La biodiversité artistique ne passera pas ! Par Nicole Esterolle (billet d’humeur)

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(image jointe de la fameuse performance au Palais de Tokyo,
« recherche d’un aiguille dans un tas de foin » pitrerie validée par De Loisy,
et autre image de celui-ci l’arborant fièrement après que l’artiste ait mis 9 heures et 35 mn à la retrouver, )
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Jean Carrelet de Loisy d’Arcelot ( alias Jean de Loisy) vient donc, après quelques semaines d’atermoiements ministériels, d’être nommé à la tête de l’école des Beaux-Arts de Paris.

La nomination de cet apparatchik emblématique du subversivisme artistique d’Etat, ex- directeur du Palais de Tokyo, comme directeur de la prestigieuse institution avait pourtant été sérieusement contestée par un certain nombre de personnalités (2), acteurs éminents de l’appareil institutionnel, au nom, disaient-ils, d’une nécessité d’ouverture à la « biodiversité artistique » !

« Nous ne voyons pas en lui une personnalité représentative, en termes d’expérience personnelle et professionnelle, de la diversité indispensable à la construction intellectuelle de futur·e·s artistes….

Est-ce que la défense d’une bio-diversité artistique ne passe pas par la nécessité de changer les règles et d’ouvrir le jeu à d’autres perspectives ?

Est-ce qu’il n’est pas urgent de transformer ? Au lieu de répéter sans fin et sans courage les mêmes formules et de reconnaître que l’époque appelle au renouvellement et au travail collectif plutôt qu’à la concentration des pouvoirs dans les mains des mêmes.»

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«N’est-il pas possible de représenter très globalement le monde dans lequel on est.», écrivaient donc les signataires de la protestation , qui dénonçaient aussi, dans la foulée, une opacité des instances de nomination, très conforme au soviétisme inhérent au fonctionnement ministériel.

On croyait rêver devant une telle bouffée d’enivrante fraîcheur émanant des entrailles-mêmes de l’appareil…Et puis, plouf ! aujourd’hui, la dissidence tombe à l’eau lamentablement…

Hélas, hélas ! Cette fronde, inattendue et inédite offrait pourtant de merveilleuses perspectives d’ouverture de la pensée artistique d’Etat à la diversité de la création actuelle, à sa fabuleuse richesse et même à sa bio-diversité ! Elle était l’espoir d’une vie meilleure pour la grande flore sauvage, court-circuiteuse , bio-diverse et à développement durable, des artistes de notre pays.

C’est vraiment dommage car le contexte se prêtait à cette vertueuse rupture. Il fallait en effet remplacer, à la tête de cette école, Jean-Marc Bustamante, en poste d’octobre 2015 à juillet dernier, et dont mandat avait été entaché par les témoignages de harcèlement (gestes et propos déplacés, violence morale) recueillis par un collectif d’étudiants, qui avaient nécessité l’intervention du ministère de la Culture, ainsi que par des plaintes pour racisme déposées par le personnel de nettoyage, salariés d’une entreprise externe, qui faisaient état d’humiliations d’une rare violence…Rien que ça !

Aussi, ce très fâcheux épisode d’une grotesquerie d’origine purement structurelle offrait une bonne opportunité pour arrêter « ces jeux de chaises musicales et de récompense de fin de carrière pour services rendus, qui semblent trop clairement être les vraies raisons pour ces nominations », comme disaient aussi les frondeurs.

D’autant qu’il était urgemment préoccupant aussi, de désigner les futurs directeurs de la Villa Arson, de l’école nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, de l’école nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy, des galeries du Jeu de Paume, du Palais de Tokyo, du musée d’art contemporain de Bordeaux ou encore de la Villa Médicis à Rome… En évitant de recaser les mêmes produits vedettes interchangeables du circuit institutionnel , tous très diminués par 40 ans de consanguinité dégénérative.

Nous pensions être là dans un épisode de notre histoire de l’art s’apparentant à l’arrivée des réformateurs gorbatcheviens en URSS, qui avait permis l’ écroulement d’un mur et de tout un système ubuesque ?

Eh bien non ! l’écroulement du mur et l’ouverture à la biodiversité, ce sera pour plus tard !

La clique molle Pacquement-Blistène-Aillagon et consorts tient encore solidement les manettes de l’usine à gaz conceptualo-artistique d’État. Les réseaux mafioïdes culturo-affairistes conjuguant les vertus du soviétisme le plus bureaucratique et du libéralisme capitaliste le plus échevelé, sur fond de conflits d’intérêts privé-public à tous les étages gardent la maîtrise du totalitarisme institutionnel. Le Palais de Tokyo restera ce haut-lieu de la collusion de la bureaucratie avec la finance internationale , et l’ENSBA -Paris pourra réouvrir ses somptueux locaux , comme du temps de Nicolas Bourriaud, aux défilés de fringues Hermès ou Vuitton.

D’autant que, face à cela, les artistes de la mise en forme sensible sont totalement hébétés, leurs syndicats sont aplatis par la terrifiante idéologie esthétique officielle, les politiques sont tétanisés devant l’idée de remettre en question les modes d’intervention de l’Etat dans le champ de la création.

L’entre-soi du système pourra continuer à se développer avec la fonction maintenue des écoles comme lieu de reproduction consanguine, facteur premier de cette dégénérescence de la pensée artistique que l’on constate aujourd’hui.

Ça va grouiller de plus belle dans le panier de crabes institutionnel, sans hiérarchie bien visible, animé de mouvements browniens internes de nature aléatoire, nourri autant de machisme flacide que de de féminiscisme priapique, fourmillant de gens interchangeables, auto-qualifiés pour tous postes, et se reconnaissant entre eux pour leur verbeuse incompétence et leur flexibilité tant mentale que psychologique, voire sexuelle.

On est donc encore bien loin de la biodiversité souhaitée …

1 – Ancien élève de l’Ecole du Louvre, Jean de Loisy a dirigé de 1983 à 1986 le Frac des Pays de la Loire et a été conservateur au musée national d’art moderne du centre Pompidou de 1994 à 1997 avant d’être nommé en 2011 au Palais de Tokyo.

2 – Parmi lesquels Dominique Gonzalez-Foerster, Mai-Thu Perret, Bruno Serralongue ou encore Françoise Vergès, ainsi que le philosophe Paul B. Preciado (chroniqueur à Libé) et Elisabeth Lebovici (longtemps critique d’art et journaliste à Libé)

 

• blog : schtroumpf-emergent.com

http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2018/12/12/03015-20181212ARTFIG00153-jean-de-loisy-un-gentilhomme-nomme-directeur-des-beaux-arts-de-paris.php?fbclid=IwAR2Me20pQneqsZsii-H0rxwuGwI0Ngy1ACapvYSlbgUjViN6brEGA7IBKfU

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