KOONS EXPOSE SES NIAISERIES PÂTISSIÈRES AU MuCEM À MARSEILLE…Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

KOONS EXPOSE  SES NIAISERIES PÂTISSIÈRES AU MuCEM À MARSEILLE…

Par Nicole Esterolle

« Il a accepté l’invitation et est venu une première fois en février 2019 pour prendre la mesure des collections du Mucem », nous dit  la bécassine curatrice de service avec toute l’émotion requise. « C’était un moment très fort. J’étais en congés maternité, mais je me suis débrouillée pour l’accompagner »…

Et puis, que ne ferait-on   pas pour ce gentil benêt de milliardaire de Jeff ?..Pour « le dernier des  pop-artistes » selon Bernard Blistène, qui lui a organisé une rétrospective au Centre Pompidou en 2014.

On lui a déjà réquisitionné aussi ce bien patrimonial qu’est le  Château de Versailles pour mettre en valeur sa modernité kitch et gonfler sa cote sur le marché mondial…Alors pourquoi ne pas lui donner aussi le MuCEM (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée)et ses collections patrimoniales d’art et traditions populaires… dans la pure tradition ministérielle française de mélange des genres, de « dialogue » entre les contraires, du « en même temps » oxymorique,  et de conflits d’intérêts publics – privés comme accélérateurs de la contemporanéité de l’art.

Du 4 mai au 18 octobre 2021, le kitchissime Jeff va donc y  mélanger vingt de ses débilités provenant de  la collection de son ami François Pinault et prêtées gracieusement par celui-ci, à deux cents œuvres des collections du MuCEM sélectionnées par lui.

Notre pop-artiste planétaire va donc choisir lui-même parmi des milliers de modestes et merveilleux objets « d’art et tradition populaires » chargé d’humanité, ceux qui mettront le mieux en valeur sa creuse  production de balloon-dog et autres  lapins crétins déshumanisés à dix  millions de dollars la pièce chez Sothebie’s.

Dix millions de dollars, c’est bien supérieur au prix qu’il aurait peut-être fallu mettre pour sauver le musée national des Arts et Traditions populaires (MNATP), qui avait été fondé par l’excellent Georges –Henry Rivière en 1937,  situé depuis 1972 dans le bois de Boulogne et qui  a dû fermer ses portes au public en 2005 après  plus de soixante-dix ans d’existence. Une fermeture due au manque  du soutien qu’aurait pu lui apporter le Ministère de la Culture, si celui-ci avait été moins occupé à dépenser l’argent public pour l’art dit contemporain….et s’il n’avait pas considéré ce musée d’ethnologie, proposant une vision de la société française traditionnelle, rurale et artisanale au 19ème et  20 ème siècles, comme d’inspiration trop populiste et rétrograde.

Le musée du Bois de Boulogne a donc été fermé pour laisser la place à la Fondation Arnaud-Vuitton et l’on expédia  les  merveilleuses collections d’outils à l’étonnante  beauté formelle, vers le MUCEM marseillais pour en constituer le fonds majeur des collections, en attendant d’en faire quelque chose…Et c’est ainsi que ce fonds  est mis aujourd’hui à la disposition de l’odieux  farfouillage de Koons pour une opération d’une impudence inouie de  confrontation ou du dialogue entre  ces objets ruraux chargés de vécu, de sens, d’histoire  et d’humanité, et les creuses grotesqueries internationnales Koonsienne, purs produits des circuits financiers et de la cupidité humaine.

Honte aux responsables de cette ignominie !

En illustration : le lapin crétin de Koons « dialogue » avec une exquise presse à fourrage et de divines  chaussures à écorcer les châtaignes, venant  des collections du MuCEM

Plus d’infos

– L’expo Koons au MuCEM : (ici)

– Les collections du MuCEM : (ici)

– le rapport annuel de la Cour des Comptes sur le MuCEM de février 2015 : (ici)