La « pensée complexe » du financial artist français Kader Attia par Nicole Esterolle (billet d’humeur)

On n’emprisonne pas les idées, 2018
 MAC VAL, 2018
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Dès que j’ai vu les images envoyées par un des amis qui me signalent régulièrement les expos d’art dit contemporain les plus croquignoles du mois, ça m’a fait saliver en pensant à la réjouissante friandise pétillante d’imbécillité textuelle qui devait immanquablement accompagner ces œuvres grossièrement métaphoriques (Sur la première image jointe, on voit les idées, symbolisées par des feuilles de papier froissé, stoppées net dans leur envol par une clôture grillagée symbolisant tous les enfermements et les oppressions….)

Je n’ai pas été déçue en effet par le texte attenant, et je vous place le lien vers cette pièce d’anthologie de la délirante sur-intellectualisation de l’emballage verbeux conçu pour un art dit contemporain proche du naufrage final dans un océan de ridicule et de tourbillonnante crétinade…

Ainsi, Kader Attia , fils prodigue des zones d’éducation prioritaire, y est de retour. Ce pur produit ( Tel Mehdi Meklat alias Marcelin Deschamps) de l’esthétique gaucho-duchampiste d’Etat et de sa repentance envers le Maghreb, et qui a reçu pour cela et comme il convient le Prix ADIAF-Marcel Duchamp en 2016, côtoie-t-il aujourd’hui les collectionneurs milliardaires et les plus hautes autorités artistiques de ce monde, et expose-t-il donc au MAC VAL , lieu exemplaire pour le rapprochement d’un art contemporain « de haut niveau » avec des populations suburbaines culturellement défavorisées.

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Kader Attia, Parfum d’exil & Untitled (Plastic Bag), 2018 
 MAC VAL, 2018
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Il expose en ce MAC VAL, après avoir exposé au Musée d’Art contemporain de Lyon, (autre lieu d’art international visant plutôt le blaireau culturel middle-class lyonnais) …MAC Lyon, MAC VAL : deux lieux aux environnements socioculs différents, mais prouvant ainsi que le questionnement sociétal qui nourrit la « pensée artistique » d’Attia est ouvert à tous vents, complexe , ambigu, multi – directionnel, dialectique, hybride, trans-sociétal, polymorphe, passe-partout, éminemment contemporain donc et trans-national, par son absence-même de contenu, comme celui de beaucoup de ces « financial artists » internationaux, qui offrent généreusement leur misère de fond aux damnés de cette terre, pour les faire accéder à la culture du luxe… Pour se faire aussi beaucoup d’argent en partageant la lutte avec eux contre « toutes les formes de domination , d’oppression et de colonisation» et « leur résistance face aux pouvoirs », à la grande satisfaction des Pinault et des fonctionnaires de l’art, qui encaissent les plus-value à divers titres de ce très lucratif engagement compassionnel…Lequel, de surcroît , permet de blanchir les plus noirs desseins d’aliénation et d’exploitation du bon peuple, par l’onction culturelle.

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La question est : pendant combien de temps encore cette insupportable grotesquerie, faite d’un mélange « complexe » de cynisme et de niaiserie, va être crédible et opératoire ? …et pendant combien de temps encore la critique d’art française va-t’elle apporter son soutien à de telles opérations de rétrécissement mental et sensible de l’humain…au nom de l’ « humanitaire »? 

 

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