Il veut emballer l’Arc de Triomphe Par Valérie Duponchelle / Avant-propos Nicole Esterolle (billet d’humeur)

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Christo : le retour

Il veut emballer l’Arc de Triomphe. 

Avant-propos Nicole Esterolle

 

 

Trente-cinq ans après ses célèbres emballages du Pont Neuf, du Reichstag , etc., Christo nous propose son vieux concept bien réchauffé, et cela semble emballer aussi les hauts décisionnaires municipaux parisiens, puisqu’ils lui ont donné l’autorisation…

On avait d’abord pensé à un « poisson d’avril », à un gros fake, à une hallucination printanière…Mais non, le projet est bien réel, tout comme le sont les personnes de Mme la Maire Hidalgo et Mr l’adjoint aux affres culturelles Christophe Girard.

Il y a donc là encore un beau sujet de polémique ! Mais pourtant, je n ‘ai pas encore vu de signes de rouspétance, ici ou là, sur internet ou ailleurs. ( aucune réaction de la critique d’art française) Y aurait-il de l’hébétude, de lassitude et de la résignation dans l’air ? La polémique, tue-t-elle la polémique ?

Alors posons – nous tout de même quelques questions :

– S’agit –il d’un emplâtre symbolique, pour panser l’affront et la blessure infligés par les « gilets jaunes » à ce monument national ?

– Ne risque-t-on pas avec ça de rallumer la flamme des « gilets jaunes » ? Et n’aurait-il pas été plus judicieux d’utiliser de la toile jaune…ou alors carrément de la toile rayée façon Daniel Buren ?

– N’est-ce pas là, l’expression du triomphe du contenant au détriment du contenu ? N’est-ce pas là une démonstration de la puissance des moyens et une incitation à la sur-croissance de l’inepte, en une période où il faudrait revenir à plus de modestie et de moindre dépense d’énergie ?

– N’est-ce pas pire, dans le genre conceptualo-discursif, que le plug anal de Mac Carthy ?

– Est-il permis de préférer une petite aquarelle de Paul Klee à cette gigantesque et arrogante obscénité injure à l’intelligence, à l’art et à l’humanité?

– Certes, l’artiste prend en charge, paraît-il, tous les frais….mais a-t-on bien mesuré les dégâts à divers titres de cette opération et la réalité des bénéfices espérés en termes d’image internationale et de nombre de touristes pour la Ville de Paris ? – Et l’art dans tout ça ? Et le Soldat Inconnu ?

Il prend en charge tous les frais : c’est-à-dire qu’il va se rembourser en vendant des milliers de dessins préparatoires et de gravures signées, à des milliers de petits et grands spéculateurs attirés plus par cupidité ou par l’attrait d’un signe d’appartenance de classe, que par l’art en soi….Ainsi l’argent sera-t-il encore une fois le moteur de cette gigantesque vulgarité à contre – courant de l’histoire.

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Christo va emballer l’Arc de triomphe en 2020 

Par Valérie Duponchelle

INFO LE FIGARO – L’artiste des projets extrêmes et monumentaux va réaliser l’an prochain à Paris un projet qu’il avait imaginé avec Jeanne-Claude dans un photomontage de 1962. Une année parisienne pour ce Bulgare de New-York qui défie les ans.

Christo, né Christo Javacheff à Gabrovo, en Bulgarie, le 13 juin 1935, et artiste des projets extrêmes va marquer l’année 2020. Christo le Parisien est de retour, lui qui ferma la rue Visconti d’un geste radical et emballa spectaculairement le Pont-Neuf en 1985. Alors que le Centre Pompidou va célébrer ses années parisiennes l’année prochaine, tombe cette nouvelle formidable d’un Arc de triomphe, plutôt malmené dernièrement par l’actualité des Gilets jaunes, qui devient une seconde sculpture géante avec Christo et retrouve sa beauté iconique.

«Christo, en étroite collaboration avec le Centre Pompidou et le Centre des monuments nationaux (CMN), créera une œuvre temporaire à Paris intitulée L’Arc de triomphe empaqueté (Projet pour Paris, Place de l’Étoile-Charles de Gaulle)», annonce aujourd’hui un communiqué très officiel, établi entre Paris et New York, lieu du studio de Christo . Cette œuvre sera visible pendant 14 jours, du lundi 6 avril au dimanche 19 avril 2020 et nécessitera 25.000 mètres carrés de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté et 7000 mètres de corde rouge.

Sa réalisation coïncidera avec une exposition majeure au Centre Georges Pompidou, du 18 mars au 15 juin 2020, retraçant la période parisienne de Christo et Jeanne-Claude de 1958 à 1964 ainsi que l’histoire du projet Le Pont-Neuf empaqueté, Projet pour Paris, 1975-1985 (commissariat Sophie Duplaix). «L’exposition au Centre Pompidou va révéler le contexte historique de la période pendant laquelle nous avons vécu et travaillé à Paris» dit Christo qu ne cesse d’évoquer Jeanne-Claude (née Denat de Guillebon, 1935-2009), sa muse, compagne et guerrière avocate de ses projets faramineux.

Le Centre des monuments nationaux, qui assure au nom de l’Etat la conservation et l’ouverture au public de l’Arc de triomphe, «se félicite de la réalisation d’un projet qui témoigne de son engagement en faveur de la création contemporaine et de la mise en valeur de l’un des monuments les plus emblématiques de Paris et de France».

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Visible pendant 14 jours

 

Comme toujours depuis le début de sa carrière, l’artiste est aux commandes. «L’Arc de triomphe empaqueté sera entièrement autofinancé par Christo grâce à la vente de ses études préparatoires, dessins, collages du projet ainsi que des maquettes, œuvres des années cinquante-soixante et des lithographies originales dédiés à d’autres sujets. Il ne bénéficiera d’aucun financement public ou privé», précise le communiqué officiel.

En 1961, trois ans après leur rencontre à Paris, Christo et Jeanne-Claude commencent à créer des œuvres pour des espaces publics. Ils ont le projet d’envelopper un bâtiment public. À l’époque, Christo, qui loue un petit appartement près de l’Arc de triomphe, fait plusieurs études pour ce monument, dont déjà, en 1962, un photomontage avec l’Arc de triomphe empaqueté, vu depuis l’avenue Foch. Dans les années 1970-1980, Christo réalise quelques études supplémentaires. Près de 60 ans plus tard, ce projet sera concrétisé.

Suite de l’article (ici)

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