Le CHU de Rouen se paie pour 100 000 euros une fresque de l’artiste institutionnel Olivier Nottellet… Par Nicole Esterolle (billet d’humeur)

 

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Le CHU de Rouen se paie pour 100 000 euros une fresque de l’artiste institutionnel Olivier Nottellet…

Par Nicole Esterolle

…un coût exorbitant qui fait désordre et colère, quand l’hôpital souffre cruellement d’insuffisance budgétaire chronique dans tous ses secteurs d’activité.

 

Olivier Nottellet, auteur de la fresque , « Commandée dans le cadre du programme national culture et santé », est le parfait spécimen d’artiste de cour ou de réseaux, le pur produit et agent de l’appareil institutionnel, parfaitement conforme aux critères esthétiques de celui-ci. Vivant et travaillant entre Lyon, Paris et New York, cet artiste donc « émergé sur la scène internationale » cumule également les fonctions de professeur de dessin à l’ENSBA de Lyon, d’artiste régulièrement acheté par les FRAC et autres collections publiques à travers sa galerie parisienne de « niveau international », de membre de multiples jurys et instances et commissions de distribution de la commande publique et d’attribution des subventions.

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Il est ainsi un agent multi-casquettes, de l’art « contemporain » et international, un rouage d’une mécanique hors – contrôle et fermée sur elle-même, parmi quantité d’autres apparatchiks qui la peuplent et qui se multiplient par cooptation, tous plus ou moins virtuoses du conflit d’intérêt, du « juge et partie » et de l’arrangement entre copains des circuits ministériels, DRAC et FRAC, des circuits privés et de la critique d’art professoralement alignée.

La question centrale est donc de savoir quand, comment, pourquoi, s’est faite l’attribution de ce chantier « Culture et santé » à l’artiste Nottellet. Qui est à l’initiative de cette « fresque »? Quelles ont été les instances concernées de choix et d’évaluation pour cette commande publique? Quelles ont été les connections activées ? Quelles ont été les dates des réunions , les personnes présentes ? Les compte-rendus des délibérations de ces commissions ? Etc….Autant d’informations qui, dans un système respectant la transparence démocratique, pourraient être obtenues par tout journaliste d’investigation, soucieux faire comprendre comment ça se passe dans l’appareil d’Etat pour ce qui est du « soutien à la création » et de la « santé par la culture post-languienne »

 

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Autre question : pourquoi ne pas avoir choisi un bon peintre français, moins institutionnalisé, intellectualisé et financiarisé, plus modeste en quelque sorte, pour cette réalisation, mais plus satisfaisant sans doute quant -au résultat , qui se serait contenté de 10 000 euros…en laissant donc 90 000 euros à l’association s’occupant de l’accueil des familles d’enfants malades…par exemple…ou bien à l’Association « Pièces Jaunes » présidée maintenant par Brigitte Macron…

Extrait d’un texte de présentation de l’artiste : « Olivier Nottellet élabore un système de correspondances entre l’aplat et l’espace, entre le fictionnel et le réel, entre la représentation et la matérialité, qui d’emblée questionne les présences de l’œuvre et du spectateur.

Résolument positionnée dans l’entre-deux, cette œuvre joue sur l’équilibre autant que sur le basculement, elle semble préférer la dynamique de l’instable à la paresse de la certitude et s’active alors dans de constants allers-retours »…Pour dire le haut niveau de cérébralité discursive accompagnant la froide, minimaliste et très aseptique picturalité de l’œuvre …Pour dire sa parfaite conformité à la « pensée artistique » d’Etat …Le tout justifiant de façon imparable le prix élevé de sa prestation… et la probabilité de sa candidature à l’Académie des Beaux-Arts pour qu’il puisse y rejoindre ses éminents collègues Bustamente, Hyber et Othoniel.

J’ai joint les images de deux travaux de l’artiste, « Bivouac » et « la râleuse, chaise de bureau », qui, le moins qu’on puisse dire, « questionnent les présences de l’œuvre et du spectateur »… faute de pouvoir se questionner plus profondément elles-mêmes sur leur propre raisons ou déraisons d’être là ou ailleurs….ou nulle part.

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Plus d’infos :
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1-L’article dans Paris-Normandie
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2- L’article de Marianne.fr:
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3 – Capital
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4-Cnews

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« l’ABC de l’Art dit Contemporain »
 aux éditions 
Jean-Cyrille Godefroy.