POUR UNE PÉRENNITÉ DE L’INEPTE Par Nicolle Esterolle (Billet d’humeur)

Si vous allez à Nantes

POUR UNE PÉRENNITÉ DE L’INEPTE

Si vous allez à Nantes

….profitez-en pour faire ce parcours d’une cinquantaine de kilomètres, à vélo ou en trottinette, pour découvrir les oeuvres contemporaines en diable installées sur les rives de la Loire …Vous y découvrirez   un énorme pied en béton posé sur la plage, des anneaux luminescents de Buren, un arbre mort peint en blanc , un bateau mou , une maison cheminée et une autre semi – immergée, un morceau d’autoroute inachevée, un squelette de serpent de mer, un grand tuyau rouge.gif , une usine à ciment, un lion en plastique dans un arbre, un giga-mètre à ruban, etc…Soit 33 œuvres déclarées pérennes,  venant d’artistes de renommée internationale, ( une installation de Claude Lévêque y est cependant « momentanément » interdite d’accès… )

Ici toutes les infos sur ce parcours :

Le parcours pérenne | ESTUAIRE

Une pérennisation en urgence

Importante opération donc de « pérennisation » et de « patrimonalisation » d’un art déjà amplement internationalisé, contemporainisé, financiarisé  et  bureaucratisé……

Indispensable en effet de « pérenniser » et fixer pour l’éternité un art de grande taille, certes, mais sans aucune  durabilité, puisque sans contenu véritable…. Le vide consubstantiel à l’œuvre  étant  la condition de sa conceptualisation, de son internationalisation, de sa contemporainisation, de sa financiarisation  et de sa bureaucratisation forcenées …

Indispensable également d’opérer cette pérennisation en toute urgence compte-tenu des inquiétantes fissures qui apparaissent aujourd’hui dans les systèmes et réseaux générateurs de cet art dit contemporain, où la « débandade » est imminente…comme s’il s’agissait de « patrimonialiser » à marche forcée des œuvres sans aucune valeur durable et patrimoniale…et dont les futures générations auront plutôt honte…Des œuvres dont le caractère « in situ » empêche juridiquement toute extraction du contexte,  tout  déplacement vers quelque déchetterie proche et assure donc de fait une inaliénabilité perpétuelle.

Un commissariat ad hoc et de choc

Après avoir été un moment sous l’autorité tutélaire de Jean Carrelet de Loisy d’Arcelot (plus communément appelé Jean De Loisy ), ex directeur du Palais de Tokyo et premier homme à avoir trouvé une aiguille dans un tas de foin (voir image jointe), le parcours Estuaire de la Loire est aujourd’hui placé sous la curatorie d’une  instance ad hoc où l’on trouve les directrices du Grand Café de Saint Nazaire, du « Lieu Unique », du FRAC local, du Musée des Beaux-Arts de Nantes….toutes produites et agentes de l’appareil et des réseaux art contemporain national …tout comme les artistes d’envergure planétaire qu’elles promeuvent en pays nantais… Bref, un ensemble cohérent ,  qui ne sort pas  de ce système clos à forte consanguinité dégénérative…qu’on aimerait bien  aussi pérenniser à jamais.

Un soutien institutionnel massif

Cette opération sans autre public que la centaine de culturolâtres locaux, mais  très  vorace en argent public, est cofinancée par la  Ville de Saint-Nazaire, Saint-Nazaire agglomération, l’État (DRAC des Pays de la Loire) dans le cadre du dispositif de la commande publique du ministère de la culture, le Département de Loire-Atlantique, les Nouveaux Constructeurs, le Voyage à Nantes. l’Union européenne et le  Fonds Européen de Développement Régional.

https://www.nantes-tourisme.com/fr