À L’ENTERREMENT DU RIEN – L’AUTO-VANDALISME ET L’AUTO-DESTRUCTION DE NON-ŒUVRES….COMME ŒUVRE par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

 

 

 

À L’ENTERREMENT DU RIEN

L’AUTO-VANDALISME ET L’AUTO-DESTRUCTION DE NON- ŒUVRES….COMME ŒUVRE

par Nicole Esterolle

On ne nous l’avait pas encore faite celle-là, dans le registre « art de l’extrême »….Et bien voilà, c’est fait par l’artiste conceptuel français Loris Gréaud, que je ne connaissais hélas pas encore, mais bien connu des réseaux duchampo-bidulaires institutionnels, Inrocks, Palais de Tokyo et Cie, Lauréat du prix du Pastis Pouèt Pouèt Ricard en 2005, qui a enterré ad eternam 20 de ses œuvres » importantes » selon lui comme béances majeures du sens, en plein désert mexicain ….

On lit quelque part à son sujet :

« Son travail, qui résiste à la description et surtout aux catégorisations, laisse affleurer des thématiques métaboliques – dynamiques temporelles, mort et destruction, combustion ou énergie – et s’empare d’environnements architecturaux au profit d’une expérience spatio-temporelle s’inscrivant dans une œuvre globale qui serait la trajectoire entre ces œuvres. À la manière du vivant, son œuvre croît par-delà ses cadres en s’attachant davantage a ses processus de production qu’aux objets fixes »…Ben voyons Ginette !

Et voici le texte que cela a inspiré à mon ami Christian Noorbergen

Non-artistes de presque tous les pays, enterrez enfin vos œuvres!

Si vous suivez l’exemple sublime et sacrificiel de ce non-artiste enterrant ses non-œuvres, là, chers non-artistes, je vous pardonnerai d’avance de tout et pour toujours. Quel exemple sacrificiel de création absolue questionnant à l’infini le concept de disparition, et celui, tant attendu, de leurs non-œuvres ! Quelle prodigieuse et salutaire disparition de tous les encombrants fabriqués de la planète ! Et quel formidable héroïsme de laisser enfin place nette aux artistes de l’ombre et de la presque invisible création !

Qu’en dis-tu, ô grand Jeff ? J’imagine déjà tes lourdes tulipes enfin débarrassées de leur mocheté et oxygénant à jamais le monde d’en-bas. Resteraient quelques traces de nostalgie chez quelques grands kiritiks, voire quelque culpabilité chez quelques artistes sensibles au fait miraculeux que leur mise au grand jour viendrait de quelques gestes définitifs ( il y a trop de quelques, ndlr ). Ainsi les chantres ( et pas les chancres, ndlr ) de la disparition joueraient enfin un rôle actif, positif et heureux dans l’histoire fragile de la modernité artistique.

Christian Noorbergen

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