ET SI, APRÈS LE CONFINEMENT SANITAIRE, LES ARTISTES SE DÉCONFINAIENT À FOND ? Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

Festins carnavalesques / Bernard Briantais
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Ne faut-il pas considérer cette crise sanitaire comme l’aboutissement logique de la folle dérive mondialisée de l’ultralibéralisme économique et financier…et de l’art dit contemporain délirant qui en est le produit ?

Une folie ravageuse de sens, qui a détruit les systèmes de reconnaissance de la vraie création, cassé les repères et les barrières immunitaires, disqualifié les critiques d’art libres et dignes de ce nom, fait disparaître les galeries prospectives au profit de celles de placement financier, disqualifié et paupérisé 95 % des créateurs de ce temps, les a repliés sur eux-mêmes et confinés dans leurs ateliers, quand, par ailleurs les imposteurs conceptualo-bidulaires et autres questionneurs sociétaux bidons , s’épanouissaient dans les FRAC et sur le grand marché spéculatif…

Alors, ne serait-il pas temps et envisageable, après la crise, et pour « qu’à quelque – chose malheur soit bon », de déconfiner les ateliers de les ouvrir au grand air et au grand public ? De faire par exemple des « vide-ateliers » comme on fait des vide-greniers » ? Non pas pour « brader la marchandise », mais pour montrer qu’elle existe dans toute sa richesse et sa diversité et qu’elle a survécu après des décennies d’occultation et de dévaluation institutionnelle?

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Les artistes risqueraient –ils vraiment de se dévaloriser, dans cette généreuse ouverture au monde réel qui les entoure ? Quel risque en effet de casser leur cote sur le marché, quand celle-ci est complétement ratatinée par 40 ans d’humiliation, de ringardisation et de disqualification systématiques des pouvoirs publics (qui complètent ainsi le travail du grand marché spéculatif) ?

Ne serait-ce pas l’occasion pour eux de se ressaisir, de se retrouver, de se revaloriser au fond, de réinventer aussi pour l ‘art, le circuit-court, le marché de proximité… de lutter contre la violence symbolique de cet art « contemporain » et son arrogant internationalisme … pour réhabiliter le modeste, le local, le vécu, le produit à saveur et à contenu ?

J’ai pensé à ça, après lecture de cet article de l’Echo Républicain que je vous joins. Car je crois que ce « vide-ateliers », ne doit pas être vu comme un acte de désespoir, mais au contraire comme un manifeste optimiste et une expérience pionnière réparatrice et porteuse d’espoir.

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Montrer la luxuriance de la création actuelle, pour mieux la sauvegarder
Ce diaporama du nicolemuseum.fr, c’est comme une plongée dans l’immensité fabuleuse de la création actuelle. Elle nous procure le même vertigineux plaisir que celui éprouvé par l’immersion dans certains fonds marins inexplorés, pour y découvrir toutes sortes d’organismes animaux et végétaux aux formes stupéfiantes , inimaginables, mais bien vivantes et fières de l’être…
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