DE LA BIEN-PICTURANCE Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

DE LA BIEN-PICTURANCE

On connaît la bien-pensance et la bien – jactance de rigueur dans les réseaux de la culture de classe bureaucratico-financière, soviéto – capitaliste et germano-pratine,  qui s’articule avec le très rebelle et subversif discours du politiquement correct – convergence des luttes, qui ravage les universités américaines et françaises et « cancelle » les profs qui ont émis un mot ou un pet de travers.

Et bien voici que nous arrive la bien – picturance avec ce que Beaux-Arts Magazine appelle , avec du tremblement dans la voix,  « le retour de la peinture figurative »… Une nouvelle picturance donc, qui tire sa vertu tant morale qu’esthétique, de ce qu’elle est vidée de contenu proprement artistique, pour être mieux  farcie de bons et gluants sentiments, de lourds messages sociétaux ou de cette   morbidité subversive qui plait tant aux grands oligarques collectionneurs,  aux grands fonctionnaires de l’art contemporain et aux grands critiques d’art.

Voici deux beaux exemples de ce retour à cette néo-picto-figurance de bon aloi.

1 – CHEZ TEMPLON : RETOUR À LA PEINTURE « PURIN DE L’ÂME »

« La peinture est le purin de l’âme » déclarait le prestigieux galeriste Templon au début des années 90, pour se justifier de virer ses peintres-peintres ( tels que Patrice Giorda ou Michel Tyszblat) et au profit des conceptualo-posturaux  américains plus à la mode et rentables financièrement.

Mais la mode est changeante et c’est aujourd’hui le retour en grâce financière de ce « purin de l’âme » qui déplaisait tant à Templon,  et qu’il promeut donc en 2021 dans sa forme la plus glaireuse, délabrée formellement, vomitive et purinesque….( jointe ici l’image d’une oeuvre de Jan Vam Imschott.)

2 – SUR LE MONDE : UNE PEINTRE SOCIÉTALEMENT CHARGÉE, ET QUI COCHE TOUTES LES BONNE CASES : DÉCOLONIALE, CONVERGENCE DES LUTTES,  ANTI-MÂLE BLANC, etc…

Un cocktail de saveurs tel  le journal Le Monde de la radicale bien-pensance germanopratine  adore….Un parcours exemplaire pour un concentré d’idéologie intersectionnaliste  post-contemporaine…avec sa version de Boticelli , tableau sur la fertilité, « peuplé de femmes trans et non-binaires »…Apolonia, ex-copine de la fondatrice des Femen,  a aussi « repris la tâche de vestiges du colonialisme à la Villa Médicis fondée en 1666 par Voltaire, cet affreux esclavagiste …

Oui, Le Monde frappe très très fort avec ce texte que je vous joins et qui est un régal dans le genre bien-cérébrance sociétalement hystérisée.

3 –MA MAL-PENSANCE  EST DEVENUE COLLECTOR

Publié en mai 2015, mon livre « La bouffonnerie de l’art contemporain » est aujourd’hui épuisé après deux réimpressions. Quelqu’un m’a dit qu’il y avait des exemplaires d’occasion en vente sur Amazon à 49 €..Quelqu’un d’autre à 150 €…

Qu’à cela ne tienne : je peux vous en envoyer le PDF gratuitement à votre adresse mail, si vous me le demandez sur nicole.esterolle@yahoo.fr….

Je retrouve ce bref message de Jean Clair à mon éditeur Jean-Cyrille Godefroy:

Cher Monsieur, Pourriez – vous dire à  » Nicole Esterolle » l’immense plaisir que j’ai eu à lire son livre ?

Jean CLAIR

« la Bouffonnerie » dans un décor de Natacha Campeau que je remercie et embrasse au passage.

Et voici le sommaire de l’ouvrage:

1- De la dictature de la bouffonnerie en art contemporain. Cattelan est le meilleur. Quand Les bouffons pétitionnent. Un professeur ès-foutage de gueule. Quand l’art se fait de plus en plus rigolo… pour être de plus en plus plus contemporain. Gros canular au Salon de Montrouge : Le dit peintre du dimanche ne peignait que le mardi !

