LA PLUS IGNOMINIEUSE PERFORMANCE ARTISTIQUE DU SIÈCLE PAR NICOLE ESTEROLLE (BILLET D’HUMEUR)

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Ai-Weiwei

 

 

LA PLUS IGNOMINIEUSE PERFORMANCE ARTISTIQUE DU SIÈCLE

PAR NICOLE ESTEROLLE

 

La crise sanitaire actuelle contraindra-t-elle l’art dit contemporain à changer de paradigme… et à se purger de sa consubstantielle ignominie ?

 

Ai Wei Wei : vous connaissez forcément ce financial artist sino – américain, champion du monde de la charognardise sociétalo-engagée, reconnu planétairement et aux tréfonds de nos campagnes, pour sa façon de faire des montagnes d’argent, en récupérant et détournant à son profit les misères du monde et les catastrophes humanitaires les plus médiatisées déjà…

C’est lui qui est devenu très célêbre en introduisant symboliquement son doigt majeur dans l’anus de l’ex-leader Mao maximo chinois. Notoriété fulgurante qui s’est accompagnée d’une flambée d’admiration des ténors de critique d’art française affectés au Monde, à l’Obs, à Beaux-Arts Magazine ou aux Inrocks, et d’une flambée des prix de ses produits dérivés sur le marché spéculatif international. On l’a vu aussi se coucher sur une plage, devant une nuée de photographes de tous pays, pour évoquer la photo dramatique du cadavre cet enfant syrien réfugié naufragé échoué sur la grève ; on l’a vu empiler des cartables d’écoliers et des gilets de sauvetage dans quelque Dokumenta ou biennale d’art contemporain, rendez-vous de richissimes oligarques facteurs premiers des mêmes misères , et de quantité du menu fretin des directeur de FRAC ou de MAC.

Mais sa performance la plus ignoble, donc la plus férocement contemporaine et financièrement payante, c’est bien celle intitulée « Sunflower Seeds » de 2010, faite de 100 millions de graines grandeur nature (150 tonnes), réalisées en porcelaine (cuites à 1300°)et peintes à la main par les artisans chinois de Jingdezhen (2 ans et demi de travail pour 1600 artisans, à partir du kaolin des montagnes voisines) Ces graines ont tapissé le sol d’une salle de 1000 m2 de la Tate Modern de Londres en 2010 de telle sorte que les visiteurs pouvaient s’y déplacer, s’y vautrer ou s’y vautrer comme des porcs ( certains ont été gravement intoxiqués par les fines poussières émises par le frottement des céramiques entre elles ..juste punition) ….Mais qu’à cela ne tienne, les 150 tonnes de graines ont été vendus ensuite en sachets de 50, 100 et mille grammes dans les financial-gallery du monde entier et généré un somme probablement cent fois supérieure à celle ayant servi à rémunérer les artisans céramistes .

Il faut dire que cette oeuvre avait une telle charge humanitaro-symbolique, qu’elle méritait bien la montagne d’argent qu’elle a rapporté…En effet, pouvait-on lire sur le communiqué de presse : « les graines de tournesol renvoient à deux évocations complémentaires : une phrase et une image de la propagande chinoise appelant les gens du peuple à se tourner comme des tournesols vers le soleil de Mao, et le partage humain chaleureux des graines de tournesol, repas de base durant cette même Révolution Culturelle (1966-1976), période de grande pauvreté et d’incertitude. Les graines uniques et massives, comme leur réalisation, sont les symboles des individus et de leur puissance collective et l’image de leur devenir (graines). Ils renvoient également à l’image de la Chine, atelier à bas prix de production de masse pour le monde occidental avec les ouvriers dans un travail répétitif. »…Difficile d’aller plus loin dans le cynisme, la torsion du sens, la pourriture intellectuelle, et le manque de vergogne.

Mais le plus hallucinant est de voir encore, 10 ans après ces graines de tournesol, la même quasi-unanimité des mêmes experts de l’intelligentsia bien pensante gaucho-identitaire, critiques collabos et chroniqueurs spécialisés en art sur la presse papier française, pour vanter les vertus et le courage de ce « plasticien contemporain international » pourtant de l’ espèce la plus odieuse et terrifiante… les non-unanimes disruptifs ou dissidents étant ignorés de la « bonne presse chamalo », contraints au silence, ou restant muets car terrorisés devant la puissance du totalitarisme esthétique d ’Etat symbiotiquement lié à celui du « grand capital ».

On dit que la crise sanitaire actuelle pourrait avoir des effets salutaires, dont celui d’assainir l’économie et la finance mondialisées malades d’un ultralibéralisme aussi débridé que fatal pour la survie de la planète…une folie générale dont l’art contemporain international financier de type Ai Wei Wei en est l’un des plus toxique et monstrueux produits.

Dès lors, on peut se demander ce qu’il adviendra du marché de l’AC confronté à l’aqua-planning généralisé sur l’économie mondiale. S’ébahir d’admiration devant l’obscénité de graines de tournesol , d’un bouquet de tulipes ou d’un pneu de tracteur risque fort de passer de mode. A quelle vitesse va t-on voir se tarir les financements publics et privés des centres d’art contemporain? A quelle allure vont-ils fermer leurs portes ? Que faire alors des personnels affectés à cette « culture » de l’entre-soi dégénératif? Que faire alors des collections publiques et privées à 95% dépourvues de valeur artistique intrinsèque, car n’ayant d’autre valeur que celle procurée par un système désormais disqualifié et dévalorisé ?

Cette crise sanitaire, pourra-t-elle aussi être salutaire pour l’art et les artistes ?

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