La figuration est de retour ! par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

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Jean Claracq
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 …Oui, mais dans quel état !

Faut voir la daube !

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Voici une couverture de BAM annonçant ce « retour », et puis ce délicieux texticule du chroniqueur d’art vedette du Monde, intitulé : « mais pas du tout, c’est platement figuratif ! Toi, tu es spiritelle, mon amour ! »

Je vous joins donc , avec copie du texte du Monde, des images des œuvres des 5 jeunes peintres (« figuratives » , comme on disait avant ) exposées à la financial-gallery Joussé-Entreprise de Paris , galerie de haute contemporanéité et/ou internationalité : les seules que les chroniqueurs du journal Le Monde daignent fréquenter….

Voici donc des images consternantes d’œuvres de ces artistes fraîchement diplômés, qui se sont « libérés –de- la- dictature -du -tout -conceptualo-postural », sans se désolidariser pour autant de leur famille de consanguins, et que l’on découvrira donc avec « grand intérêt »… et comme objet d’étude sociologique à venir…

Excusez-nous ! disent les artistes, nous faisons dans la figuration, certes, mais c’est tellement indigent dans le genre ménagère insoumise peintre du dimanche de plus 50 ans, que nous espérons bien ainsi gagner l’agrément des réseaux bureaucratico-financiers, qui détestent la peinture autre qu’inregardable.

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« Tout n’est pas également convaincant, mais on découvre avec grand intérêt ces artistes » nous dit malicieusement le chroniqueur, pour conclure sa petite pige à 120 euros.

La daube, c’est classe ! … et ça change du conceptuel gaucho-duchampiste tout en restant dans le même registre de la débilité endogène, comme signe de distinction intellectuelle et d’ouverture à la mondialisation.

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Madeleine Roger-Lacan
Appolonia Sokol
Christine Safa
Nathanelle herbelin
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Alors, connaissez-vous le Daubisme ?

Ce mouvement est présenté dans le N° 13 de la Gazette de Nicole, dont je vous joins ici le lien d’accès :

https://www.yumpu.com/fr/document/view/62419158/la-gazette-de-nicole-013

C’est un mouvement tout nouveau et intéressant, qui va plus loin que le gaucho- duchampisme bidulaire, la yellow attitude, le support-surfascisme et le processualo-discursivisme réunis.

C’est un art où l’absurde, le mauvais goût, la dérision, le cynisme, la nullité formelle, sont poussés encore plus loin, comme gage de contemporanéité, comme signe de distinction d’appartenance de classe et de ralliement à la caste des initiés.

Le Daubisme est un mouvement pictural créé en Juin 2018 par l’artiste Kilat et théorisé par le fameux esthéticologue Bibi Daubermann dans son ouvrage « Coup de grisou dans le PAF » (Ed. Minuit ).

Le Daubart est donc plus fort que le popart et le streetart réunis.

Il revendique un mauvais goût transcendantal comme signe distinctif de non- distinction distinguante et tel que le sociologue sportif de combat Pierre Bourdieu ne l’avait pas prévu. (Ni même Nathalie Heinich) Ni de droite , ni de gauche, et pas même au centre, le daubisme est trans-genre et trans-culturel. Il est une hybridation entre le financial – art international de type Koons et Cattelan, Lavier, Mac Carthy, et l’ art rural buissonnier populaire sans adjuvants idéologiques d’aucune couleur. On aime, ou on n’aime pas … c’est selon son appartenance socio-cul.

Ce n° 13 présente aussi les artistes suivants ( qui, eux, ne sont pas de la daube, quoi qu’en disent certains vrais amateurs de daube au jus de cerveau):

Claudette Espallergues, Louis Pons, Adrian Marcucci , Claude Bolduc, Hector Gonzalez Herrero, Jennifer J.Renzel, Marie Vidon, Mike wilks, Yvon Taillandier, Francek, Igor Hofbauer, Aude Carbone.

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