HEY! MODERN ART & POP CULTURE #4 / La Halle Saint-Pierre (FR)

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23/03/19 – 02/08/19 

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Commissaires invités Anne & Julien de la revue HEY! modern art & pop culture 

La Halle Saint Pierre et Anne & Julien poursuivent leur association avec la 4e édition de HEY! modern art & pop culture. Initiée en 2011, cette série d’expositions venait donner corps à un désir commun d’explorer, d’expérimenter des voies autres que celles de la culture officielle. Dédiée à l’outsider pop – terme instauré par Anne & Julien en 2010 –, cette édition 2019 présente, sur le plateau du haut de la Halle, 36 artistes (dont la plupart n’a jamais exposé en France) issus de 17 pays, pour une mise en valeur d’œuvres exclusivement figuratives.

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P R É S E N T A T I O N  D E  L ’ E X P O S I T I O N

PAR MARTINE LUSARDY

Une histoire singulière en partage

« Dès 1995, lors de l’exposition Art Brut et Cie, la face cachée de l’art contemporain, Anne & Julien se firent la caisse de résonance de cet événement fondateur, le répercutant dans les zones bouillonnantes de la contreculture. Si aujourd’hui l’art brut et les formes horsnormes de la création sont sortis de la confidentialité sous l’effet d’une triple reconnaissance – de l’institution, de l’université et du marché –, c’est aussi grâce à la curiosité et l’engagement de ces deux agitateurs. Dans le même temps, face à sa confrontation confuse avec l’histoire de l’art contemporain et à la spéculation offensive du marché, ce sont de tels défenseurs avertis, inquiets des dérives et amalgames, qui ont permis à l’art brut de conserver sa spécificité.

La création de la revue HEY! modern art & pop culture en 2010 fut l’occasion pour la Halle Saint Pierre d’élargir son projet artistique en accueillant dans une série d’expositions les « outsiders pop », cette myriade de mouvements figuratifs contemporains révélés au public français par Anne & Julien. Nul autre lieu ne pouvait imaginer et mettre en œuvre la synthèse audacieuse de la scène artistique alternative. Des figures séditieuses du lowbrow art nourries de l’iconographie des médias populaires aux fantasmagories du pop surréalisme redécouvrant l’héritage des grandes traditions picturales, des activistes du street art au tatouage, des échappées individuelles et solitaires de l’art brut aux expressions raffinées et libertaires d’un « œil à l’état sauvage », les marges artistiques y étaient présentées dans leur diversité et leur complexité.

Trois expositions – 2011, 2013 et 2015 – ne semblent pas avoir été suffisantes pour donner à voir l’étendue des genres et des familles que constitue cette autre scène artistique. C’est donc avec la même passion que nous nous associons à nouveau pour en rendre compte géographiquement et historiquement. En compagnie de la trentaine d’artistes réunis, nous pourrons expérimenter la portée libératrice de leurs œuvres tant elles sont une porte ouverte sur notre espace imaginaire, cet irréductible en chacun de nous »

 

Où les commissariats d’expositions HEY! déroulent l’histoire particulière à la rencontre de l’histoire collective

« Nous avons créé HEY! en 2010, fatigués du circuit qui nous faisait travailler, et dans lequel nous publiions articles et livres depuis 1994. À en juger par son manque de curiosité et d’esprit d’aventure, le temps était venu. L’idée majeure fut d’abord de maîtriser nos sujets et leur support d’édition. Notre rencontre dans le milieu des années 80, avait été décisive. Il s’était rien à personne : une délicieuse pollution à introduire dans la bouillie du centre commercial ! Dès son n°1, accueilli pour son lancement à la Halle Saint Pierre (déjà !), HEY! réveilla le besoin d’imaginer des expositions, Julien et moi ayant déjà créé une galerie d’art en 1990. Une fulgurante période de notre jeunesse où la figuration libre, la culture hip-hop et techno explosaient, où Paris, déjà riche de ses artistes pochoiristes, devenait la capitale mondiale du graffiti, et la France l’ambassade refuge de la free party anglaise. HEY!, cette revue d’art de marge(s), est alors devenue une matière première cristallisant tout ce qui, dans nos vies, l’avait précédée. Soit une intensification de notre implication envers les courants souterrains de l’art auxquels nous devons tant, pour la création d’un réseau international où les artistes se regardent sans concurrence. Dans la mixité des formes qu’elle présente, la revue abolit les classifications ; ses commissariats ont remis à jour l’idée des grandes expositions collectives, ont imposé des moyens contemporains et vivants pour réanimer des sujets et des domaines, favorisant l’éclosion d’expositions sur le tatouage dans le monde entier et un fort intérêt des institutions envers la pop culture.

Nous avons souvent entendu dire que « HEY! est une revue d’art alternatif ». Discerner de quoi HEY! est l’alternative paraît de fait indispensable. Le concept d’une chaise vide, posée dans une pièce vide – blanche de surcroît – censée être la représentation zénithale de l’exacerbation de notre solitude au sein d’une société déshumanisante nous parle quant à nous d’imposture, du primat de la spectacularisation dans l’art et des efforts intensifs du système pour ouvrir de nouveaux marchés au sein de l’art contemporain. Ce leurre artistique et ces dispositifs financiers n’ont rien à voir avec l’idée que nous nous faisons de l’art ; et nous ne sommes pas tributaires de cet héritage conceptuel. HEY! est une zone franche où le marché et le spectateur n’ont pas l’ascendant. Y gouvernent le rejet d’une neutralité, l’amour de la forme figurative, et des artistes qui n’ont rien du chef d’entreprise. Que doit être l’art sinon une expression des émotions sans prétexte ni alibi ?

