FRAC ET RAPPORT RACINE : UNE CRUELLE JUXTAPOSITION ! Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

Oeuvre / P’tit Marc – Nicole’smuseuM
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Voici la copie de cette page du monde du 25 01 20, où il est question du rapport Racine sur « le créateur, oublié des politiques publiques »…qui n’oublient cependant pas les FRAC, dont on voit une pub quart de page dans le bas à droite…

Une juxtaposition significative…Un sommet de cynisme et de cruauté quand on sait, que grâce aux FRAC justement , le Ministère peut se désintéresser, ignorer, mépriser, disqualifier 90% de la création plastique actuelle…

Autre cruelle coïncidence : On apprend que Bruno Racine , suite à son rapport sur la misère des artistes, vient d’être embauché par l’archi-riche François Pinault pour diriger son Palazzio Grazzi à Venise…:

Alors , à quoi bon ce fumeux rapport Racine, sinon à flouter les vrais problèmes, à occulter les vraies raisons de la paupérisation des artistes, et continuer à cacher les évidentes responsabilités de l’institution culturelle dans la situation désespérante des artistes et des galeries prospectives.

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Rien dans ce rapport :

– Rien sur le stupide et désastreux interventionnisme de l’Etat dans le champ de la création

– Rien sur cet « art d’Etat » et sur cette sorte de totalitarisme conceptualo-installationnisme qui l’inspire.

– Rien sur les méfaits de la radicalisation au duchampo-intégrisme dans les réseaux institutionnels. – Rien sur l’hallucinant et délirant enseignement en ENSBA.

– Rien sur l’incompétence qualifiante des fonctionnaires de l’art, sur leur insensibilité motrice.

– Rien sur le détournement du dispositif et de l’argent publics au profit d’intérêts privés et de la valorisation des seuls produits artistico « bankables »

– Rien sur cet entre-soi institutionnel générateur d’une ravageuse consanguinité dégénérative

– Rien sur la collusion entre hauts commis d’Etat et grands conservateurs de Musée avec les financial-gallery françaises à vocation internationale…

– Rien sur la pratique courante des conflits d’intérêts à tous les étages de l’appareil.

– Rien sur l’inutilité des syndicats d’artistes, fait de multiples factions corporatistes, « le nez dans le guidon » , plus ou moins corrompues par l’officialité de l’art, qui passent leur temps à s’entre – tuer, et à entretenir l’isolement des artistes et leur individuation.

– Rien sur les raisons de la démission de Remy Aron de la présidence de l’association Maison des Artistes – Rien sur le rôle contre-productif de l’ADAGP,et autres organicules bidons d’un autre âge.

– Rien sur l’alignement servile de la quasi totalité des revues d’art sur l’idéologie ministérielle et sur celle du grand marché

– Rien sur les ravages des maisons de ventes aux enchères, qui dévalorisent les artistes vivants (pour prolonger le travail de l’Etat) et survalorise les produits bankables (avec l’aide de l’Etat)

– Rien sur la question de savoir si cette violence symbolique, cette injure permanente et systématique au sens commun, à la morale collective, à la justice, à la nature des choses, à la démocratie, à l’environnement , à la biodiversité, à la beauté de la vie, qu’est l’art ministériel dit « contemporain » pourra s’installer durablement et nous narguer avec une telle arrogance…Fort du soutien par défaut que lui apporte en plus ce rapport Racine ?

Non , la création n’est pas malheureusement dans « l’angle mort »des politiques publiques, elle au contraire la cible centrale pour leurs actions de désertification du pays depuis 40 ans.

Une juxtaposition significative…Un sommet de cynisme et de cruauté quand on sait, que grâce aux FRAC justement , le Ministère peut se désintéresser, ignorer, mépriser, disqualifier 90% de la création plastique actuelle…

 

 

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Si vous voulez lire le rapport Racine :

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