Marché de l’art et opérations d’influence sur fond d’affrontements géopolitiques : le décryptage d’Aude de Kerros par Bruno Racouchot

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par Bruno Racouchot

« Si la guerre froide culturelle a été gagnée par une ruse sémantique, l’hégémonie américaine de l’art s’est installée grâce à une ruse financière. Dans leurs stratégies de domination, les deux jeux d’influence ont réussi à dévaluer les arts civilisationnels. » Spécialiste reconnue du monde de l’art, artiste elle-même, ayant sillonnée le monde par plaisir et pour y exposer ses gravures, Aude de Kerros est aussi connue pour ses analyses rigoureuses sur le marché de l’art, lequel a de tout temps été un vecteur-clé du soft power et des jeux d’influence dans la sphère complexe des relations internationales.

Dans l’entretien qu’elle m’a accordé, Aude de Kerros revient sur son dernier livre, Art contemporain/manipulation et géopolitique (Eyrolles, 2019). Elle montre que l’AC – l’art contemporain – est devenu « à la fois un outil de soft power et un produit financier. L’Amérique a besoin de faire connaître l’idéologie qui légitime l’AC : le multiculturalisme. » Mais ce totalitarisme feutré se heurte à la volonté de réenracinement des peuples. Le marché de l’art est ainsi, à l’échelle mondiale, le théâtre subtil de luttes d’influence d’ordre géostratégique.

Bruno Racouchot, directeur de Communication & Influence

 

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