Nous avons aussi entendu dire que l’art déployé dans la revue et ses expositions sont « l’expression d’un goût ». L’ultraintellectualisation de l’art nous intéresse peu, son esthétisation pas du tout. Nous cherchons une odeur étrangère, une différence assumée, le spectacle d’un huis clos qui s’offre, une folie, un intérêt sans objectif, un savoir-faire inventé. Il en va ici avec une jubilation certaine d’exister, une bruyante autonomie à l’œuvre, où incarner chaque geste est primordial. En cela, nous ne sommes pas des solitaires, nous ressemblons aux familles artistiques que nous présentons dans les expositions HEY! Et elles nous ressemblent. Avec HEY! modern art & pop culture#4, et les trois volets qui lui précédèrent, au travers de nos commissariats, nous militons pour une réappropriation généreuse, joyeuse et sincère de l’art, quand il est – et non pas s’invente – spectacle. À la Halle Saint Pierre une fois encore, sur le plateau du haut, nous avons rassemblé 36 artistes de 17 pays, pour explorer la notion d’iconologie pop incarnant ce que nous appelons chez HEY! « l’autre pop culture », caractérisé par ce grand ensemble que nous avons baptisé en 2010 l’« outsider pop ». »

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36 ARTISTES 17 PAYS
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Vasilis Avramidis (Grèce), Gil Batle (États-Unis), Jürg Benninger (Suisse), Nils Bertho (France), Troy Brooks (Canada), Chen M (Belgique), Maryrose Crook (Nouvelle-Zélande), Mikaël De Poissy (France), Fulvio Di Piazza (Italie), Claire Fanjul (France), Alessandro Gallo (Italie), Séverine Gambier (France), Davor Gromilovic (Serbie), Masayoshi Hanawa (Japon), Filip Hodas (République tchèque), Nancy Josephson (États-Unis), Kris Kuksi (États-Unis), Brigitte Lajoinie (France), Mathieu Lewin (France),Lizz Lopez (États-Unis), mad meg (France), Gerard Mas (Espagne), Mothmeister (Belgique), Heather O’Shaughnessy (États-Unis), Agathe Pitié (France), Osvaldo Ramirez-Castillo (Canada), David Rochline (France), Shelter Shirrstone (Russie), Heidi Taillefer (Canada), The Kid (Pays-Bas – Brésil), Paul Toupet (France), Yannick Unfricht (France), Henriette Valium (Canada), Nathalie Verdon (Suisse), Quan Wansanit Deslouis (Thaïlande), Betsy Youngquist & R. Scott Long (États-Unis).

En 2010, Anne & Julien ont créé HEY! modern art & pop culture, revue d’art et maintenant maison d’édition indépendante dirigées par Anne de HEY! Au fil des années et en presque trente ans d’activité, le travail des fondateurs de HEY! – Anne & Julien – est reconnu pour son habilité à dévoiler de nouveaux talents et ouvrir des champs d’exploration ignorés jusque-là. Spécialistes des arts en marge et outsider pop, ils travaillent sur deux axes spécifiés dès 1990 à l’occasion de l’ouverture de leur galerie d’art L’Hydre de L’Art (Paris). En lien avec les préoccupations et intérêts du temps présent, ils font réémerger des mondes oubliés, choisissant des thématiques et œuvres qui tendent à rendre visible une avant-garde ; et décryptent des sujets pointus offrant une alternative à la vision d’une culture unilatérale normative.

Militants quant à l’influence des contrecultures pop et de l’art en marge sur la marche du monde, Anne & Julien sont à l’origine de plusieurs expositions majeures et désormais historiques en France ( Miyazaki vs Moebius, musée de la Monnaie de Paris – 2004/2005 ; Tatoueurs, Tatoués, musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris – 2014/2015). L’exposition est depuis en tournée mondiale jusqu’en 2020 et ouvrira ses portes à Taïwan en octobre 2019.

Entre temps, parce que la revue HEY! partage avec la directrice de La Halle Saint Pierre Martine Lusardy le même engagement imperméable aux concessions du marché de l’art et de ses modes, trois expositions fondatrices d’outsider pop et art figuratif pop contemporain ont été organisées à la Halle Saint Pierre : HEY! modern art & pop culture, Paris (2011 – 2013 – 2015). Ce commissariat HEY! a remis à jour en France l’idée des grandes expositions collectives en institutions.

 

« Les univers que nous publions militent pour un monde stimulant plutôt que compétitif. L’art figuratif pop défendu dans HEY! modern art & pop culture se situe à l’exact croisement de la culture savante et de la pop culture, là où se constate la réconciliation entre « la connaissance » et « l’expérience autodidacte ». Engagez-vous À NOS CÔTÉS dans la bataille pour la reconnaissance d’un autre art contemporain du XXIe siècle ! » – ANNE & JULIEN (2016)

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La Halle Saint-Pierre
Rue Ronsard,
75018 Paris, France
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