Ilya Smirnov – Hector Servadac / Galerie Lily Robert (FR)

Artiste : Hector Servadac
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22 mars au 21 avril 2019 
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Vernissage
21.03.19
de 19h à 21h
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La galerie Lily Robert emménage dans de nouveaux locaux et est heureuse de reprendre son programme d’exposition avec un solo show de l’artiste moscovite Ilya Smirnov.

L’exposition, intitulée d’après le roman de Jules Verne, Hector Servadac, regroupe une série de dessins et d’installations récentes, spécifiquement conçus par l’artiste pour le nouvel espace, offrant un aperçu significatif de la pratique et des intérêts de l’artiste. Ilya Smirnov a étudié la philologie classique, une formation qu’il a enrichi avec des études en hébreu biblique, en arabe classique et en sanscrit. Sa recherche actuelle alimente un ensemble de motifs conceptuels et visuels issus de la mythologie, de l’astronomie, de l’archéologie et des études religieuses. L’artiste s’intéresse principalement aux systèmes d’écriture et à l’étude générale de la représentation symbolique.

Jules Verne a commencé à travailler sur Hector Servadac vers 1860, ne publiant le roman qu’en 1877, après de multiples modifications imposées par son éditeur. Dans sa conception initiale, l’intrigue tourne autour d’une gigantesque comète dorée menaçant la Terre d’une collision inévitable, d’une dévaluation ultérieure de l’or et d’un effondrement économique total. Le nom de famille peu commun du protagoniste est, en fait, un mot miroir pour « cadavres ».

Comme Robert S. Mclvor l’indique dans son article, la comète associée à César et l’étoile associée à Auguste n’étaient pas fictives. L’astronomie peut expliquer l’illustration numismatique de l’aigle dressé sur le globe terrestre comme la figure-constellation de l’Aquila. En effet, plusieurs pièces de monnaie romaines contiennent l’image d’une comète / étoile accompagnée d’un aigle. Je suppose que chaque changement politique global, plus particulièrement ceux qui ont été gravés sur les monnaies, a été fortement lié ou même provoqué par un événement cométaire. Il existe un atlas chinois des comètes datant de 185 av. J.-C. où chaque forme de comète est associée à différents effets comme la guerre, la faim ou le changement d’empereur. Ce symbole d’état universel tel qu’un aigle est une référence à la constellation spécifique qui a marqué la position céleste de la comète en train de s’établir par rapport à la Terre.

L’iconographie religieuse n’est pas non plus à l’abri des effets cométaires. Par exemple, il existe un certain groupe d’icônes byzantines avec deux objets célestes symétriques en l’arrière-plan. Ils seraient les marques d’une comète qui passe de très près dans une vue de parallaxe depuis la Terre, lorsque la poussière cométaire et les queues d’ions semblent pointer dans des directions opposées. Dans toutes ses variantes, l’icône principale du culte de Mithra contient un élément répétitif similaire, les porte-flambeaux Cautes et Cautopates. Cautes porte sa torche orientée vers le haut, Cautopates vers le bas. Emma Hauck, qui avait reçu son diagnostic de démence précoce, fut incarcérée dans la clinique psychiatrique de Heidelberg à son trentième anniversaire en 1909. Elle y écrivit des lettres composées de la répétition obsessionnelle d’un simple impératif : komm (viens), Herzensschatzi komm (viens mon amour). En 1909-1910, la Terre traversait la queue de la comète de Halley. On suppose que les lettres d’Emma ont en réalité été adressées à la comète, l’invitant à se rapprocher de la Terre. Le texte d’Emma est linéaire et se chevauche. Peut-être aurait-elle eu plus de chance si elle utilisait une écriture en spirale, caractéristique des bols à incantation du Moyen-Orient de l’Antiquité tardive. Ces petites plaques étaient conçues pour attirer et capturer des démons, entre autres choses. À l’heure actuelle, moins de deux-mille pièges ont été découverts, dont moins de cinq cents ont été étudiés.

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Galerie Lily Robert
18 rue de l’Hôtel de Ville,
75004 Paris
Métro : Pont Marie – Cité international des arts
Horaire d’ouverture : du mercredi au samedi de 14h à 19h
et sur rendez-vous
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