La « Fondation du doute », coûteux piège à nigauds culturels – Billet d’humeur de Nicole Esterolle

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Jusqu’ au
4 novembre 2018
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Billet d’humeur Nicole Esterolle
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Quand l’indigence artistique doute d’elle-même « en toute modestie » …pour mieux conforter l’arrogance du pouvoir et de l’argent qui l’ont générée.

La « Fondation du doute », coûteux piège à nigauds culturels, où les duchampiens fonctionnarisés peuvent surintellectualiser leur incompréhension et leur ignorance de l’art, est une invention de Ben pour l’Ecole des Beaux-Arts de Blois de son pote Galdin…avec la bénédiction du Maire, du Préfet et de l’Archevèque du coin.

Grand événement estival donc, en cet appendicule de l’Ecole des Beaux-Arts de Blois, haut – lieu de la mémoire Fluxus, et des agapes de Ben Vautier avec son joyeux comparse Galdin, le tout aux frais de la Princesse « Ministère de la Culture pour tous »…

Il y aura de l’égo- Ben dégoulinant partout : expos de Ben , films sur Ben, repas conçus par Ben, pinard d’Anjou cuvée Ben, conférence de Ben sur lui-même, espaces de pique-nique décorès par Ben, navette autocar pour critiques parisiens de l’AICA dessinée par Ben, tables rondes et carrées, ateliers sur le DOUTE animés par Ben et sur toutes sortes des interrogations sans objet qui nourrisent la questionnite chronique caractérisant l’art dit contemporain…le tout réuni sous le titre global , « On peut le faire »

Ben oui, Ginette : ON PEUT LE FAIRE ! … Faire quoi ? ..On ne sait pas très bien, mais on peut ! sans aucun doute !

On peut, car on en a le courage …On peut, malgré ce doute essentiel et surtout grâce à lui, qui est comme chacun sait, une vertu majeure et un élément moteur pour les bonnes actions et le carburant-comburant pour la haute conytre-performativité anartistique. C’est ce que disent en tous cas entre eux les blaireaux culturels sûrs d’eux mêmes et persuadés qu’il ne faut pas douter de leur vertu de douter. Ainsi le doute surjoué , la modestie ostensible, et l’incertidude proclamée deviennent –ils comme l’ alibi ou comme la coquetterie des pires infatués ubuesques.

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Oser douter de soi avec tant d’élégance et de manque de vergogne, et à un tel niveau de pervertuosité intellectuelle, n’est en effet pas permis à tout le monde et ne fait que renforcer la haute satisfaction que l’on a de soi quand justement il n’y a pas de quoi être fier de son indigence artistique de fond.

« Créer c’est douter et douter c’est créer » écrit encore super-Ben sur une toile qui va se vendre quelques milliers d’euro à quelque FRAC friqué.. « L’art doit-il être artistique ? » demande-t-il aussi….On bien « art or not art ? that is the question » …toutes questions, qui engendrent ce doute fondateur et moteur de l’art dit contemporain et de son entre-soi enseignant et marchand.

Il y aussi cette formule historique d’un des acteurs majeurs de Fluxus Robert Filliou (“génie sans talent” comme il se dit lui-même modestement, et boudhiste tendance situationniste sur les débords): « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ». Une formule aussi tordue que cucul la praline, mais cultissime pour tous les fonctionnaires et actionnaires de l’art et bobos culturolâtres crypto-situationnistes ; une pensée indépassable, plus belle qu’un poème de Mao Tsé Toung, plus émouvante qu’un sourire de Jack Lang, qu’un haïku de BHL, qu’une déglutition de Michel Onfray, qu’une turlute d’Orlan, qu’un pet de Jean-François Copé, que n’importe quoi pêché au hasard parmi les détritus en plastique dérivant sur l’océan des inepties arto-contemporaines, comme cet autre théorème du “principe d’équivalence” du même Filliou : « que l’œuvre soit bien faite, mal faite ou pas faite, elle a une valeur équivalente »…Ben voyons Ginette! Voilà de quoi encourager et inspirer les élèves de cette école blésoise, futurs délabrès sociaux, dument assistès et subventionnés pour les récompenser de leur doute existentiel et de leur nullité créative.

Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Que vaux-je ?A quoi sers-je ? Pourquoi peins-je ? Pourquoi l’état s’ingère ? Et Depardieu dans tout ça ? Autant de très anxiogènes questions, diffusées en boucle par cette « Fondation du doute », en cette époque de pleine sinistrose économique et de désespérance sociétale, alors que l’art devrait au contraire se proposer comme facteur de réenchantement du monde, comme lieu de mystérieuses évidences et de foi en la vie, pour réactiver et redonner du sens aux actions humaines.

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Mais bon, nul doute que semer le doute est une bonne manière de tuer dans l’œuf toute résistance à cette invasion de l’inepte et du pervers en art, de détruire tout ce qui a du contenu, de la positivité, de la gaité, et de la consistance pour laisser place à une titrisation généralisée de l’immatériel, du négatif, de l’incertitude, du sinistre, du pathos, de l’évanescence et du néant, si utile en matière de spéculation intellectuelle et financière.

Quoi qu’il en soit, ce qui ne fait aucun doute pour personne , c’est le prix que cette « Fondation du doute » a coûté à la Ville de Blois , à la communauté d’agglomération , à la Région Centre et au contribuable blésois, pour la valorisation des produits Fluxus sur le marché international.

 

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Visite gratuite
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http://nicolemuseum.fr/nicoletta-ceccoli/