Pourquoi les « gilets jaunes » ont fait ce que les artistes n’ont pas pu faire les premiers par Nicole Esterolle (billet d’humeur)

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 © JOEL SAGET / AFP

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Le texte d’Yves Michaud là-dessus
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Et celui de Nicole Esterolle :
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Les artistes qu’on dit visuels ou « plasticiens », avaient en effet de bonnes raisons d’être les premiers à se révolter, car il n’existe aucune catégorie socio-professionnelle aussi maltraitée, méprisée, disqualifiée, que la leur , par un appareil institutionnel, dont l’arrogance envers la périphérie n’a d’égale que l’incurie centrale.

Le fonctionnement de cet appareil d’État dédié à la création plastique obéit également à ce verticalisme jacobin et technocratique, qui est reproché par les « gilets jaunes » à la gouvernance autant de droite que de gauche, qui règne en ce pays depuis des décennies.

Les experts et apparatchiks de l’art d’Etat ont en effet pris coutume d’humilier la vraie création, qui sans doute leur fait ombrage, parce qu’ils sont incapables de la comprendre et que c’est cette incapacité-même qui les qualifie. C’est pour cela qu’il autorisent et financent avec l’argent public, depuis des années, des œuvres dites « d’art contemporain », qui sont, par un hold-up sémantique inouï, une insulte à l’art digne de ce nom. Ce sont par exemple : le « Vagin de la Reine » dans les jardins du Château de Versailles , le « Plug anal » de la place Vendôme, la photo d’un crucifix plongé dans un bocal d’urine, les « scènes de masturbation » au CAPC de Bordeaux, et des centaines de « performances » de la même « performativité ».

Ils ont même réussi , suite aux attaques subies par le « Plug Anal » et le « Vagin de la Reine », à faire voter une loi pour « protéger la liberté de la création » , c’est-à-dire protéger ce type de colossales pitreries, alors que ce sont ces mêmes monstruosités médiatiques, qui assassinent de facto la vraie création en occultant sa diversité, sa richesse, son inventivité et sa réalité –même.

Ils ont réussi à exclure du regard de l’institutionnalité, la quasi totalité des artistes de la mise en forme sensible, de « l’intelligence de la main », et du savoir – faire proprement pictural, pour survaloriser des créations de nature conceptuelle, d’autant mieux médiatisables, internationalisables et « bankables » sur le grand marché spéculatif, qu’elles sont artistiquement misérables et vidées de toute humanité.

Il ont réussi à placer le dispositif public aux service des grands réseaux de spéculation artistique et à banaliser pour ce faire des pratiques de collusion, corruption et conflits d’intérêts public-privé, qui ne pourraient être admises dans aucun autre domaine.

Ils ont réussi à disqualifier une part importante de la création actuelle ayant potentielle valeur patrimoniale, pour une survalorisation des seuls produits de spéculation à court terme sur le marché international, et sans aucune « durabilité »…

Ils ont réussi à faire interdire dans les Ecoles d’art de l’Etat l’enseignement du dessin, sculpture, peinture et gravure, au profit du « bidulaire » duchampo-postural, sociétalement engagé et pseudo-subversif .

Ils ont réussi , avec d’énormes subventions, à discréditer la France sur la scène artistique internationale, et à ce qu’il n’y ait pas un seul artiste français au Top 200 des artistes visibles dans le monde.

Il ont réussi à faire remplir à grand frais les collections publiques d’œuvres vides de contenu sensible et poétique pour 80% d’entre elles, et qui n’auront aucune valeur dans 20 ans.

Ils ont enfin réussi, au bout quarante ans de cooptation consanguine , à obtenir cette belle dégénérescence intellectuelle, qui les ridiculise , mais dont ils se glorifient.

Ils ont réussi à casser le marché de l’art « de proximité », à faire fermer la moitié des galeries prospectives , à discréditer les critiques d’art « de terrain », à dégoûter le public, à dissuader les achats « coup de cœur », pour avantager les achats placement d’argent et signes d’appartenance de classe.

Ils ont su conjuguer – prouesse suprême – un soviétisme bureaucratique des plus délirants avec un libéralisme capitaliste échevelé de la pire espèce…

Et enfin , comble du comble de l’impudence, ils ont traité de populistes ringards, de réactionnaires nauséabonds, de pétainistes, lepénistes, fascistes, hitlériens, etc. , tous ceux qui ont osé contester leur discours délirant….Alors que , dans le domaine qui les concerne, ils participent du plus outré , ahurissant et ubuesque des totalitarismes d’Etat… Et alors que tout cela , comble de la crétinerie, nourrit objectivement et copieusement la réaction d’extrême droite.

Ainsi donc, devant la perversité et la violence symbolique, d’une telle dictature du non-sens et du non-art, il ne faut pas s’étonner que les artistes soient effrayés, terrorisés, hébétés, sidérés, divisés , et donc incapables de la moindre révolte de type « gilets jaunes ».

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