LA REPENTANCE POST-COLONIALE FRANÇAISE EN VEDETTE À LA BIENNALE DE VENISE Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

 

 

 

 

LA REPENTANCE POST-COLONIALE FRANÇAISE EN VEDETTE À LA BIENNALE DE VENISE 
Par Nicole Esterolle
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À la question « à quand un artiste franco-algérien à la Biennale de Venise ? », l’artiste Mohamed Bourouissa (1)( ami du rapeur castagneur Booba, émule de Sophie Calle et poulain de la puissante galerie Kamel Mennour) avait répondu : « Je n’y crois pas, les gens ne sont pas encore prêts. » … Et bien voilà : c’est arrivé !

On ne sait quelle instance ministérielle a fait ce choix pour le moins croquignolesque de Zineb Sedira artiste britannique d’origine franco-algérienne, de la financiale et internationale gallery Kamel Mennour , pour représenter l’art français à la foire aux élégances artistiques mondialisées de Venise.

Par ce choix, disent ces mêmes instances( on n’a pas encore les noms des personnes) : « la France adresse au monde un double symbole. Première rupture, avec le machisme : les artistes au féminin se comptent sur les doigts d’une seule main depuis… 1893. Seconde audace, l’affirmation d’une République diverse et ouverte au monde »…Ben voyons Ginette !

Il faut dire aussi que la maman et le papa de Zineb luttèrent âprement pour l’ indépendance de l’Algérie, et que, celle-ci enfin obtenue, ils émigrèrent prestement en France « pour offrir un meilleur avenir à leurs enfants …. », dont Zineb, qui, elle, sans tarder, « a élu domicile en Angleterre par amour »…

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Tout ça, admettons-le, est d’une implacable logique et en parfaite cohérence avec l’inepte et le n’importe quoi consubstantiels au grand art dit contemporain et/ou international…

Tout ça, admettons –le aussi, s’inscrit dans cette propension globale du politique français à la repentance vis à vis des pays colonisés par la France. Une repentance exploitée à fond par les indigénistes de la République, et autres décoloniaux intersectionnels, sous le regard attendri des frérots mahométants et des insoumis du duchampo-islamo-gauchisme culturel et artcontemporainolâtre.

La repentance peut rapporter gros. Elle est un ingrédient éminemment financiarisable dans l’’art contemporain. C’est avec elle que Kader Attia et Adel Abdessemed ont construit leur « œuvre », leur fierté d’être et leur notoriété … et c’est avec elle qu’ils ont enrichi leur mentor et collectionneur François Pinault.

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Je me demande donc pourquoi les « instances » ministérielles évoquées plus haut, n’ont pas choisi l’un ou l’autre de ces poulains vedette de Pinault, pour Venise, plutôt que cette obscure Zineb Sédira….Quand on sait que Mr Pinault, par l’intercession de Mr Aillagon, ex-ministre de la Culture, avait su imposer à la directrice du Musée d’Unterlinden, la présence blasphématoire des choses en fil de fer barbelé d’Abdessemed à côté du retable sacré de Mattias Grünenvald et pour le cinq-centenaire de celui-ci…Et quand on sait que Kader Attia aurait bien mérité cette consécration pour avoir ouvert « La colonie » un bistro-restau sympa et convivial , quartier général de l’intelligentsia « décoloniale », bien-pensante et repentante…un « rendez-vous des idées qui questionne l’héritage colonial ».

-1 Rappelons que le « Kid des Banlieues » Medhi Meklat, ( un pote à Mohamed Bourouissa probablement) avait été associé à la prestation de Laure Prouvost (fille de grand chef d’industrie) pour représenter la France à la Biennale de Venise 2019. Cette figure emblématique de l’indigénisme intersectionnel , animateur du très écouté Bondy Blog pour les jeunes de Banlieue, avait tweeté sous le pseudo Marcellin Deschamps, des propos orduriers, sexistes, racistes, misogynes et homophobes du genre : « Natacha Polony est une grosse pute dont je ferais bien mon mouton de l’Aïd », « Il faut casser les jambes à ce fils de pute de Finkielkraut », etc…Charmant garçon cependant pour la gauche identitaire plélénomélanchonesque qui le considérait comme le « porte-voix de la jeunesse des quartiers populaires », « à l’avant-garde d’une nouvelle génération venue de banlieue »

Martha Kirszenbaum, la commissaire déléguée pour Venise, disait alors de Medhi : « j’apprécie son écriture et son regard sur la banlieue et la jeunesse, et nous l’avons consulté avec Laure, dans le cadre de notre travail de recherche »…Cette Martha, est-elle dans le coup pour le choix de Zineb ????

 

Plus d’infos :
– Sur Zineb Sedira
– sur Mohamed Bourouissa

 

 

LA GAZETTE DE NICOLE 024
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