Qu’est ce qu’on fait Maintenant qu’on Est contents – Diego Wiego / Galerie Valeria Cetraro (FR)

Diego Wery, Ho, pauvre plante, huile sur toile, 115 x 160 cm, 2016

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Du 25 janvier au 22 février 2020 
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Vernissage
25.01.20 
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La galerie Valeria Cetraro est heureuse de présenter le travail pictural de Diego Wery (Belgique, 1993) rencontré alors qu’il était encore étudiant à La Cambre à Bruxelles en 2016. Il présentait à l’époque l’installation Construire une ruine, ensemble de sept peintures sur pieds dont disait-il:

« Chaque peinture est une image mentale d’une sculpture et l’ensemble du dispositif est une image mentale d’un tableau. »

Sa peinture, bien que figurative, se construit en un savant mélange d’aplats de couleur et de moments plus dessinés qui visent à faire sortir ses personnages du champs de la représentation. Ce sont des fenêtres qui s’ouvrent sur un autre monde. Les sujets, issus de l’histoire de l’art classique avec une affection particulière pour le maniérisme italien-, autant que de la culture populaire la plus actuelle, relèvent d’une intuition sensible. Ses « collages » de références trouvent un espace homogène dans le travail de la peinture. Il ne s’agit pas de citations, ce mélange d’images tend vers une forme d’irréalité, l’emploi du flou et la maitrise de l’imprécision participant de la construction d’un vocabulaire davantage poétique. L’artiste favorise une libre interprétation des symboles contenus et fait la part belle aux impressions du regardeur.

Pour sa première exposition personnelle, Diego Wery investit l’espace de la galerie Valeria Cetraro avec une sélection de toiles de divers formats d’où surgissent des personnages aux regards troublants, qu’ils fixent directement le visiteur ou qu’ils s’en détournent. Ce choix offre une perspective sur l’évolution de son travail autour de la figure humaine, entre monde onirique et espace métaphysique. Chaque personnage aux corps chatoyants semblent tout droit sorti d’un rêve, un rêve doux par le choix et l’harmonie des couleurs et la touche picturale ronde, mais un rêve torturé par l’inscription d’éléments venant perturber la quiétude de l’image. Ici une plante traversant la trachée de notre observateur au visage bleu, là un chien sur les genoux de son maitre considérant un phallus mou surplombant le baton que ce dernier tient dans la main, ou bien encore cet être hybride unicorne enseignant de sa main un autoportrait de l’artiste. Nous sommes perdus, égarés entre volupté et effarement. Dès lors, tout se joue à travers les regards posés sur nous, et sur ces objets d’une inquiétante étrangeté, reflets de nos rôles d’acteurs sociaux, de l’évolution de notre condition à travers les âges, tout autant que sur le regard que nous y portons. Diego Wery nous propose une réflexion sur le temps, la contemplation d’un reflet du passé dans un miroir du présent, ainsi qu’à repenser le rapprochement entre le monde de la représentation et celui de la présentation. *Pour accompagner ses toiles, Diego Wery a choisi un texte du poète belge Werner Lambersy (1941-) dont la lecture permet d’éclairer aussi bien ses préoccupations que les enjeux de sa peinture. Le titre de l’exposition, phrase introductive de ce poème, et dont l’ironie flagrante ne fait qu’accentuer l’ambiguïté interprétative entre satisfaction et remise en question, nous pousse a poser un nouveau regard sur nos identités propres et la façon dont nous les donnons à voir… donc à penser.

Nicolas de Ribou

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Diego Wéry est né en 1993. Il vit et travaille à Bruxelles. Il a étudié à La Cambre. Il présente sa première exposition personnelle à la Galerie Valeria Cetraro (Paris) en janvier 2020. Il est actuellement en résidence à la Fondation « Carrefour des Arts » (Bruxelles). Il a participé à de nombreuses expositions collectives, notamment « Images manquantes », à la Galerie Valeria Cetraro (ex. Escougnou-Cetraro) (Paris) en 2018, « Expo in: Balises » (Tourinnes, Belgique), « Le rose était presque kaki » (186 avenue Louise, Bruxelles) en 2016, « Show » (Botanique, Bruxelles) en 2015. La même année, il a participé au workshop « Un plan commun » avec l’ENARTS, La Fokal, Port-Au-Prince, en Haïti.

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Galerie Valeria Cetraro
16, rue Caffarelli,
75003 Paris .
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