Au sujet des gros pneus plaqués-or de l’exquis Claude Lévêque à l’Opéra de Paris par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

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Claude Lévêque
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Au sujet des gros pneus plaqués-or de l’exquis Claude Lévêque à l’Opéra de Paris

On a échappé semble-t-il aux tulipes de Koons, mais on n’échappera pas aux deux gigantesques pneus de tracteur qui vont orner pendant un an l’escalier intérieur de l’Opéra de Paris à l’occasion de ses 350 ans ..L’artiste se défend pour sa part de toute provocation et déclare : « C’est comme un carrousel, une invitation à la danse, à la valse ».

Il faut dire que Claude Lévêque peut tout se permettre, puisqu’il fait partie de la dizaine de « plasticiens » français internationalisables et « bankables »… même si aucun d’eux n’a réussi à l’être malgré l’énorme soutien dont ils ont tous pu bénéficier pour cela de la part de l’Etat français et de l’argent public.

L’artiste dit avoir « puisé ses influences, dans les milieux festifs parisiens des années 80 » où il était un « ambianceur » reconnu des nuits blanches branchées de la capitale. Reconverti ensuite à l’art contemporain, il devint très vite le meilleur « installateur d’atmosphères » dans les lieux de culture et d’art contemporain institutionnels qui raffolent de ses propositions répulsives pour le commun des mortels, mais distinguantes pour le moins commun. Il a d’ailleurs affirmé lui-même « qu’une oeuvre est réussie quand on ne peut la supporter plus de trois secondes ». Fervent adepte du tube néon en référence dit-il à « l’Être et le Néon » de Jean-Paul Sartre, il a commis quelques fameuses œuvres avec ce luminescent matériau. Citons notamment « Je suis une merde », « Mon cul, ma vie, mes couilles » et « Ta gueule », dont je vous joins les images.

Les œuvres de cet artiste majeur de la scène franco-française sont présentées pas la galerie financière Kamel Mennour et sont dans la Collection Yvon Lambert. Elles figurent aussi dans la plupart des FRAC et des Musées dédiés à ce type d’art.

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Bien évidemment , ces gros pneus vont déclencher l’inévitable polémique qui va faire monter la cote de l’artiste sur le marché spéculatif….Mais au-delà de ça, voici les bonnes questions à se poser je crois, qui pourraient être un opportun sujet d’investigation journalistique:

1- Quelle sera la proportion d’amateurs d’art lyrique qui aimeront ces grands pneus ?

2- Cette œuvre était-elle nécessaire pour améliorer l’image de l’établissement ou élargir son public ?

3- Quelles sont nommément les personnes, de quelle instance, au cours de quelle réunion ou déjeuner en ville, qui ont pris la décision de choisir cet artiste pour lui passer commande de ces pneus ? ….Ou alors, l’artiste ayant été choisi par ces mêmes gens, est-ce lui qui a proposé les pneus qui ont été ensuite acceptés par eux à condition qu’ils soient plaqués-or ?

4- Quel est le rôle du Ministère de la Culture dans cette opération ? Est-il concerné ? Quel est son niveau d’intervention dans le choix des pneumatiques ? Est-ce la Direction de l’établissement qui a fait seule les évaluations ?

5- Quel est l’implication de la galerie Kamel Mennour ?

6- Qu’en pensent les ténors de la critique d’art française ?

7- Qu’en pense Madame Hidalgo ?

8- Quel est le coût total de l’oeuvre et quelle en est la part touchée par l’artiste ?

9- N’y a-t-il pas là une manière d’inciter les gilets jaunes à poursuivre leur combat ?

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