LE DUCHAMPO-FÉMINISME RADICALISÉ FAIT DES RAVAGES AU MAGASIN D’ART CONTEMPORAIN DE GRENOBLE par nicole esterolle (billet d’humeur)

LE DUCHAMPO-FÉMINISME RADICALISÉ FAIT DES RAVAGES AU MAGASIN D’ART CONTEMPORAIN DE GRENOBLE

Par Nicole Esterolle

Le Magasin des horizons, sous-titré modestement Centre National d’arts et de cultures -Site Bouchayer-Viallet, est un haut – lieu de la « convergence des luttes » et de l’art,  posturo sociétal, permaculturel, décolonial, insoumis, transgenre et intersectionnel. Il  est aussi le rendez-vous des radicalo-historico-afro- éco- queer-trans -féministes, toutes copines de Madame Béatrice Josse, la directrice du lieu depuis 2016, et qui ont, dans une sororité de bon aloi, priorité pour la monstration de leurs performatifs et bidulaires épanchements. (voir le programme de l’expo actuelle avec Chloé Delhaume, Marion Baruch, Pamina de Coulon, Gabrielle Boulanger et Graciella Sacco…allez voir sur internet : ça vaut la circonvenue!)

Cette calamité artistique en groupe organisé, s’est abattue sur la ville de Grenoble, à la faveur de la conjonction  de plusieurs  facteurs déterminants :

–   le soutien d’Eric Piolle, maire vert de la ville, qui est très favorable à cette vertueuse et opportune conjugaison des radicalités écologiste et féministe et qui ne voit aucun inconvénient à mettre des paquets d’argent municipal public à disposition de cette forcenée de la lutte anti – mâle blanc et de la cinquantaine de ses farouches adeptes culturophiles grenoblois…

–   le fait que, selon un article du Monde d’ il y a un dizaine d’années  : « L’art contemporain s’est réinventé à Grenoble, dans les années 80 »…Article où l’on apprend en effet  , qu’à l’Ecole des Beaux-Arts de Grenoble dans ces années là, c’était le foutoir total : « Jamais de cours…Les professeurs privilégiaient la fumée des cafés plutôt que les discours d’amphithéâtre…Les élèves préféraient les discussions nocturnes au labeur d’atelier…et pour eux le projet était déjà plus important que l’objet… » et que donc , c’était  « de ce chaos qu’était jaillie la  lumière »…

–   L’exfiltration en 2016 de  la redoutable Béatrice Josse, alors directrice  du  FRAC Lorraine , dépêchée en urgence à Grenoble pour une énergique  reprise en mains  du Magasin, qui partait en eau de boudin, suite à la grave dépression nerveuse dont avait été victime son directeur Yves Aupetitalot, persécuté par  la présidente du conseil d’administration, Anne-Marie Charbonneaux ex-présidente du Centre nationale des arts plastiques, nommée sur une proposition d’Aurélie Filipetti, qui avait   «  progressivement mais de manière répétée et unilatérale contesté puis supprimé les prérogatives essentielles de Yves Aupetitallot pour favoriser l’évolution de sa fonction vers une présidence opérationnelle servie par une directivité à outrance (demandes abusives de reporting, surmultiplication de courriels, etc.) et par des ingérences dans les liens hiérarchiques entre les salariés, leurs tâches et leurs missions dont elle a désagrégé le collectif de travail en divisant ses membres« …pouvait-on lire dans le Journal des Arts.

Le premier acte d’autorité de notre « Cruella d’enfer »,

fut donc, avec l’assentiment de sa pote Charbonneaux,  de déprogrammer immédiatement l’exposition prévue autour des archives de  l’artiviste des années 80, Michel Giroud trop « genrée » selon elle …

Voici la lettre envoyée par Mme Josse à Michel Giroud et Alain Snyers pour s’en expliquer :

 Je comprends bien que ce projet tient beaucoup sur les archives personnelles de Michel Giroud (qui sont très genrées) et je ne conteste pas l’intérêt pour un musée d’art de montrer de tels documents. Cependant vous comprendrez que mes copines féministes radicales, féministes historiques, post-féministes, afro- féministes, eco-féministes, queer et trans ne comprendraient que je confie à des figures certes incontournables de l’histoire de l’art de notre pays mais des figures masculines, blanches … alors qu’elles m’accompagnent dans mes combats depuis plus de vingt ans. Les engagements des uns et des autres sont légitimes et je comprend votre souhait de faire revivre des pans important de l’ histoire de l’art mais d’une histoire écrit par des hommes exclusivement. Je travaille de mon côté à ré-ecrire une histoire plus plurielle et ouverte .Merci pour votre compréhension et je ne doute que votre recherche de lieu pour votre projet aboutisse bientôt. Bien cordialement à vous deux. Béatrice Josse (10.05.2016)

Cette cruelle émasculation du lieu, fut suivie d’une vigoureuse pétition protestataire, montrant que la solidarité commençait  déjà  à se fissurer  au sein de la  duchamposphère ministérielle,  et signée par une centaine d’institutionnels notoires tels que : Paul Ardenne (critique d’art, professeur à l’université, essayiste), Aurore Després (maître de conférences à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté), Jehanne Dautrey (professeur à l’école d’art ARTEM à Nancy), Emmanuel Guigon (Ancien Directeur des Musées de Besançon), Anne Dreyfus (directrice du centre d’art Le générateur, Gentilly), Antigone Mouchtouris (Professeur en sociologie de l’art , Université de Metz), Marc Décimo (Maître de conférences en linguistique, Université d’Orléans), Sylvie Coellier (Professeur art contemporain, Université Aix-Marseille), Fabrice Flahutez (Professeur d’histoire de l’art, Lille), Chantal François (Attachée à la conservation Musée départemental Rochechouart), Corine Melin (Professeur à l’école d’art de Pau)…et même Nicolas Bouriaud qui se fendait alors de ce texte courageux : « je suis contre tout critère négatif d’appartenance sociale, sexuelle ou politique pour juger de la pertinence d’une exposition. Et parce qu’on ne peut pas être dans la rétro-action en matière de féminisme : l’histoire peut être évaluée, pas oblitérée. »…et tac dans les canines ensanglantées de Cruella !