2- Koons ou l’hilarant triomphe de l’esthétique pâtissière et de la culture vaseline. Koons en majesté au Centre Pompidou. Un Koons à trois millions d’euros au FRAC – Aquitaine. Il est temps de séparer l’art bureaucratico-financier dit « contemporain », de l’art vivant et libre.

3- Une critique d’art de nature consanguine. Une préciosité cérébro-linguale très « art contemporain. Pourquoi y a-t-il de la critique d’art plutôt que rien ? Le prix Fayot de la meilleure critique d’art. Une critique d’art passe-partout. Deux critiques d’art diamétralement opposés. Nous, critico-niqueurs d’art, à cause de notre indifférence, 90% des artistes vont très mal

4- À propos de l’épidémie de questionnite dans l’art contemporain. Quelques exemples d’artistes questionneurs d’art. La liste officielle des objets de questionnement autorisés pour l’art contemporain. Inquestionner la non-question ? That is the question !

5- Des écoles d’endoctrinement à l’art contemporain. Des méfaits de la pédagogite dans l’art contemporain. Au salon de Montrouge des post-diplômés des Ecoles de Beaux – Arts. En Avignon, le collectionneur milliardaire Yvon Lambert gravement contrarié par une révolte des élèves de l’école des Beaux-Arts. Affaire de l’École d’Art d’Avignon : un témoignage d’Alan Bic qui balance bien ! Le harcèlement sexuel, c’est éminemment pédagogique ! Elle aime la saucisse et la « conférence performée » Au secours ! Planquez vos mômes ! l’art contemporain va entrer dans les écoles et les collèges. Quand une future star du marché anime un modeste atelier d’initiation à l’art contemporain en milieu scolaire. Le méta – atelier dialogique. La chute d’un « pied- nickelé » de l’AC : Nicolas Bourriaud en instance d’être viré de l’École des Beaux-Arts de Paris

6- Le génie d’État et l’art contemporain. Au congrès du CIPAC, il n’y a d’art que contemporain… et Marcel Duchamp est son prophète. Lettre ouverte et parfumée à Madame la ministre de l’Art contemporain. Panique à la CIPAC : il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’État ! L’ensemble des personnels sécuritaires de l’art contemporain français réunis dans la CIPAC, écrit à Madame la Ministre de la Culture

7- Les FRACs : un gros tas d’effets pervers. Quand Le Monde glorifie les FRAC, cette honte nationale. Les trente ans des FRACs : plus contemporains qu’hier, mais moins que demain ! Quand le FRAC lorrain bat tous les records de contemporanéité… Faudra-t-il mettre un jour tout le contenu des FRACs à la poubelle ? Quand un FRAC se fracasse

8- Daniel Buren et Martial Raysse : deux calamités artistiques nationales parfaitement complémentaires. Avec Martial Raysse, la peinture est de retour… Oui, mais dans quel état ! Là où Buren passe, l’art trépasse…Comment Buren a plombé Pompidou-Metz Champagne et in situ burénien. Buren, champion du visibilisme procédurier. Un tramway signé Buren. Un Buren de 300 m2Buren en happy Droopy : « You know what ? I’m happy ! » BHL et Buren enfin réunis !

9- Les élus et l’art contemporain : une tartufferie aussi tragique que cocasse. Une visite d’une exposition d’art contemporain au Centre Pompidou avec des élus. Les élus ne sont pas informés. Une lettre aux parlementaires au sujet d’un élevage de poules à la galerie Marcel Duchamp

10- La Biennale d’Art Contemporain de Lyon : un Fukushima culturel

11- Les têtes chercheuses d’art contemporain Marcel D. Catherine M.

12- De l’intrusion « in situ » de l’AC dans les châteaux, les églises et autres lieux patrimoniaux Les châteaux de la Drôme bourrés à l’art contemporain Art contemporain, chasse, pêche et tradition au Musée de la nature Une colonne de casseroles dans une église lyonnaise Au Collège des Bernardins : Quand l’union art contemporain – évasion fiscale est bénie par l’archevêque Quand on repeint les toiles d’une église de la couleur des murs où elles sont accrochées

13- L’art brut récupéré par l’art contemporain

14 – … Mais les oiseaux chantent encore Urgence de retrouvailles avec l’ensemble de la floraison artistique actuelle Rouvrir portes et fenêtres à la parole déliée Internet est une chance.