CONNAISSEZ-VOUS LA FIAAC, FOIRE INTERNATIONALE D’ART ACTUEL DANS LES CHAIS EN POUILLY FUMÉ? Par Nicole Esterolle (Critique)

 Œuvre / Herve-Bourdin
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C’est une foire d’art exemplaire, car elle préfigure ce que devra être, après écroulement du monstrueux financial – art mondialisé, un système alternatif de reconnaissance des artistes et de l’art moins international et « contemporain », mais plus local et humain, plus viable et juste, mieux ancré dans les réalités… Autrement dit à l’inverse exactement de la FIAC de Paris, malgré la malicieuse similitude des acronymes.

Tous les ans, au village de Pouilly sur Loire (Nièvre), la FIAAC en Pouilly Fumé « célèbre le mariage du blanc et des couleurs », ou plus exactement de l’excellent vin blanc de Pouilly Fumé avec de l’excellente peinture en couleur. On y voit chacun des 15 vignerons participant à cette foire, qui dure 4 jours, accueillir dans son chai les toiles de l’artiste qu’il a choisi parmi ceux préalablement sélectionnés sur une centaine de candidats, par un jury d’artistes réunis autour des organisateurs.

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Œuvre / Liz-Escutia
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Cette manifestation, bien entendu ignorée et non labellisée par les instances culturelles officielles, existe depuis 7 ans sans subventions et avec seulement les droits très modiques de participation des artistes s’élevant au prix d’une nuit d’hôtel quand ils sont hébergés 5 jours chez le vigneron…

Echange sympathique et réciproquement enrichissant, dont les experts de la DRAC ne peuvent évidemment pas comprendre les vertus….( la région Bourgogne – Franche-Comté a refusé de donner une petite subvention au prétexte que la manifestation s’appelait « Foire » ! Le courrier de refus venait de Besançon, à 297 kms et 3h30 de route de Pouilly ! Il va de soi que personne de là-bas n’est jamais venu nous voir. Les instances régionales ne sont pas plus éclairées sur le local que les nationales. ) Un événement qui n’intéressent pas non plus les sociologues de l’art, semble-t-il, puisque la diva de cette discipline, Nathalie Heinich, vient de demander à la FIAAC de ne plus encombrer sa boite mail avec ses infos… Alors qu’on pourrait penser qu’un sociologue de l’art vraiment digne de cette appellation et lié à son sujet, serait éminemment intéressé par la FIAAC, comme expérience de reconstruction de lien social à travers l’art , et objet d’étude sociologique sous bien de ses aspects et angles d’analyse.

La centaine de peintres ayant exposé depuis le début de cette aventure, sont pour la plupart ceux que l’on voit dans le réseau des galeries prospectives, c’est à dire des artistes à forte identité picturale, qui, pour une bonne part, figurent dans le Nicolemuseum. * Ils figurent également sur la plateforme numérique « Grande Galerie d’Art Actuel en Pouilly Fumé » : https://grandegalerie.fiaac.fr/index.html qui vient d’être installée… avec 12 000 pages vues la première journée de mise en ligne.

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Trois prix sont décernés chaque année :

– Un prix Grand Prix est décerné chaque année par un jury de personnalités du monde de l’art à l’un des artistes exposants… – Un Prix Zeuxis est attribué à un couple artiste-vigneron – ou vigneronne – pour la qualité de l’exposition qu’ils ont monté ensemble. Zeuxis la étant ce peintre de l’antiquité grecque très connu à l’époque parce que les grappes de raisins qu’il peignait étaient si ressemblantes que les oiseaux venaient les picorer.

– Un Prix Dyonisos est parallèlement décerné par les artistes à l’un des vignerons…pour bien marquer cette fraternité qu’il y a entre l’art du vin et la peinture dans une même recherche de plaisir, de vérité, de transcendance et d’amour de la vie.

Oui, la FIAAC a donc ceci d’exemplaire et précurseur, en ce qu’elle est mise en œuvre de cette indispensable « désintellectualisation » de l’art, qui va à l’inverse de sa financiarisation et son internationalisation. (Mme Heinich la sociologue, devrait être attentive et sensible à cet aspect des choses, même si elle n’est pas critique d’art… ni amateure probablement.

 

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Le vin, en effet, n’a jamais pu être « conceptualisé »… On n’a jamais pu vraiment, au Ministère de la culture, installer une « délégation » aux arts vinicoles ou de la table, ni d’inspecteurs de la création viticole, pour subventionner les fabricants de piquette imbuvable, mais empaquetée d’un beau discours… Encore que : il y a bien eu petite tentative au FRAC –Alsace, qui avait acheté un arpent de terrain pour le mettre à disposition d’un jeune « plasticien émergent », afin que celui-ci plante une vigne et concocte un breuvage des plus toxiques, que personne n’a bu bien évidement, mais dont les bouteilles ont été acquises par toutes les collections de FRAC de France…. Encore que : on a bien eu de la cuisine sur-conceptualisée, dite « moléculaire » , mais qui a fait long feu malgré le soutien de la Dokumenta de Cassel et des réseaux financiers Art Contemporain, après qu’un certain nombre d’archi- riches et distingués collectionneurs s’eussent pris une épouvantable chiasse, sans même pouvoir protester publiquement, tant ils avaient honte d’avoir payé aussi cher leur purge intestinale.

La crise sanitaire fait que l’édition 2020 de la FIAAC-Pouilly Fumé doit être retardée d’un an….mais souhaitons que cet outil de reconstruction du sens, de ré-ensauvagement et d’assainissement de l’écosystème de l’art français, sorte renforcé de cette épreuve…. Comme sera renforcé le travail magnifique aussi de quantités d’organisations associatives du même type, maillant les territoires, dédiées à la reconnaissance de l’art vivant et libre, porteuses d’espoir en la possibilité d’une alternative à l’actuel système de l’inepte bureaucratico-financier.

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La Grande Galerie d’Art Actuel en Pouilly
Fumé a été imaginée et créée
par « Les Rendez-vous du Pouilly-Fumé ».
BP 17 – FRAC de France
contact@lesrdvdupf.org
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