner,  parler, appréhender , nommer, voire entériner en l’amenuisant , cette énorme et terrifiante anomalie historique, cette sorte de fibrome visqueux aux innombrables métastases incrustées dans tous les circuits de l’appareil d’Etat, et de la spéculation internationale.…

Total échec de la « traduction artistique » du néolibéralisme débridé mondialisé … Calamiteux résultat  pour  40 ans de déconstruction subventionnée ,  de subversion perfusée, de furie institutionnelle casseuse  de codes, repères et modèles…. Pour mieux mondialiser et financiariser le rien.

… Alors, que faire des œuvres et du personnel ?

Oui, que vont devenir, après l’effondrement du système,  

1 – ces milliers d’agents patentés du contemporainisme artistique, cramponnés comme des sangsues à leur rente de situation :  profs, artistes-profs, curators, conservateurs, directeurs de FRAC, CAC, MAC , etc. conseillers divers, inspecteurs de la création, critiques, théoriciens, voire philosophes !…Comment les déradicaliser, les resocialiser et les réutiliser ailleurs, quand on sait que c’est une incompétence de fond qui les qualifiés dans l’appareil et qu’il est donc inenvisageable de les réemployer ailleurs?

2 – ces dizaines ou centaines de  milliers d’œuvres buréno-conceptualo-bidulaires accumulées dans les collections publiques(tous ces tas de terre, de bonbons, de fripes, de cailloux, de gravats, de crustacés, de sacs poubelle,…Tous  ces parpaings, ces bouts de bois, ces assemblages improbables, etc.)…Qu’en faire ? Comment les recycler,  quand leur inaliénabilité est inscrite dans la loi …quand le respect du droit moral et de la propriété intellectuelle est impératif en ce territoire pourtant de non-sens  et de non- droit triomphants ?  

Affaire à suivre donc…

La Gazette de Nicole n°39

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