Art contemporain et marketing politique par Nicole Esterolle (billet d’humeur)

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Crédit photo: ©Nanda Gonzagu
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Maire de Montpellier Philippe Saurel / Le Monde

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Le Maire de Montpellier Philippe Saurel, investit à fond dans l’art contemporain avec l’argent public pour « amplifier qualitativement » l’ image de sa ville et la sienne propre … et se faire réélire en 2020…Sa stratégie semble être de plaire à un électorat middle-class branchouille-bobo- contemporainolâtre internationaliste, assidu de la FIAC et de la Biennale de Venise…Mr Saurel ne comprend pas bien l’art (moins bien que son prédécesseur Frêche, homme sensible et cultivé) , mais il a bien compris son efficacité en tant que vecteur de communication politico-culturelle…

Il vient donc de mettre en place avec le fameux curator national Nicolas Bourriaud une grosse structure municipale à vocation internationale intitulée le MO-CO (Mo-ntpellier / Co-ntemporain) groupant La Panacée, l’ Ecole des Beaux-Arts et l’ Hôtel Montcalm.… Coût global de l’opération : 22 millions d’euros. Au frais, bien sûr, des contribuables de la ville, dont on sait que 2 ,5% seulement s’intéresse à l’art dit contemporain.

Le coût des 4 pages centrales de pub pour ce MO-CO paru dans le Monde du 27 96 19 (dont je vous joins les copies) est donc minuscule au regard du budget d’ensemble consacré à l’appareil destiné à irradier dans la ville et ses alentours , un art dit contemporain de haute tenue internationale et à puissante vertu civilisatrice , libératrice et émancipatrice du bon peuple avide de culture de classe . …Ces quatre pages du Monde sont à cet égard une pièce d’anthologie de la cuistrerie intello-gaucho-duchampiste qui caractérise la « culture » intitutionnelle et affairiste de notre époque. On y trouve les laborieuses contributions des meilleurs pigistes du Monde spécialistes en la matière (Là, ils ont fait fort ! Bravo ! j’espère qu’ils ont été bien rétribués pour cette pénible tâche)

En digne successeur autocratique de Mr Frêche (mais le génie en moins) , Mr Saurel a donc sorti de l’appareil municipal tous les gens intègres et compétents comme Numa Hambursin, pour se focaliser sur sa recrue Nicolas Bourriaud, curator esthéticien relationnel, bien connu pour avoir été exfiltré de son poste de directeur de l’Ecole des Beaux-arts de Paris, à cause des difficultés relationnelles qu’il avait justement avec collègues et éléves et à cause d’une glauque bidouille avec Ralph Lauren…

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Saurel oeuvre de Ryan Gander pour le MOCO / l’Hôtel des collections
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Je vous livre ici un extrait d’un écrit de Mr Bourriaud en préface d’une des récentes expos du MO-CO…Attention !, c’est du compact dans le questionnement métaphysico-écolo-sociétal : « L’art des années 2010 semble avoir intégré la notion d’anthropocène, qui désigne une ère dominée par les activités humaines et leur impact sur la planète. Notre représentation du monde évolue ainsi vers une sorte de coprésence avec des sphères autrefois séparées dans la pensée occidentale : le minéral, l’animal, le végétal, la machine et l’humain, qui semblent échanger sans cesse leurs propriétés. Au sein de cette nouvelle promiscuité, la division traditionnelle en Occident entre nature et culture perd peu à peu toute pertinence…Cette exposition rassemble une génération d’artistes qui travaillent le réel à son niveau moléculaire, en organisant des connections entre la réalité physique/chimique et les cultures humaines. Ils/Elles décrivent le monde actuel (ses sociétés, ses cultures…) à partir des matières (brutes ou synthétiques) qui le composent, et non plus à partir de données purement sociales, ni même humaines. Et à l’ensemble de ces règnes hétérogènes qui se rapprochent aujourd’hui, on pourrait ajouter l’image, devenue aujourd’hui une pellicule qui entoure notre univers – une atmosphère autonome, une couche de pollution »

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Et puis, pour rester dans le même registre du galimatias écolo-débilo-démago, vous découvrirez en page 4 du communiqué du Monde un entretien avec le « plasticien » Bertrand Lavier, bien connu pour avoir dit « c’est quand j’ai compris que l’art contemporain n’était pas de l’art, que je suis devenu artiste contemporain »…Qui nous propose « un planisphère planté d’essences des 5 continents » car, dit-il : la plus ancienne mondialisation du monde a été celle des essences végétales, bien avant tout autre. C’est avec ce principe à l’esprit que j’ai réfléchi »…Plus stupide que ça, on ne trouve pas…mais ça sonne bien écologiquement, et Mr Saurel est un opportuniste qui sait chevaucher les bonnes causes à forte efficacité médiatique….( On l’a vu descendre de la vieille haridelle socialisto- identitaire, pour enfourcher le plus fringant LREM macronien)

Bon, mais il n’est pas certain que l’Art dit contemporain soit le bon cheval à enfourcher …et que la promotion, au frais de la collectivité, de cet art de classe lié au grands réseaux artistico- étatico–mafio-financiers ne soit pas , au bout du compte, une très mauvaise manœuvre pour ce qui est de sa réélection en 2020….Peut-être pas complétement idiots les montpelliérains !

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