Halte aux subventionnements toxiques ! Voici donc le Salon de Montrouge par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

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Photos: Alexandra Riss
Pauline Cordier
François Dufeil

Halte aux subventionnements toxiques ! 

voici donc le Salon de Montrouge par Nicole Esterolle

Ci-joint , prises au hasard, quelques images des œuvres présentées au Salon de Montrouge 2019 ( dans l’ordre : Charlie Aubry, Pauline Cordier, François Dufeil, Alexandra Riss, xxx) )

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Dans le registre « Débranchez tout ! Arrêtez les perfusions à l’argent public ! Il y a danger pour l’environnement !»…

…voici donc le Salon de Montrouge, parfait exemple d’opération culturelle délirante, où l’on voit les ravages de l’hyper- subventionnement destructeur de sens et purgeur de contenu, pour une meilleure adaptation au marché spéculatif international de l’inepte, des futurs produits financiers ainsi promus.

Un « tremplin pour les artistes », « pépinière de talents », « propulseur de carrière », pour une soixantaine de jeunes trolls posturo- conceptualo-bidulaires préalablement décérébrés en écoles des Beaux-Arts et dits « émergents sur la scène artistique internationale »…Il sont choisis parmi des centaines de dossiers par un « Collège critique » réunissant une quinzaine d’éminents acteurs du réseau, journalistes, historiens, critiques, artistes agréés, collectionneurs, galeristes et commissaires d’exposition, tous issus de l’appareil art contemporain institutionnel et des réseaux grands marchands, etc…bien nourris et abreuvés pendant une journée.

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Le Jury de sélection , « Collège critique » ainsi que la liste des mécènes sont on ne peut plus exemplaires, dans leur composition même, de la collusion entre appareil institutionnel et grands réseaux financiaro-spéculatifs privés, et du grand mélange des genres propice au délabrement tant éthique qu’esthétique qui fait la spécificité de l’art dit contemporain.

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Charlie Aubry
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Un enrobage discursif nappé au concentré de jus de cerveau, tel qu’on peut le constater à la lecture des aussi pompeux qu’ineptes intitulés des quatre « territoires » divisant ce salon : 

1-Ce que nous sommes ensemble et ce que ne sont pas les autres ;

2 Le laboratoire des contre-pouvoirs ;

3- La forme contenue ou le contenu implique ;

4- La réalité rattrapée par le réel.

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Une vingtaine de mécènes et partenaires pour un sur-subventionnement ahurissant: 

Ministère de la Culture, Région Ile de France, Conseil Départemental, ADAGP, Palais de Tokyo, Copie Privée, la Terrasse ville de Nanterre, Fondation Albert Gleizes, Ateliers Médicis, Crédit Agricole, Fondation Ricard, Géant des Beaux-Arts, Tribew, Work in Progresse, Villa Belleville, Beaux-Arts magazine, le quotidien de l’Art, les Inrockuptibles

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Et voici un extrait du texte que j’avais consacré à ce prestigieux salon et qui a été publié dans mon livre

« La bouffonnerie de l’art contemporain » – 2015 – Editions jean-Cyrille Godefroy :

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Il fallait donc que la France se dotât d’un lieu d’émergence de ce questionnement sociétal multidirectionnel et fondamental, d’un lieu de découverte et de reconnaissance qui fasse aussi « accélérateur de carrière », pour ces milliers de jeunes performateurs sortis chaque année de nos écoles des Beaux-Arts… et c’est le Salon de Montrouge qui a été investi de cette fonction.

Alors, la ville y a mis le paquet financièrement, avec la DRAC, le Conseil Général, le ministère et des sponsors de toutes sortes. On a créé un « Collège critique » réunissant une quinzaine d’éminents acteurs du réseau, journalistes, historiens, critiques, collectionneurs, galeristes et commissaires d’exposition, tous issus de l’appareil art contemporain institutionnel et des réseaux grands marchands,

Que du beau monde donc trié sur le volet, pour trier environ 3 000 dossiers de candidature correspondant à la fournée annuelle de jeunes têtards diplômés avec félicitations du jury, et pour en extraire la quintessence, soit une centaine d’exposants, avec parmi eux les futurs stars du marché international… Heureux élus bénéficiant déjà, grâce à Montrouge, d’une aide concrète à travers une bourse à la production, d’un « accompagnement critique », de la perspective d’une exposition au Palais de Tokyo (partenaire fidèle et emblématique de leur souci de professionnalisation), de l’inscription dans les réseaux des FRACs, des structures de monstration subventionnées à fond, de la Fondation Pastis Ricard (À consommer avec modération), la Fondation ADIAF pour le Prix Marcel Duchamp, etc.

Cette vocation du Salon de Montrouge de détecteur des futurs « produits artistico-fi nanciers internationaux », s’est affirmée, en 2009, avec la nomination de Stéphane Corréard à sa direction, en remplacement d’Alain Lamaignère, qui avait su jusqu’alors conserver à ce Salon la diversité, la prospectivité et l’indépendance vis-à-vis des injonctions institutionnelles et grand-marchandes, qu’avait su lui insuffler à son origine, sa géniale créatrice Nicole Gignoux.(Un virage esthético-idéologique marqué par la présence, en tant qu’invité d’honneur de l’artiste Label-Rojoux, par ailleurs professeur de foutage de gueule à la Villa Arson (École des Beaux-Arts de Nice).

Mais la direction artistique de Stéphane Corréard, parce que celui-ci était, par ailleurs, expert pour la maison de ventes Cornette de Saint-Cyr et en plus collaborateur du journal Art Magazine pour sa rubrique de conseil aux spéculateurs intitulée « délit d’initié » posa problème d’ordre déontologique…Aussi Mr Corréard sera donc dégagé discrètement du Salon de Montrouge parce que , paraît-il, on prit conscience que sa double casquette faisait un peu trop désordre, collusion éhontée et conflit d’intérêt trop manifeste…

…Difficile d’admettre en effet qu’on puisse aussi visiblement utiliser les structures et l’argent public pour fabriquer des produits destinés à enrichir les intérêts privés…

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« l’ABC de l’Art dit Contemporain »
 aux éditions 
Jean-Cyrille Godefroy.
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