LE FIAA AU MANS : UN LIEU D’ART PIONNIER POUR LA RECONSTRUCTION DU SENS EN ART PAR NICOLE ESTEROLLE (Critique)

LE FIAA AU MANS : UN LIEU D’ART PIONNIER POUR  LA RECONSTRUCTION DU SENS EN ART

PAR NICOLE ESTEROLLE

Au Mans, capitale de la Sarthe, à 200 km de Paris, vient d’apparaître le FIAA, Fonds international d’Art Actuel, dispositif idéal, exemplaire et précurseur de centaines de lieux du même type qui pourront bientôt  apparaître dans toutes les grandes et moyennes villes de France, pour constituer un salutaire alternative à quarante ans d’un dirigisme ministériel posturo-conceptualo- bidulaire forcené et d’un totalitarisme ubuesque inféodé aux grands circuits de la spéculation artistico-financière. 

Cette réalisation pourrait en effet préfigurer ce que pourrait être un dispositif national pour  la restauration du sens en art et la reconstruction des systèmes de reconnaissance naturels  et de la biodiversité artistique, à la faveur d’un indispensable réancrage territorial et local .

L’ancrage territorial aurait pu exister depuis longtemps, ou même perdurer tel qu’il était avant que le ministère Lang n’entreprennent la décentralisation centralisante grâce à ses FRAC et un appareil d’Etat de type ubuesque qui n’avait d’autre fonction que de disqualifier toutes les initiatives périphériques individuelles et associatives, au lieu de les accompagner , et que de s’y opposer comme si elles entraient en concurrence avec les actions produites par  ses agents fonctionnarisés,  toutes formatées au conceptualo-bidularisme dit contemporain.

Parmi ces innombrables initiatives naturelles et indépendantes, qui ont tout de même pu mailler les « territoires », malgré l’indifférence ou même les tentatives de ringardisation de la part des  sbires de DRAC, il y a eu, au Mans,  ce salon Puls’art, créé il y a vingt neuf ans par Lucien Ruimy, et qui a permis la réalisation du FIAA.

Réalisation « régionale », le salon Puls’art, par l’exigence de ses choix, a toujours eu une audience nationale, comme son équivalent, le salon MAC 2000 à Paris, aujourd’hui bien « fatigué ».

Des centaines de peintres et sculpteurs de toute la France ont pu y trouver un lieu de reconnaissance et de valorisation, mais aussi de rencontres et d’échanges

Lucien Ruimy a su aussi s’adjoindre la compréhension et le soutien du maire de la Ville Jean-Claude Boulard, récemment décédé et qui n’a pas pu voir l’ouverture du FIAA. (son successeur Stéphane Le Foll, semble bien disposé à soutenir cette réalisation qui honore sa ville, ainsi que Dominique Le Mèner, Président du Conseil Départemental de la Sarthe.)

Si Lucien Ruimy a été l’ « impulseur » de Puls’art , il est tout autant celui du FIAA, puisque c’est en grande partie avec son argent personnel que le bâtiment a pu être acheté, avec le soutien de la Mairie et du Département, et grâce aussi à la déterminante et vertueuse association avec le groupe hôtelier qui a acquis l’autre partie du grand ensemble immobilier. Le tout étant inséré dans l’ancien Couvent des Visitandines, sous la dénomination de Là Visitation.

À ces soutiens institutionnels de proximité s’ajoutent les différents mécénats privés venant d’une vingtaine d’entreprises du département, emmenées par la Société Lefranc-Bourgeois (fabricant de peinture et matériel pour les artistes justement).

Une rencontre du hasard et de la nécessité, pleine de sens et de contenu donc, comme il pourrait y en avoir des centaines en France, si l’ État laissait faire et accompagnait les choses intelligentes et naturelles au lieu de les disqualifier pour mieux privilégier ses lieux institutionnels sans utilité de fond, artificiels, sans vie  ni public, et dont la spectaculaire vacuité s’avère extrêmement coûteuse en argent public quand elle entreprend de se  donner quelque audience, crédibilité ou justification.

Le FIAA sera, à l’inverse, un vrai lieu de vie et d’effervescence artistique, à cause justement de son  véritable enracinement territorial…Il sera un lieu d’universalité parce que né  du local et nourri par lui…

20,00 € Neuf

Expédié sous 3 jours
cliquez

Ainsi , les 650 mètres carrés de la FIAA seront-ils  occupés par :

  • une salle d’exposition de 350 m2 dédiée d’abord à la monstration du fonds d’œuvres constitué des 300 œuvres de la collection personnelle de Lucien Ruimy, augmentée de toutes les œuvres données par les artistes en reconnaissance du travail que Puls’art a effectué pour eux. Dédiée aussi à des expositions temporaires d’artistes nationaux ou internationaux, ou bien de collections telles que celles de Lefranc-Bourgeois, de la ville du Mans, de la collection Renault ou du fonds départemental.
  • Une salle de lecture et bibliothèque avec livres et revues d’art
  • Un atelier enfants et adultes animé par un artiste en résidence
  • Une salle de réunion et conférence pour les séminaires d’entreprises
  • Un bureau de direction et une réserve de stockage des œuvres du fonds permanent.

Ainsi, par cette vertueuse conjugaison de multiples fonctions et actions, et par les ressources financière de la billetterie qui s’annoncent déjà très satisfaisantes, le FIAA pense-t-il pouvoir atteindre un équilibre financier sans avoir besoin de subventions de la DRAC ou du Ministère et en gardant toute indépendance vis à vis des agents de ce dernier, qui n’ont d’ailleurs pas manqué d’afficher leur méprisant dédain autant vis à vis de  Puls’Art que du FIAA…quand Lucien Ruimy a tenté quelque humble et respectueuse approche pour le principe…Mais qu’à cela ne tienne : l’important avant tout pour lui étant le soutien et la reconnaissance d’un vrai et large public, qui lui semble déjà acquis.

N.B. Notons également que , grâce à cette dynamique artistique mancelle insufflée par Puls’art et le FIAA, et au titre des « projets participatifs » , la ville voit éclore en de nombreux endroits , dont la promenade des arts, de nombreuses œuvres monumentales réalisés par des  « artistes à contenu »,  régionaux, nationaux ou étrangers. Ainsi ce magnifique bronze « figuratif » d’une grande poésie de Roland Devolder, comme on aimerait en voir beaucoup plus dans nos villes en France…et comme il en existe dans toutes les villes des autres pays d’Europe.

Plus d’infos :

https://www.fiaa-lemans.com/les-collections

Centre d’art FIAA

8 allée Leprince d’Ardenay – Là Visitation

72 000 LE MANS

0221760234

https://www.fiaa-lemans.com/