L’ARTISTE MARC MARTIN OFFRE AUX INTERNAUTES SON DERNIER ESSAI « PROUST AUX TASSES » EN TÉLÉCHARGEMENT GRATUIT

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« Parce que le temps suspendu est propice à relire Proust entre les lignes »

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SUITE AU REPORT SON EXPOSITION « LES TASSES » PROGRAMMÉE À LAVALLÉE-BRUXELLES À L’OCCASION DE LA BELGIAN PRIDE 2020 (INTITALEMENT PRÉVUE AU MOIS DE MAI ET ÉGALEMENT REPORTÉE), L’ARTISTE MARC MARTIN OFFRE AUX INTERNAUTES SON DERNIER ESSAI « PROUST AUX TASSES » EN TELECHARGEMENT GRATUIT. 

L’EXPOSITION « LES TASSES, TOILETTES PUBLIQUES – AFFAIRES PRIVEES » À BRUXELLES AU CENTRE D’ART ALTERNATIF LAVALLÉE EST REPORTÉE À PARTIR DU 15 AOÛT ET COÏNCIDERA AVEC LES NOUVELLES DATES DE LA BELGIAN PRIDE 2020.
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Les pissotières de Proust : la tasse de thé de Marc Martin en confinement 

« Proust aux tasses » fait partie d’une série de fascicules édités en complément de l’ouvrage de Marc Martin « Les tasses, Toilettes publiques, Affaires privées » (publié à l’automne chez Agua et nominé pour le Prix Sade 2020).

La situation actuelle ne permettant pas de distribuer ces fascicules en librairies, l’artiste offre en ligne sur son site un libre accès au téléchargement du premier volume : « Proust aux tasses ». Parce que le temps suspendu est propice à relire Proust entre les lignes lance-t-il :

Plongé depuis des années dans l’histoire interlope des pissotières de Paris, j’ai rassemblé dans cet essai les traces que Marcel Proust y a laissées. Repoussant pour les uns et jouissif pour les autres, son ouvrage aux 3000 pages recèle en effet de « petits coins » détournés de leur fonction initiale. Relire Proust aujourd’hui avec la théorie d’un cryptage homosexuel, voire fétichiste, de certaines scènes, ouvre des portes sur d’autres planètes. Un comportement d’autant plus transgressif, à l’heure du confinement, que l’expérience n’est pas réservée aux seuls initiés – uranistes ou proustiens.

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Mes collages en découlent, copulatifs. Ils feront partie des nouvelles installations au centre d’art alternatif LaVallée à Bruxelles. À cause de la pandémie, l’exposition initialement prévue fin mai est reportée au mois d’août, pendant la Belgian Pride, elle aussi reprogrammée à cette date.

Mon retour aux fondamentaux ? Vous offrir un libre accès aux pissotières d’antan dénichées sous la plume de Proust. Le téléchargement de « Proust aux tasses » en PDF est garanti sans virus. Aux fétichistes du papier – parce que j’en suis – il aussi existe une brochure imprimée.

Marc Martin

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LIEN POUR LE TELECHARGEMENT :
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À l’heure de la crise sanitaire, les uns se ruent sur les rouleaux de papier WC. Tandis que d’autres, commodément confinés, se plongent dans Proust. Marc Martin, auteur du livre “Les tasses – toilettes publiques, affaires privées”, fait partie de ceux-là : il dévoile un penchant peu connu de l’écrivain.

«De Proust à prout il n’y a qu’une lettre». La boutade peut paraître gratuite, mais elle s’appuie sur une recherche qui met au jour un petit pan inédit de mur jaune. Intitulé Proust aux tasses, cet essai bourré de citations troublantes ouvre la voie à un champ d’étude qui, n’avait jusqu’ici pas eu l’heur d’être traité convenablement. On savait déjà que Proust avait des penchants homosexuels, même s’il s’en cachait. On savait aussi qu’il frayait les bordels pour hommes. Mais savait-on qu’il fréquentait les pissotières ? L’idée d’enquêter sur cet aspect peu connu de Proust vient à Marc Martin au détour de sa recherche sur les tasses, ces «petits coins» publics qui voient le jour au tournant du XIXe siècle et qui lui inspirent un ouvrage de 300 pages, récemment sélectionné par le Prix Sade avec dix autres titres (sera-t-il finaliste ? La réponse le 26 septembre prochain).

 

Pourquoi Proust fréquentait-il les tasses ?

En 2019, dans cet ouvrage consacré aux pissotières, Marc Martin ne livre que quelques indices sur le sujet. «Quel est donc le point commun entre une tasse (de thé) et le pantalon jaune (pisse) du Baron de Charlus – qui séjourne (inlassablement) dans la pissotière rue de Bourgogne ? Quel est le point commun entre un bout de pain (grillé) et l’odeur que donne aux urines cette tige (exquise) appelée asperge ? Le point commun, encore un, entre la place de la Madeleine (à Paris) et la fameuse madeleine (imbibée) de son enfance ?» Au vernissage de l’expo à Paris (1), choqué de voir la mémoire de Proust souillée par ces allusions, un journaliste puriste (ou puritain) met l’artiste en demeure de fournir des preuves. Voilà qui est fait, enfin presque. L’essai s’accompagne de collages délicieux et, depuis quelques jours à peine, il est en libre accès sur le site de l’auteur qui affirme : «je n’ai rien inventé, juste décrypté et rassemblé des réflexions savantes qui sont plus ou moins restées sous le tapis jusqu’ici». Il ajoute s’être beaucoup amusé en écrivant ce texte. Son enthousiasme sera-t-il contagieux ?

 

Alors la madeleine, trempée dans quoi à votre avis ?

La démonstration s’appuie sur l’argot même que les «invertis» élaborent dans les années folles pour désigner leurs lieux de rendez-vous : plutôt que pissotière, ils utilisent les mots «tasse» et «théière». «L’expression «prendre le thé» signifiait alors copuler ; “notamment entre homosexuels”, précise un dictionnaire d’argot. […] Outre Atlantique, cette pratique souterraine dans les toilettes publiques était connue sous le nom de «tearooming» (littéralement, faire salon de thé). Professeur de français à New York, Jarrod Hayes s’est penché sur la passion que Proust vouait ainsi aux salons de thé. Car le mot «thé» apparaît quatre-vingt-sept fois dans La recherche ! Un avant-goût des saveurs de ce thé copulatif. Dans Proust in the Tearoom, l’essayiste insinue que tous ceux qui prennent le thé «en sont» (dans le sens «sont au courant»).»

ÉCRIT PAR : Agnès Giard

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LaVallée (Bruxelles)
Rue Adolphe LaVallée 39,
1080 Molenbeek-Saint-Jean
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