Voici le lien vers cette pétition :

https://www.change.org/p/soutien-exposition-zigzag-made-in-france?fbclid=IwAR19Q_zpvKxBaZkF4VpI5tL-yh9UsvkkpwsiVnGworZ3v5VURvJYNGXqiww

Voici quelques lâchers de mots  et éléments de langage énoncés par Cruella  Josse lorsqu’elle dirigeait le FRAC-Lorraine, et qui aujourd’hui inspirent l’engagement sociétal du Magasin.

(Une lecture à déconseiller aux moins de dix ans et aux personnes sensibles)

-« J’ai une vision un peu féministe de l’art, privilégiant le regard des artistes femmes par rapport à des situations politiques. Les hommes ont tendance à ériger des choses… L’érection… »

– « Il y a plein de femmes nues dans l’histoire de l’art. Mais quasiment pas d’hommes. Je voulais une bite dans la collection » (Mots lâchés après l’achat d’une photo de Sophie Calle, intitulée Le Divorce (1994) où on la voit, derrière son mari, lui tenir le sexe pendant que celui-ci urine)« J’aime repousser les limites de ce qu’est une collection d’art contemporain »…

– « Aujourd’hui, notre richesse c’est l’immatériel »

– « L’art est pour moi quelque chose qui se pense avant d’être quelque chose qui se voit ».

– « Le paradoxe est instrument de clarté… Inventer des points de vue inversés, célébrer l’invisibilité, revendiquer la disparition… »

« J’ai conçu ce FRAC comme une plate-forme multi-disciplinaire où des sujets sont abordés d’une perspective féministe et postcoloniale, et dont la collection est largement dévouée à l’invisible et  aux artistes féminines … »

je tente bien modestement de déjouer les stéréotypes du masculin, phallique et démonstratif qu’on associe avec la «nécessaire» visibilité d’une collection.

– le Frac en est venu tout naturellement à collectionner des propositions d’œuvres, le plus souvent immatérielles, plutôt que leur réalisation tangible

-« Pour fêter ses 10 ans d’indiscipline, le longitude  49° Nord- latitude 6° Est – Frac Lorraine vous invite, incite, invective à toutes les découvertes et expériences aux limites des disciplines et des genres. Face à l’urgence de re-panser le monde, Gianni Pettena vient recouvrir les façades de milliers de franges en un geste éminemment emphatique et donne ainsi à voir le bruissement du vent et à écouter l’architecture onduler.

Un dixième anniversaire sous les augures de tous les possibles ; des rendez-vous décalés et trans-formés. »

J’ai acquis une oeuvre immatérielle de Tino Sehgal  par goût de la performance autant que par nécessité, car cela m’amuse de souligner que le capitalisme est capable d’acheter tout et n’importe quoi ! »

– « Certaines artistes  sont doublement invisibles : un, parce qu’elles sont femmes, deux, parce que leur travail est immatériel »,

– « J’essaie d’acheter des choses qui en principe ne rentrent pas dans les collections publiques traditionnelles. J’essaye de collectionner des idées plus que des objets »

– « C’est à partir de 2004 que j’ai donné un coup d’accélérateur à cette politique d’acquisition d’œuvres protocolaires et performatives. En particulier en proposant de commander à des artistes des interventions «permanentes invisibles»,

– « L’idée est venue d’une étude, qui montrait que 60 % des gens qui roulent sur les périphériques le font sans aucun but. On a demandé à des automobilistes volontaires de circuler  la nuit, entre Metz et le Luxembourg avec une lumière faisant apparaître  le mot errance. Le préfet était contre. On l’a fait quand même…L’art n’est pas fait pour tourner en rond, mais pour dire  quelque chose du monde et  le changer  »  

(Les citations qui précèdent, sont extraites des dossiers de presse et du site du FRAC Lorraine )

Et voici ce que doit aujourd’hui devenir ce Magasin des Horizons, selon madame Josse :

« le Magasin des horizons – centre national d’arts et de cultures », est « le véritable miroir d’une société en mutation, qui incite à rêver le monde plutôt qu’à le subir ! Il est une structure publique hybride, s’auto-définissant comme un lieu permaculturel, une plate-forme de réflexion, un lieu d’échanges, accessible à tout.e.s. 

Dans une logique pluridisciplinaire, il invite des passeurs d’idées, des artistes, des militant.e.s, des thérapeutes et philosophes indiscipliné.es,… à stimuler et encourager une pensée propre aux enjeux de notre époque. Son action consiste à mettre en œuvre des idées, à programmer des artistes le plus souvent conjugués au féminin ainsi qu’à former une dizaine de personnes à de nouvelles pratiques professionnelles mêlant art et société. »…

Plus d’infos :

Sur le Magasin :http://www.magasin-cnac.org/

Sur sa directrice :http://www.magasin-cnac.org/evenements/single/5c6137411e9fe1c533c55c18

http://www.magasin-cnac.org/evenements/single/5c6137411e9fe1c533c55c18

TOUT SUR LE FRAC LE PLUS FRACADINGUE :

https://levadrouilleururbain.wordpress.com/2020/11/25/le-frac-le-plus-hallucinant-qui-ait-pu-exister-par-nicole-esterolle-billet-dhumeur/