« MON FILS PRÉFÈRE ENKI BILAL À KADER ATTIA » Par Nicole Esterolle (billet d’humeur)

C’est Mr Gilles Fuchs, président et fondateur de l’ADIAF-prix Marcel Duchamp et ancien président de la maison de luxe Nina Ricci, qui nous dit ça…

Une paternitude cruellement contrariée donc…

Mais qu’à cela ne tienne, ce qui nous laisse surtout  pantois, rêveur,  abasourdis, muets, désarmés, décontenancés, hébétés, bouche bée, les épaules avachies , les bras ballants, la langue pendante et le strabisme convergent, c’est la candeur, la naïveté , voir l’ébouriffante niaiserie d’un tel aveu (1) …(et ce n’est  pas, bien sûr,  que le fils Fuchs, à 45 ans, ne soit pas encore bien fini…).

Et les dégâts, on commence à les mesurer aujourd’hui et à oser en parler sans être taxé de nationaliste, de facho, voire de raciste…

Voici un accablant complément d’information sur l’ADIAF :

https://documentations.art/L-ADIAF-plus-de-vingt-ans-de-feodalisation-de-la-scene-francaise

Il y a vingt ans, l’association qui compte désormais 400 membres s’était donnée pour mission de participer au soutien et au rayonnement de la scène artistique française. Dans les faits la pratique semble bien différente. À mesure que le marché de l’art émergent s’enfonce dans la crise, les langues se délient et permettent de tirer un bilan très critique de cette initiative oligarchique et de son influence sur l’écosystème de l’art français.

Et voici le tout dernier rapport d’Artprice tout aussi accablant :

https://imgpublic.artprice.com/pdf/le-marche-de-lart-contemporain-2020.pdf?fbclid=IwAR1lxStA7TedQ5H50GDaMY9A1LokgfzmFjIpOfUlxUbUvm8CRNn6N6hdI8M#page=55

Voilà donc où nous en sommes au bout de 20 ans de « promotion ».

Dans le pire des cas on peut parler de sabotage de la représentation de l’art français sur la scène internationale. Au minimum il s’agit d’un véritable naufrage.

« Plusieurs galeristes attestent de la lourde pression financière que représente une participation au prix Marcel Duchamp pour les galeries et les artistes. En effet, si une enveloppe budgétaire de l’ADIAF est bien prévue pour chaque participant.e au prix, elle est uniquement dédiée à la scénographie des œuvres pour l’exposition du Centre Pompidou, tout le reste des frais, notamment les frais de productions, incombe aux artistes et aux galeries, soit 60 à 80% du budget total

Cette situation conduit souvent à abîmer les relations entre les artistes sélectionné.e.s et leurs galeristes : au lendemain de l’annonce du Prix 2017, Maja Bajevic a quitté Michel Rein et Vittorio Santoro, Thomas Bernard. Cinq ans après avoir reçu le prix, Julien Prévieux n’est plus représenté par aucune galerie en France et a quitté Jousse Entreprise pour des questions liées au remboursement de la production de son exposition à l’Espace 315 du Centre Pompidou ».

Maintenant que les galeries et les artistes doivent supporter tout le poids de la crise du Covid, ce type de fonctionnement n’a plus aucune viabilité économique.

Quant à l’appréciation de la contribution au « rayonnement de l’art français sur la scène internationale », il suffit de regarder le dernier rapport Artprice:

https://imgpublic.artprice.com/…/le-marche-de-lart…

Dans le top 1000 de l’art contemporain, le premier français (Robert Combas) est en 76ème place, le deuxième français (Richard Orlinski) est 174ème, le troisième (Philippe Pasqua) est 262ème.

Au total il y a moins de 25 français dans le top 1000 de l’art contemporain, en y incluant ceux qui travaillent et vivent à l’étranger.

Voilà où nous en sommes au bout de 20 ans de « promotion ».

Dans le pire des cas on peut parler de sabotage de la représentation de l’art français sur la scène internationale. Au minimum il s’agit d’un véritable naufrage.

« J’ai d’abord songé à Cézanne »

Ce qui peut également nous laisser pantois, rêveur,  abasourdis, muets, désarmés, décontenancés, etc. ,

c’est ensuite, que le Centre Pompidou, qui est un bien public ,  soit réquisitionné pour donner visibilité à cet événement,  bénéfique pour les spéculateurs privés et leurs produits artistico-financiers, mais préjudiciable à l’art français et à sa biodiversité …

et c’est enfin… et là , tenez-vous bien : que Mr Gilles Fuchs nous avoue dans la foulée et  tout aussi benoitement, qu’à   un moment il avait songé à nommer son prix Paul Cézanne au lieu de Marcel Duchamp…

… Et c’est avec l’annonce de cette autre réquisition envisagée  d’un patrimoine national, que vous tombez par terre en totale catalepsie..,

(Ici image de Théo Mercier, petit prince de l’Adiaf et récent prix Marcel Duchamp)

Une association qui gagne à… ne pas être connue.

Mon ami Luc Dartois,  me fait remarquer que si Kader Attia fait partie des artistes soutenus par l’Adiaf, à sa connaissance, Enki Bilal n’a jamais eu besoin du concours de l’Adiaf pour devenir mondialement connu. Seul Bernard Frize, nominé 2002 (mais non lauréat) figure dans le top 1000 des artistes contemporains à la 440ème place.

Ce qui veut dire qu’AUCUN des lauréats du prix Marcel Duchamp ne figure dans le top 1000.

En fin de compte, l’Adiaf est une association qui gagne à… ne pas être connue.

Et enfin, la liste de tous les artistes nominés pour le prix Marcel Duchamp:

La quintescence  donc de ce que le système français a pu produire de mieux depuis 20 ans en termes d’« artistes émergents sur la scène artistique internationale »…Rien que du posturo-conceptualo bidulaire pur jus de cerveau, qui remplit les FRAC , mais qui n’a aucune chance d’être reconnu par l’histoire de l’art. https://www.adiaf.com/artistes/

1 – Des vertus de la niaiserie

Cette même désarmante  et compacte niaiserie , feinte ou réelle, que l’on retrouve chez tous les grands capitaines d’art financiaro-contemporain, qu’ils soient institutionnels ou privés s’avère être une excellente arme de dissuasion ou blindage de protection qui les rend invulnérables ( s’ajoutant à la carapace de billets de banque qui les protège déjà) …En effet : quand on les attaquent, « on tire dans du mou » et les critiques, aussi violentes soient-elles, disparaissent dans une sorte de béance existentielle sans fond.

Arme de reconstruction massive

Nicole’s MuseuM

Œuvre: Bazil Duliskovich