Mort de Francisco Toledo, grand artiste mexicain philanthrope anti-international et « anti-contemporain » Par Nicole Esterolle

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Francisco Toledo

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Mort de Francisco Toledo, grand artiste mexicain philanthrope, anti-international et « anti-contemporain » 

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Par Nicole Esterolle

Précurseur du nécessaire et inéluctable retour de l’art au local, à la modestie, au respect de la diversité créatrice, au circuit-court, au contenu, à la générosité…Francisco Toledo a eu une démarche exemplaire en ce sens , qui pourrait inspirer les politiques culturelles françaises dans leur recherche d’une alternative au ravageur duchampo-burénisme encore dominant.

Après avoir acquis une renommée mondiale, il se réinstalle à Oaxaca, pour se consacrer à l’animation de la vie culturelle locale. Il fonde des ateliers, une maison d’édition, des bibliothèques, une centre dévolu à la photographie, un cinéclub, un jardin ethnobotanique…En 1988 il crée l’Institut des arts graphiques d’Oaxaca qui abrite une collection exceptionnelle d’œuvres dignes d’un grand musée latino-américain….Sans compter les nombreuses bourses artistique et scolaires financées sur ses fonds propres… Il défendait aussi avec ferveur la cause indigène et celle de l’environnement.

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Francisco Toledo, le 29 janvier 2015, à Mexico. ALFREDO ESTRELLA / AFP

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La mort du peintre et sculpteur mexicain Francisco Toledo Promoteur culturel engagé, l’artiste, dont les œuvres ont été exposées dans les plus grandes capitales, défendait avec ferveur la cause indigène et celle de l’environnement. Il est mort le 5 septembre, à l’âge de 79 ans.
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Par Frédéric Saliba

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C’était l’un des plus grands artistes mexicains. Ses peintures, sculptures et céramiques, parcouraient le monde, exposées à Paris, New York ou Tokyo. Lui vivait modestement sur la terre de ses ancêtres, indiens zapotèques, au sud-ouest du Mexique. Francisco Toledo est mort, jeudi 5 septembre, à Oaxaca, capitale de son Etat natal du même nom, des suites d’un cancer à l’âge de 79 ans.

Depuis, les Mexicains sont venus en masse lui rendre hommage au Palais des beaux-arts de Mexico et à l’Institut des arts graphiques de Oaxaca, saluant son talent foisonnant mais aussi sa générosité. Promoteur culturel engagé, Francisco Toledo défendait avec ferveur la cause indigène et celle de l’environnement. L’exposition, intitulée « Toledo Ve » (« Toledo voit »), qui présente à Mexico plus de 600 de ses œuvres, prend désormais des airs de commémoration.

Simple et discret, cet homme à la barbe blanche et aux cheveux bouclés fuyait les trompettes de la renommée. Un de ses tableaux, « Tortuga poniendo huevos » (« Tortue pondant des œufs »), s’était pourtant vendu, fin 2018, à plus de 1 million de dollars (plus de 905 400 euros) chez Christie’s, à New York. Coyotes, crapauds, iguanes, sauterelles, scarabées… Les animaux, insectes et autres squelettes, peuplent son univers créatif aux tons chauds, mêlant art et artisanat. Une esthétique de la nature, anthropomorphique, fantastique, parfois érotique, qui sublime les traditions d’une civilisation indigène millénaire. Suite de l’article (ici)

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