josé manuel egea – lycanthropos #2 / Christian Berst art brutklein & berst (FR)

Sans titre, 2017, marqueur acrylique et gouache sur sur page de magazine, 29 x 23 cm
.
.
.
.
Du 25 avril au 1er juin 2019
.
Vernissage
25.04.19 
.
.
.
.
.
.

Pour la deuxième exposition monographique que nous consacrons à José Manuel Egea – l’hommeloup – nous présentons un ensemble de nouvelles oeuvres sur impressions photographiques, de dessins et de sculptures qui invoquent à la fois le lexique du monde des ombres mais aussi la mythologie personnelle de l’artiste qui n’a de cesse de décliner le dualisme métaphysique de la bête et de l’homme.

José Manuel Egea, né en 1988 à Madrid, est fasciné depuis son enfance par la figure du lycanthrope, ou loup-garou. Non seulement est-il convaincu d’en être un lui-même, mais il paraît vouloir nous révéler, par ses oeuvres, que ce double monstrueux sommeille chez beaucoup d’entre nous, pour ne pas dire chez tous.

Pour ce faire, il a développé une riche palette de représentations de cet « autre » que chacun recèle : cela va du dessin aux interventions sur des portraits photographiques tirés de magazines ou de livres d’art, en passant par la sculpture et les performances lors desquelles il « joue » sa transformation. Cette créature mythologique est évidemment le symbole d’une trouble dualité, mais elle incarne dans le même temps une grande puissance, mystérieuse, et capable d’exercer un ascendant sur l’homme, de lui inspirer de la peur. Alors quoi de mieux, pour l’exorciser, que de jouer avec cette peur, de vouloir devenir la peur elle-même et se sentir investi de sa force ?

Il n’est pas anodin qu’Egea fasse surgir cette part d’ombre de préférence à partir d’images imprimées sur papier glacé qui n’avaient pour seule vocation que de nous séduire. Il y convoque notre bestialité, faite de silhouettes fuligineuses et menaçantes, d’yeux énucléés, de pilosité triomphante et d’attributs lupins. Et c’est le basculement de l’autre côté du miroir.

Cet iconoclasme peut aller jusqu’à la scission de la page, nette, comme pour accentuer la fracture entre deux mondes ; parfois même, c’est le recouvrement complet de la feuille, d’où l’on devine alors à peine, vaincue dans la noirceur, la beauté factice que ces images nous imposaient.

José Manuel Egea s’adonne à un jeu libérateur puisque, tout en malmenant notre humanité, en s’émancipant de la norme, il nous révèle les grandeurs de l’altérité dans un geste artistique pur et sans retenue.

Depuis la première exposition monographique que nous lui avions consacrée en 2016, son oeuvre a contribué à plusieurs expositions muséales et fut sélectionnée pour la biennale d’art contemporain de Madrid en 2018.

.

.

.
.

Né à Madrid en 1988, José Manuel Egea est un adepte, depuis l’âge de 10 ans, des super héros des Marvel Comics, et tout particulièrement de Jack Russel le loup garou et de Hulk, le géant vert qu’il se plaît à imiter. La transformation de l’homme en bête, d’être humain en créature puissante, terrible et indestructible le fascine. Elle est au centre de tout sa création produite, depuis 2010, au sein du centre de création « debajo del sombrero » (sous le chapeau) qui accueille des personnes présentant des déficiences intellectuelles.

Egea n’a pas de difficulté à se connecter à « la part de loup » – comme il l’appelle – qui réside dans l’apparence de tout individu. Il la connaît bien grâce à ses crises au cours desquelles il a besoin de hurler pour se calmer et de déchirer toute sorte de chose, tout spécialement ses BIOGRAPHIE vêtements.

Un large pan de son travail consiste à modifier des photographies choisies dans des magazines qu’il crayonne au stylo bille jusqu’à ce que le portrait, enterré sous la noirceur de l’encre, disparaisse, pour céder la place au monstre. Son stylo invoque l’animal qui réside dans le sujet du portrait et qui lutte pour émerger.

Sa famille raconte comment chez eux, il a l’habitude de déchirer le papier, de préférence les magazines et les livres illustrés tout spécialement ceux sur l’art, qu’elle doit donc cacher afin d’éviter qu’il ne les découpe ou en arrache les couvertures.

Une série de mots ou de phrases qu’il répète mystérieusement l’attirent particulièrement : androgyne, la naissance, la transformation, sacristie, étant né nu, cordon ombilical, le mannequin, la plage, il devient moitié homme moitié loup, hypertrichose, restant noir pour toujours, homidés – il semble que ce dernier mot l’effraie beaucoup.

collections : treger saint silvestre (portugal), emerige (france), musuem of everything (royaumeuni) …

 

.
.
Christian Berst art brut
klein & berst
3-5, passage des gravillier
75003 paris