Ah, « le prix de l’art », quel bel objet de glose journaleuse ! Par Nicole Esterolle

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Ah, « le prix de l’art », quel bel objet de glose journaleuse ! Par Nicole Esterolle

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L’art , c’est ce qui n’a pas de prix, comme la vie…dit-on pour faire distingué, mais en réalité le « prix de l’art »:

– Ce sont des milliers d’artistes authentiques et de qualité disqualifiés et dévalorisés pour maintenir la rareté et ainsi faire monter les cotes des produits artistico-financiers sur le grand marché spéculatif

– C’est le travail courageux et passionné de centaines de galeries prospectives ignoré et méprisé par une critique d’art qui n’a jamais été aussi lamentable ( voir mon texte dans Marianne du 19 10 18)et aussi asservie aux méga-galeries du financial-art, dont l’hégémonie est de plus en plus destructrice., d’art, de sens et d’humanité.

– C’est un scandale qui devient beau sujet de polémique, de débats, de tartines embirlificotées dans les journaux et d’analyses qui ne vont surtout jamais au fond pour mieux entretenir objectivement le scandale tout en le dénonçant et pour pas tarir une très profitable glose médiatique, qui, finalement, ,ne fait que grossir la cote du scandaleux et des œuvres qui vont avec.

– C’est la « demeure du chaos », cet espèce de cloaque morbide et répugnant , œuvre de l’ « artiste » grand amateur de scandale, fondateur et PDG du serveur Artprice, leader mondial de l’information sur le marché de l’art. Terrifiant lieu (photo jointe) très symptomatique de état de putréfaction du marché mondial de l’art et de destruction de ses critéres de valorisation

– C’est l’inénarrable Bertrand Lavier qui vend à prix faramineux ses inepties qu’il dit mépriser lui-même et achète à des prix dérisoires, des œuvres de bons artistes peu connus : un sommet de cynisme…

– Ce sont les 600 millions d’euros d’argent public donnés à la Fondation Vuitton, au titre de la défiscalisation, pour faire de la pub aux sacs, chaussures, parfums et vétements de la marque de luxe, et, par la même occasion, monter la cote des œuvres d’art de la collection Pinault. Etc. Etc.

Oui, le prix de l’art, c’est le prix de la vie au Yemen ou en Somalie, c’est le prix de la vie des oiseaux qui disparaissent de nos campagnes. C’est le prix de l’arrogance, de la stupidité, du pathos, de l’ignorance, de la vénalité des acteurs situés à tous les étages de ce système inique de légitimation de l’art d’aujourd’hui

Mais, Dieu soit loué, beaucoup d’artistes, comme les 4300 qui figurent dans le nicolemuseum, ont une valeur intrinsèque, qui n’a que peu de choses à voir avec la logique financiarisante de ce « prix de l’art », qui ne signifie rien dans l’ordre de l’art lui-même. 

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