QUOI DE PLUS ART-CONTEMPORAIN QU’UN BEL ALLOSAURE ? Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

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QUOI DE PLUS ART-CONTEMPORAIN QU’UN BEL ALLOSAURE ? 

Par Nicole Esterolle

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D’abord, ça ne se démode pas …et ensuite , c’est beaucoup élégant d’avoir une tête de dinosaure dans son salon qu’un balloon-dog de Koons (d’autant que les prix doivent être à peu près les mêmes)… Le supplément M du Monde, qui n’en rate pas une hebdomadairement dans le soutien à la modernité artistique, aux minorités opprimées et au progrès de l’intelligence humaine, nous offre cette semaine, parmi des dizaines de pages pub pour les fringues, pompes et montres de luxe, mélangées à des dizaines de pages de photos pourries sur les populations misérables de pays improbables ( souvent exclavagisées par les fabricants de ces mêmes produits de luxe… ces images de la misère mettant en outre en valeur la somptuosité des premières)… une page de couv, et un dossier sur ce nouveau phénomène de flambée des prix, en salle des ventes, pour le gros poulet fossilisé précambrien, que l’on voyait surtout dans les Musées d’histoire naturelle. (avec un colossalement subtil autant que perfide rapprochement entre les monstruosités gonflables de Koons et les énormes volailles naturelles du Jurassic-park)

Alors, que se passe-t-il ? Cette vogue pour le stégosaure, l’ichtyosaure, le tyrannosaure, l’ankylosaure, etc, sonne-t-elle le changement de paradigme post-covid ? Annonce-t-elle la déroute de l’art contemporain comme produit financier à fort rendement spéculatif ?

Qu’en pensent nos historiens – philosophes de l’art et nos critiques d’art conseillers auprès des banques de placement ?

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