QUI A CRAMÉ L’IGLOO DU BAPTISTÈRE SAINT – JEAN, À POITIERS ? Par Nicole Esterolle

Achilleas Souras a fait un montage Photoshop de ses igloos

sur une plage pour les mettre dans leur contexte. 

Photo / 2 : Le Figaro

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QUI A CRAMÉ L’IGLOO DU BAPTISTÈRE SAINT – JEAN, À POITIERS ? Par Nicole Esterolle
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Voici donc un nouvel acte de vandalisme envers une œuvre d’art « contemporain ». Cela s’est passé à Poitiers, où l’igloo en question, constitué de gilets de sauvetage de migrants et réalisé par l’artiste grec Achilleas Souras, a été nuitamment incendié. Le maire de la ville a aussitôt porté plainte et déclaré « brûler une œuvre d’art est odieux et pas digne de Poitiers ».

Mais ce fait divers, pour être « local », doit néanmoins être placé dans un contexte plus large de géopolitique mondiale de l’art dit contemporain, si l’on veut en comprendre l’entière signification.

En effet, chacun sait maintenant, depuis que le sino-financiaro plasticien Ai Weiwei en a répandu et codifié planétairement la pratique, que la récupération des misères du monde ça peut rapporter gros en termes de notoriété et donc d’argent, quand c’est introduit sur le marché international de l’art dit contemporain. ..Autrement dit : les archi-riches savent qu’avec cet art-là, ils peuvent s’enrichir en toute bonne conscience des misères qu’ils ont eux-mêmes causées à l’humanité dans leur folle course au profit… et , par la même occasion, ils peuvent blanchir lucrativement la noirceur de leur âme, se laver de toute honte et s’absoudre de toute culpabilité.

On connaît les tulipes de Koons dédiées au victimes du Bataclan…On connaît l’oeuvre murale de Bansky dédiée aux migrants de Calais (bientôt arrachée, elle vaudra quelques millions de dollars sur le marché). On connaît le défilé – performance londonienne de Ai Weiwei et Anish Kapoor, en soutien aux migrants de Méditerranée. On connaît l’art de repentance décolonialiste de Kader Attia et Adel Adessemed dont raffole l’oligarque Pinault. On connaitra bientôt l’emballage de l’Arc de Triomphe par Christo, (commandé par Christophe Girard, ex-directeur de marketing chez LVMH et aujourd’hui chef du marketing culturel pour la Ville de Paris) et dédié aux Soldats Inconnus mort pour la France…On connaît les milliers d’œuvres sociétalo-engagées de post-diplômés de nos Ecoles d’Art, choisies par nos très compassionnels fonctionnaires de l’art pour occuper la moitié des FRAC et autres collections publiques françaises.

Alors voilà qu’en plus, nous arrive, sur ce juteux marché international du commisératoire artistique, le jeune artiste grec Achilleas Souras (19 ans), qui propose des dômes multicolores de plus de 5 mètres de haut, faite de gilets de sauvetage qu’il a ramassés sur les plages. Son idée motrice, qui est que «ce qui offre une protection dans l’eau peut devenir un abri sur terre » est d’une fracassante niaiserie, mais elle a plu à quantité d’établissements voués à l’art financiaro-contemporain à travers le monde, dont le MoMA de New York, le musée de Demain de Rio de Janeiro , le MACAM de Beirut, qui ont exposé ses igloos.

Elle a beaucoup séduit également les agents culturels municipaux très gaucho-progressistes de la ville de Poitiers, qui ont cru bon de placer le tas de gilets multicolores juste devant le Baptistère Saint Jean, l’un des plus anciens monuments chrétiens dont l’origine remonte à la deuxième moitié du IVe siècle, début du Ve siècle… Ce téléscopage historique était selon ces autorités artistiques pictaves, d’une exceptionnelle puissance expressive, dont il convenait de se féliciter esthétiquement, mais aussi électoralement.

L’enquète est ouverte pour trouver les auteurs de cet attentat. La police ne privilégie comme d’hab. aucune piste, et, parmi ces pistes non-privilégiées, nous avons :

1 – la hargne anti-art contemporain résiduelle dans toutes les provinces française et qui peut se réveiller à la moindre étincelle provocatrice.

2- la colère des catho-intégristes pictons, devant cet igloo incongru qu’ils considèrent comme une injurieuse grossièreté envers le Baptistère Saint –jean, ce trésor patrimonial de la chrétienté française.

3 – ou bien- comble de la cocasserie – un groupe de soutien aux migrants qui voit cet opération igloesque , comme une abjecte instrumentalisation à des fins politico-électoraliste de la cause qu’il défendent….On a d’ailleurs eu récemment semblable retour de manivelle à Douala au Cameroun, où l’artiste conceptualo-postutale ministérielle Sylvie Blocher ( un modèle du genre) avait placé une statue pour s’excuser de la colonisation française du Cameroun…Laquelle statue d’elle-même fut prestement détruite par les camerounais eux-mêmes, qui y ont vite vu la grosse manoeuvre auto-promotionnelle de l’artiste et l’entourloupe néocolonialiste sous-jacente.

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« l’ABC de l’Art dit Contemporain »
 aux éditions 
Jean-Cyrille Godefroy.
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