Les FRAC à fond la caisse – Les FRAC, ou le royaume de la caisse Par Nicole Esterolle

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Une directrice de FRAC en recherche d’orgasme mental
sur une caisse renfermant un petit bonhomme vert de Fabrice Hyber
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Les FRAC à fond la caisse 

Les FRAC, ou le royaume de la caisse. 

Par Nicole Esterolle 

 

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L’ensemble des collections des FRAC (Fonds Régionaux d’Art Contemporain) comprenant ceux de la Réunion, de la Corse et de Nouvelle Calédonie, contient, après bientôt 40 ans d’existence, des dizaines de milliers d’œuvres, dont, une majorité (70% environ ) de conceptualo-bidulaires, inregardables, volumineuses, biscornues, contondantes et cependant de constitution fragile . Ces milliers œuvres exigent donc , pour leur protection et transport , un effort de fabrication et gestion d’autant de caisses en bois de sapin, constituant la partie centrale du travail du personnel de ces institutions et un sujet de préoccupation permanent . Et c’est ainsi que l’empaquetage physique de l’œuvre prend autant d’ importance que son emballage discursif…Et c’est ainsi que, dans ce milieu où le discours sur l’art remplace l’art, et où le contenant prime sur l’éventuel et non-nécessaire contenu, la caisse devient, comme le baratin de la notice explicative , un sujet obsessionnel pour les personnels à tous les niveaux de la hiérarchie …La caisse devient donc pour la gent fraqueuse, l’ objet d’art lui-même, permettant en outre d’oublier ce qu’elle contient… qui n’a d’ailleurs aucun sens ni intérêt pour personne , puisque personne ne verra ces oeuvres destinée à un l’entretien d’un non-public.

La caisse est donc envahissante, et on a calculé que , si on place toutes les caisses de FRAC les unes à côté des autres, l’ensemble fera la longueur du périphérique parisien…C’est dire à quel point, en bureaucratie fracosphèrique, on est cerné par les caisses et comment l’enflure du contenant se fait au détriment du contenu ainsi asphyxié…C’est dire aussi que toute expo de FRAC ne doit être considérée que comme la partie émergée d’un gigantesque stockage sous-jacent…C’est dire aussi l’ampleur du travail d’enfouissement ou de mise en déchetterie, quand, dans une quinzaine d’année , on aura compris que 70% de ces œuvres ne valent pas un clou quelque soit le mode d’évaluation , et ne sont que le produit d’un délire bureaucratique de type néo-soviétique en collusion avec le grand capital spéculateur.

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Les caisses en sous-sol du FRAC PACA
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Pour illustrer cette obsession de la caisse en FRAC, 

un ami lillois m’a raconté une histoire assez croquignole, qui s’est passée dans le cadre de ART’UP, la foire d’art de Lille., il y a 3 ou 4 ans. Les organisateurs de cette foire, avaient offert, dans un accès de déférence hypocrite envers l’institutionnalité DRAC – Aubry – culturocrates locaux, un stand au FRAC – Nord-Pas de Calais, qui était alors en plein déménagement vers de somptueux nouveaux locaux. La directrice * d’alors accepta l’offre, avec cette idée très « in-situationniste» d’exposer les caisses elles-mêmes, comme « questionnement sur la translation spatio-temporelle de l’œuvre d’art dans son rapport au public » ( Ben voyons, Ginette ! )… Et elle exigea que la moquette standard de son stand soit remplacée par un revêtement plus souple et agréable à la déambulation autour des caisses et favorisant ainsi le questionnement de chacun sur leur contenu et son insondable mystère… L’installation était comme de bien entendu, assortie d’un enrobage discursif d’une absconcité et d’une cuistrerie si compactes, qu’à la lecture de cinq lignes on tombait immédiatement en raide épilepsie, sur le sol moelleux prévu à cet effet.

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une installation des artistes Elmgreeen et Dragset
sur un stand de la galerie Perrottin
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* Autant que je m’en souvienne : après plainte de ses subordonnés pour maltraitance psychologique, cette directrice du FRAC – Nord a ensuite été exfiltrèe par les agents du Ministère vers la direction de l’école des Beaux –Arts de Bourges. Mais après les hurlements de terreur des professeurs de cet établissement, on a dû la caser sur un boulot plus modeste au Magasin de Grenoble… Aux dernières nouvelles Il paraît que la « terrible fouetteuse » Hilde Teerlinck est en fait au palais de Tokyo où, selon toute vraisemblance, elle dut être recueillie par Jean Carrelet de Loisy d’Arcelot dans le cadre du programme de sauvetage des naufragés de l’art contemporain (le SNAC)

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Visite gratuite
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