À LYON, LE CALAMITEUX BUREN EXACERBE LES TENSIONS par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

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Le Maire de Lyon (à gauche) avec Buren
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Ce n’est pas la IV ème république qui a fait Georges Braque, mais c’est bien la V ème qui a fait Buren….

Et si Georges Braque a rapporté beaucoup à la République, Buren, lui, l’a surtout abimée et appauvrie à tous égards…

Car le funeste « anartiste » est , par essence même, un « produit politique » né de la coalescence intello-culturelle Mitterrand-Lang, au début des années 80, et qui, depuis, a empoisonné toute la politique artistique institutionnelle, y compris à Lyon, à travers celle, pourtant droitière, de Michel Noir.

Et c’est pour cela, qu’il n’est pas étonnant que nous le retrouvions , 40 ans plus tard, au bout de sa trajectoire dévastatrice, comme élément important d’une polémique lyonnaise d’ordre purement politique… avec cependant cette différence qu’aujourd’hui, la carte Buren, devenue patate chaude, risque d’être terriblement contre-productive pour la personnalité politique qui le soutient.* Or ici, le politique en question n’est autre que Gérard Collomb, maire de Lyon, qui se voit très handicapé dans sa course à la réélection à la métropole , du fait d’avoir faibli face au redoutable procédurier de l’art, cédé aux coups boutoirs de son armée d’avocats….et dégagé 4 millions d’euros d’argent public pour la réparation des dégâts causés par Buren lui-même et par son comparse l’architecte Drevet , sur la place de l’Hôtel de Ville .

Alors bien sûr, tout cela est assez calamiteux en termes d’image pour le maire de Lyon , plutôt bon par ailleurs .

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Les fameux poteaux, qui ont fait, par leur caractère in situ,
que la place entière devienne « propriété intellectuelle » de Buren.

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Alors bien sûr, cela devient semble-t-il un bon angle d’attaque de la part de son concurrent David Kimelfeld , actuel président de la Métropole et qui entend y rester..* Alors bien sûr, certains subodorent quelque malice sous-jacente dans la polémique déclenchée par le vice-président vert de la Métropole, allié EELV de Mr Kimelfeld,

Cet élu vert demande en effet, dans un entretien paru dans le mensuel Lyon-Capitale, qu’on cesse d’avoir peur des menaces de Buren et qu’on plante des arbres, que cela lui plaise ou non. Ils seraient placés au lieu de ses hideux poteaux de ciment rayés, pour embellir et rafraîchir la Place, devenue une fournaise à cause du délirant bétonnage qu’il a réalisé avec son ami architecte et la boite d’affairisme politico-culturel local.

Il pense que si Buren attaque les arbres en justice, il sera débouté comme il l’avait été quand il avait fait procès à un petit éditeur de cartes postales qui avait publié une image de la Place des Terreaux où l’on apercevait ses poteaux et ses rayures…Comme si la place tout entière devenait œuvre et « propriété intellectuelle » de l’artiste Buren.

Il rappelle aussi qu’en 1991, lors du concours pour le réaménagement de la Place des Terreaux, il y avait 5 projets, et que l’un de ces projets prévoyait une allée végétale avec 2 rangées d’arbres à l’emplacement actuel des susdits poteaux….Il demande au nom de quelle idéologie tordue de la laideur comme signe de distinction on a choisi le pire des projets et quels ont été alors les décideurs impliqués dans cette injure à l’environnement.

Enfin bref, on va bien voir ce à quoi cette petite guerre fratricide va aboutir…Mais qu’à cela ne tienne, car l’ aspect le plus intéressant de cette polémique caniculaire , c’est qu’elle a permis que, pour la première fois en France depuis quarante, un élu ose attaquer Buren , son oeuvre ravageuse et tout le système politico-culturo-affairiste qu’elle implique. Alors louons ce divin cagniard de l’été 2019 , qui aura permis qu’un élu ouvre une brèche dans l’omerta qui tient tous les hommes politiques de ce pays, muets de terreur dès qu’on leur parle de cet art dit contemporain et plus spécialement de Buren, dont ils savent pourtant bien tous, que l’hyper-visibilité que lui a donné la puissance publique, occulte la richesse et la diversité de la vraie et libre création actuelle, pour laisser libre court aux malfaisances spéculatives de tous ordres. Ils savent aussi que la malfaisance burénienne va bien au-delà du seul champ de l’art, comme un des acteurs de l’effondrement annoncé de notre civilisation.

Et puis, il est remarquable et significatif que ce soit un élu écologiste qui ouvre cette brèche dans ce totalitarisme artistique d’Etat, qui est en opposition absolue avec la biodiversité artistique, parce qu’en collusion structurelle avec les réseaux du financial-art, eux –mêmes articulés avec les très prédatrices puissances d’argent, pollueuses en tous genres, destructrices du sens, de la biosphère, des abeilles et de l’humanité.

Et c’est pour cela que l’arrivée d’ arbres bien vivants au lieu du béton mortifère burénien sur la place des Terreaux à Lyon, deviendra un événement à forte et universelle valeur symbolique, comme une victoire du sens, du contenu, de la morale, de la vie , de la liberté, de la beauté, de la justice, des oiseaux et des insectes et de l’oxygène sur le bioxyde de carbone, sur le non-sens, le non-art, le contre-nature, le cynisme, la cupidité, l’arrogance, la laideur et la bêtise glyphosatée, comme signes de distinction et outils de communication des forces dominantes.

La déburénisation de la Place des Terreaux pourrait être annonciatrice du sauvetage de la planète, par l’extraction de l’humain des griffes de la logique de profit politique et/ou financier. Ainsi Lyon, grâce à cette tragédie esthétique des poteaux buréniens, et parce qu’à quelque-chose malheur est bon, pourra être à la pointe d’un grand changement de paradigme.

Un changement qui pourra s’inscrire vertueusement dans un projet de société et un autre système de valeurs moins conceptuellement bétonné, arrogant et plus humain… Impliquant la mise en œuvre d’une nouvelle organisation sociale et culturelle indispensable pour la survie des écosystèmes de tous ordres, et libérée du joug de cette idéologie de profit et de folle croissance économique, pollueuse, dangereuse pour la survie de l’espèce humaine, vide de contenu vivant et artistique…Une idéologie mortifère dont Buren est le produit, le vecteur et la plus tragique expression.

 

L’article de Lyon Capitale :

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