Performance au Centre d’art de pougues et Contre-culture Par Marc Verat (Billet d’humeur)

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La « Contre-culture », avec comme référence un retour sur l’Image et la Peinture des grands classiques : Jean-Léon Gérôme, William Bouguereau et Lawrence Alma-Tadema

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Une performance artistique est une action entreprise par un ou plusieurs artistes devant un public. La démonstration peut être présentée accompagnée d’éclairages, de musique ou d’éléments visuels réalisés par l’artiste, seul ou en collaboration, et produite dans des lieux les plus divers, des galeries d’art aux musées en passant le plus souvent par les Centres d’art, comme ici à Pougues-les-Eaux. Ladite performance peut être unique ou bien réitérée, s’appuyer ou non sur un scénario, être improvisée ou avoir fait l’objet de quelques répétitions.

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La performance est, par essence, un art éphémère essentiellement connu par ses traces laissées par des photographies, parfois des films ou autres témoignages écrits, qui peuvent faire également objet de commercialisation. Bien que l’idée de performance soit présente dans les deux cas, il faut distinguer la performance en direct de celle en différé. La photographie, la vidéo, le film, l‘enregistrement sonore et certaines formes de sculpture sont souvent le support d’œuvres où la performance est en différé. Dans ce cas il ne s’agit pas seulement de documentation mais de véritables performances réelles, note la spécialiste Chantal Pontbriand.

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Le principe des manifestations d’art contemporain ne change pas depuis 40 ans et reste toujours aussi incompréhensible ! Toute forme d’objet, pour suivre l’idée de Marcel Duchamp, peut devenir artistique si le monde de l’art le présente comme tel, avec grands renforts de textes, de théories et de marketing culturel. La créativité n’exprime plus rien ou pas grand chose et l’art contemporain semble se contenter d’un narcissisme superficiel.

Ce réseau de l’art se veut tolérant, pourtant il conteste systématiquement les formes de créations hors de ses propres critères et refuse toute critique… Aujourd’hui et pour reprendre un vocable à la mode des années 60 la « contre-culture », c’est-à-dire la réaction à l’art contemporain établi, se trouve sur Internet.

Ce terme « contre-culture » décrivait le mouvement d’opposition à la culture dominante qui s’est principalement développé aux États-Unis et au Royaume-Uni, puis qui s’est répandu dans la plus grande partie du monde occidental entre 1960 et un peu après 1970. Durant les années 60, des tensions générationnelles prennent corps au sein de la société américaine vis-à-vis de la guerre du Viêt-Nam, des relations raciales, des mœurs sexuelles, des droits des femmes, de l’autorité, des drogues ou des interprétations du rêve américain. De nouvelles formes de culture émergent, notamment avec la pop des Beatles et la montée de la culture hippie…

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C-CHAPLIN-Pougues-v
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Alors face au « cultural power », la nécessité d’une « contre-culture », d’un Manifeste ? Le deuxième conflit mondial a fait des États-Unis une superpuissance économique, militaire et politique qui découvre aussi l’influence du « cultural power ». Dès 1946, le ministère des Affaires Étrangères des États-Unis participe au financement de deux grands programmes d’expositions de peintures, vitrine de l’excellence de l’Art américain, amenées à voyager en Amériques du Sud et surtout en Europe. Afin de promouvoir ladite excellence, le sénateur Fullbright établit parallèlement un programme de bourses qui permet à des milliers d’intellectuels d’effectuer le « Grand tour » américain pour admirer sa richesse culturelle.

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Marc Gerome-au-Centre-d-Art
Marc Bouguereau-et-la-contre-culture
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Il s’agit par exemple pour le « cultural power », d’affirmer et d’établir l’émergence d’une nouvelle école spécifiquement américaine : l’Expressionnisme abstrait avec J.Pollock, M.Rothko, A.Gorky… Cette école qui reste une construction étroitement liée au contexte de la guerre froide sera soutenue par des fondations, des musées, des universités. Le Rockefeller Brother Fund et le Musée d’Art Moderne de New-York ont ainsi largement promu en Europe le Nouvel Art en organisant nombre de publications et expositions. Cependant et afin d’être totalement crédible pour asseoir la dimension internationale des expositions, quelques rares artistes européens bénéficieront également du soutien américain.

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Marc Bouguereau-et-la-contre-culture
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A un interlocuteur qui critiquait l’enseignement de l’École des Beaux-Arts, Gérôme rétorqua avec malice qu’il est sans doute bien plus aisé d’être incendiaire que pompier. Gérôme en vieillissant devint le symbole de la réaction. Le triomphe de l’avant-garde qu’il avait combattue devait lui être fatal : il connut une éclipse de près d’un siècle, sort qu’il partagea d’ailleurs avec ses collègues de l’Institut.

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Marc Lawrence-Alma-Tadema
Marc Bouguereau-et-la-contre-culture

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LE LIT DE TRACEY Une illustration aussi parlante qu’amusante des voies ambiguës et tortueuses de la reconnaissance, qui montre que le Libéralisme peut aussi soutenir les mêmes formes d’art que les administrations publiques. L’art contemporain se situe quelquefois étonnamment proche de la mise en scène, mais naturellement sans jamais atteindre les moyens d’Hollywood. L’installation-mise en scèneperformance, le plus souvent dépouillée et composée d’objets hétéroclites, constitue encore à l’heure actuelle la condition sine qua non permettant d’obtenir une distinction.

En octobre 1999, The Guardian écrit :

Tracey a été appelée d’urgence à la Tate Gallery de Londres pour réinstaller son lit. Un lit aux draps tachés par l’urine, auprès duquel on trouve une petite culotte maculée de sang, un test de grossesse, des préservatifs usagés, des plaquettes de pilules contraceptives, des bouteilles de vodka et des serviettes hygiéniques. Dans ce lit, Tracey Emin a vécu huit jours très pénibles après avoir été laissée par son ami. Comme exutoire, elle décida alors de le conserver, tel quel, sous forme d’installation, pour ensuite le proposer au Turner Art Prize et remporter le prix de 200 000 F.

My Bed, d’après les personnes autorisées du musée est une oeuvre forte, de vérité, qui souligne une innocence sous-jacente… Mais ce point de vue n’a semble-t-il pas totalement convaincu les deux artistes chinois qui, ce dimanche 24 octobre à la Tate Gallery, ont malicieusement sauté sur My Bed pour engager une bataille de polochons.

Le prestigieux prix Turner est régulièrement réévalué.

En 2001, un chèque de 300 000 F a récompensé la réalisation d’art contemporain la plus séduisante de l’année.

C’est Martin Creed qui remporte le célèbre prix. Son oeuvre montre une pièce avec des murs blancs et, au plafond, l’incontournable néon qui s’allume et s’éteint. Un panneau stipule que l’oeuvre a été réalisée par un artiste issu d’une des écoles d’art les plus réputées de Londres. Cette année là, le jury composé notamment du directeur de la Tate et d’un conservateur du MoMA à New York explique : le court-circuit de Martin Creed est une proposition audacieuse, ambitieuse et rafraîchissante… Charlotte Prodger, primée en 2018, a quant à elle reçu la somme de £ 25 000, soit environ 28 000 € et a également été choisie pour représenter l’Écosse à la Biennale de Venise.

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