Un lapin crétin de Koons à 91 millions de dollars Par Nicolle Esterolle (billet d’humeur)

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Un lapin crétin de Koons à 91 millions de dollars

Par Nicolle Esterolle

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Ça fait jaser le bon peuple. Gros émoi chez les prolétaires de tous pays, unis ou pas, gilets jaunes ou pas, insoumis ou pas, etc… Mais où va t’on ? Que va devenir la planète ? Pas étonnant que le nombre des espèces d’oiseaux diminuent ! L’espèce humaine va-t-elle disparaître ?…Mais bon, l’émotion va passer. Ce n’est qu’un gros buzz journaleux de plus, à la démesure du prix de l’œuvre ainsi justifié.

Et surtout pas question pour ces mêmes journaleux d’informer vraiment et d’expliquer le mécanisme de fabrication de cette inquiétante enflure financière, pour ne pas tuer la poule aux œufs d’or médiatique, qui va permettre de payer leurs misérables piges.

Ainsi , Judith Benamou-Huet, la fameuse critique d’art et spécialiste du marché, groupie notoire des stars du financial-art international, nous disait récemment : « Jeff Koons est indéniablement un artiste qui reflète parfaitement notre époque et qui, à ce titre est un artiste important … J’entends déjà et j’ai lu déjà tellement de critiques, de persiflages de rancoeurs et de jalousies. J’entends un tel déchainemement de haine…Koons gagne beaucoup d’argent, et alors ! » …

Et alors, chère Judith, j’espère que vous allez pouvoir dire aujourd’hui, que l’acquéreur de ce lapin chromé n’est autre que Robert Muchin , ex – dirigeant de Golden Sachs et papa de Steven Muchin, actuel sécrétaire d’Etat trumpiste au Trésor…

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Dire aussi qu’il s’agit là d’une enchère éminemment stratégique – une vente – rachat à l’intérieur d’un même système spéculatif, par et pour celui-ci, qui a pour but de monter artificiellement la cote et de rétablir l’hégémonie américaine sur le grand marché spéculatif de l’art…Une suprématie qui était en danger , tout comme la cote de Jeff Koons , depuis l’affaire du bouquet de tulipes, vilipendé par un bon nombre d’intellocrates institutionnels, qui avaient pourtant copieusement valorisé Koons auparavant, pour se valoriser eux-mêmes.

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Alors il serait bon que ces mêmes critiques d’art bien-pensants duchampo-gauchistes, mais alliès objectifs du grand capital, inféodés au grand marché et louangeurs des Koons, Hirst, Mc Carthy, ne jouent pas trop aux vierges scandalisées devant ces 91 millions de dollars, car ils ont amplement contribué à cette surenchère hallucinante de l’inepte et de la stupidité.

Rappelons en effet que : 

1- Le Monde avait fait de l’expo Koons au Centre Pompidou, la couverture de son supplément dominical du 22 11 2004, et y avait consacré 10 pages intérieures signées par son critique d’art vedette Philippe Dagen ( Que l’on voit sur l’image jointe avec son comparse de Libé HF Debailleux serrer révérencieusement la main de Koons à Versailles ) et avec cette phrase fracassante du même Philippe Dagen : « Jeff Koons est un artiste si professionnel, qu’il arrive toujours en avance à ses rendez-vous »…

2- que Bernard Blistène, commissaire de l’expo, avait dit , lui : « Koons est le dernier des pop-artistes… C’est un obsessionnel de la précision en toutes choses »…à l’occasion de la présentation à un groupe de touristes provinciaux de la photo des parties génitales de Koons et de Cicciolina en pleine copulation)

3- Fabrice Hergott, directeur du Musée d’art moderne de la Ville de Paris , déclarait sans vergogne à l’occasion de l’affaire des tulipes : « Je suis persuadé que ce bouquet de tulipes deviendra l’un des grands monuments de Paris, un chef-d’œuvre de la sculpture du XXIe siècle (…) Jeff Koons est, à mes yeux, un artiste majeur, l’un des plus marquants de la sculpture contemporaine depuis presque quarante ans. D’innombrables expositions lui sont consacrées à travers le monde. Par ailleurs, toutes les œuvres monumentales qu’il a réalisées pour l’espace public sont de vraies réussites, qu’il s’agisse du chien Puppy devant le Musée Guggenheim de Bilbao, de la Balloon Flower dans le quartier du nouveau World Trade Center, etc.

4- la revue Art Press, organe officiel de la pensée artistique trangressive d’Etat, avait fait sa couverture , il y a une quinzaine d’année, avec la photo en gros plan des parties génitales de Jef Koons et de la Cicciolina en pleine copulation…` Alors oui, ce lapin chromé, fruit de la vertueuse copulation entre l’obséquieuse crétinerie artistique institutionnelle et le cynisme des grands réseaux financiers , vaut bien ces 91 millions de dollars….

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« l’ABC de l’Art dit Contemporain »
 aux éditions Jean-Cyrille Godefroy
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