Le Ministère de la Culture – un bilan / Marc VERAT (Billet d’humeur)

 

André Malraux
écrivain, aventurier, homme politique et intellectuel français.
1901-1976 
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En complément et à propos des 60 ans du Ministère de la Culture en France :

Depuis sa création en 1959 avec un ministre doté alors de réels pouvoirs cette institution, mis à part quelques actions peu contestables, comme la sauvegarde du patrimoine, aura surtout bénéficié aux fonctionnaires et sans doute aussi à quelques rares connaissances artistiques. A l’heure de la troisième génération rien n’a changé et les frais de fonctionnement sont toujours là. Cependant, au fil du temps, l’enveloppe dévolue au soutien artistique proprement dit, c’est-à-dire aux créateurs, s’est réduite comme peau de chagrin, sans parler hélas du discrédit de l’exécutif. La Culture ! Un ministère des illusions et des frustrations ?

Mais les artistes en mal de reconnaissance se consoleront peut-être en pensant que cette raréfaction des aides aura au moins comme avantage d’éviter des choix forcément arbitraires et trop souvent orientés.

Michel Philippart, extraits du Fascicule numéro trois.

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Malraux-petit-palais

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… Philippe Hardy, alors directeur du FRAC bourgogne, me fixa un rendez-vous dans son bureau à Dijon. Je me déplace donc de Nevers avec six tableaux. Après les avoir regardés attentivement et écouté mes explications monsieur Hardy me déclara dubitatif : « Je comprends très bien votre démarche, mais comment pouvez-vous prétendre à tant de messages ? Tant de signes et de complexité dans chaque pièce ! Les artistes contemporains épurent les lignes, les couleurs, simplifient pour ne garder que le trait essentiel et ils laissent parler les autres pour eux… » Pour mon interlocuteur j’en avais trop fait. Aimable et imperméable, il reprit les anciennes théories sur l’art contemporain. Aucune évolution ne parviendrait de lui, confirmant que la recherche individuelle ne peut pas dépendre de ces « bureaucrates-spécialistes », habitués à ce que les jeunes artistes leur présentent des « pièces » conçues selon les normes en vigueur.

Quelques années plus tard, en 2000, j’envoie un dossier présentant mon travail des dix dernières années à Danièle Yvergniaux, nouvelle directrice du Centre d’art contemporain de Pougues-les-Eaux. Après un courrier de rappel, adressé sous couvert du Conseil Général de la Nièvre, financeur du Centre, la réaction de la responsable du Centre fut rapide et laconique :  » Vos démarches artistiques sont très classiques et la relation aux spectateurs peu innovante ».


Itinéraire d’un fonctionnaire type filipardi@yahoo.com

Philippe Hardy : Inspecteur général au Ministère de la Culture, a été directeur de l’École régionale des beaux-arts de Rennes de 2009 à 2015, a dirigé le centre culturel français de Turin et l’Institut français des Pays-Bas à Amsterdam. Il est membre de l’institut des métiers d’art du ministère de la Culture.

https://verat.pagesperso-orange.fr/la_peinture/sommaire.htm

http://education-programme.over-blog.com/2018/04/le-ministere-de-la-culture-doit-etre-supprime.html

La disparition du ministère et donc de tout ce qui va avec : Délégation aux arts plastiques, Centres d’art, Villa Médicis, DRAC, FNAC…, aurait en outre l’énorme et juste avantage de mettre fin à l’orientation arbitraire et contre nature de la création artistique en France, c’est-à-dire d’en finir avec une forme d’art officiel…

https://verat.pagesperso-orange.fr/la_peinture/kant36.htm

 

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