Jérémie Lenoir – DUST / Galerie Guillaume (FR)

#6560710, Salt Lake, 2017
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Du 29 novembre 2018
au 19 janvier 2019 
du mardi au samedi de 14h à 19h
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Vernissage
28.11.18
17h30 à 21h30
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Après une première exposition personnelle en 2017, la Galerie Guillaume est heureuse de présenter pour la deuxième fois le travail du photographe Jérémie Lenoir. L’exposition rassemble un ensemble de photographies inédites réalisées entre 2015 et 2017 à Salt Lake City aux Etats-Unis. Dans ce projet, Jérémie Lenoir a choisi de parcourir la frontière entre l’eau et la terre tout autour du lac salé, là où s’installent les exploitations humaines de sodium, potassium et pétrole. Rien n’est retouché ou modifié dans les images ; les formes sont composées par les machines ou les écoulements, alors que les couleurs sont l’œuvre d’algues, de micro-organismes ou d’additifs accélérateurs d’évaporation. En conjuguant point de vue aérien et abstraction, Jérémie Lenoir poursuit son étude du paysage en expérimentant les limites du médium photographique et nous met face à la perte de sens et d’identité dont nos territoires contemporains sont les premiers témoins.

 

Un livre, DUST, est publié à l’occasion de cette nouvelle exposition (Editions Light Motiv).

 

La démarche

Toutes les photos sont prises à une altitude identique de 1500 pieds, c’est-à-dire à environ 450 mètres du sujet. Après la délimitation de l’espace géographique étudié, la fixation de cette altitude est la première donnée du protocole de prise de vues. En travaillant avec une optique fixe, elle permet une régularité et une grande précision dans le traitement des échelles entre chaque photographie. La seconde donnée du protocole est l’heure de la prise de vue ; elle participe, comme l’altitude, à la rigueur nécessaire pour obtenir une série d’images cohérentes. Ainsi, toutes les photographies ont été réalisées autour de midi, lorsque le soleil est au zénith et que la lumière ne peut être utilisée de façon esthétisante. C’est à ce moment du jour que la colorimétrie obtenue est la plus neutre, la lumière du soleil écrasant alors tous les reliefs, toutes les ombres, toutes les couleurs. Cette platitude revendiquée permet d’accentuer le trait commun du lieu photographié et de mettre en avant son sens plutôt que sa représentation. Ainsi, Jérémie Lenoir aborde ses projets plus à la manière d’un peintre que d’un photographe

 

Il n’y a pas de Vérité du paysage

Depuis plus de dix ans, Jérémie Lenoir observe l’évolution du paysage. Ce qui l’intéresse, c’est justement ce qu’on ne peut lire ou comprendre en observant simplement un paysage. Selon lui, « il n’existe pas de Vérité du paysage. Le paysage reste une interprétation du réel, une traduction de notre monde par le langage ou l’image, un prélèvement subjectif dans lequel s’entremêlent les éléments physiques qui le composent, le temps qui le façonne, et l’émotion de celui qui le regarde. »

Au fil de ses projets, l’attention de Jérémie Lenoir se focalise sur les espaces aussi récents que vides, aussi matérialisés que déshumanisés. Peu à peu, les représentations de ces espaces évoluent irrémédiablement vers l’abstraction. Ceci a rejoint les propres références picturales de l’artiste : dans l’expressionisme de Barnett Newman ou Mark Rothko, dans les géométries de Kasimir Malevitch ou Kenneth Noland, dans les matières d’Antoni Tapies ou Pierre Soulages. Puis en atteignant ce degré d’abstraction, Jérémie Lenoir veut remettre en question le médium photographique dans sa capacité à reproduire le réel. Jérémie Lenoir écrit : « L’abstraction rend les images autonomes ; chacun peut y projeter sa propre lecture de l’œuvre, sa propre vision du paysage. Il n’y a ni vrai ni faux, ni bien ni mal ; nous sommes totalement libres de notre interprétation et il n’existe plus d’autre lien avec le paysage que celui de notre propre capacité à le concevoir ».

 

DUST 

Le Great Salt Lake, situé au sein d’un désert aride à plus de 1200 mètres d’altitude exhale une force inspirante et mystique. Ce n’est pas un hasard si Robert Smithson y créa une de ses œuvres majeures dans les années 60, qui incarnera la naissance du Land Art. Aujourd’hui, le Great Salt Lake est devenu un chantier titanesque. L’activité économique redessine incessamment sa forme, redéfinit son lit. Pour autant, la précision technique et l’organisation millimétrée ne modèlent ce paysage d’eau et de poussières et que pour recréer inexorablement un autre paysage d’eau et de poussières : dust to dust. Après avoir longuement arpenté les zones densément urbanisées, travailler sur le Grand Lac Salé de l’Utah fut comme une libération pour Jérémie Lenoir, et un nouveau champ d’expérimentation pour ses recherches sur le paysage contemporain.

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Jérémie Lenoir est né en 1983. Il est diplômé de l’Ecole polytechnique de Tours et de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design d’Orléans. Jérémie Lenoir a été lauréat de la Bourse de la Fondation Mécène et Loire (2010), du Prix de la SCAM (2010) et du 18ème prix Art et Mécénat d’Entreprise en Essonne (2012). En plus du nouvel ouvrage, Jérémie Lenoir est l’auteur de trois livres : Territoires Occupés (LME, 2009), Transfigurations (Filigranes, 2011) et Nord (Light Motiv, 2016).
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Galerie Guillaume.
32 rue de Penthièvre
75008 Paris
Tél : 01 44 71 07 72
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